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Comices

Définitions du mot « comices »

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COMICE, subst. masc.

A.− Au plur. Comices.
1. ANTIQ. ROMAINE. Assemblée du peuple présidée par un magistrat et ayant pouvoir de statuer sur certaines questions d'ordre soit législatif, soit judiciaire, soit électoral (cf. Lavedan 1964). Comices curiates, centuriates, tributes. On sut entourer ces comices de formalités telles que le patriciat fût toujours le maître des élections (Fustel de Coulanges, La Cité antique,1864, p. 374).
2. [Sous la Révolution française de 1789] Réunion, assemblée de citoyens pour les élections :
1. ... quels hommes composèrent l'Assemblée constituante? Des nobles ignobles qui venaient bassement venger dans les comices nationaux, de misérables ressentiments... J. de Maistre, Œuvres complètes,t. 1, Fragments sur la France, 1821, p. 214.
B.− Comice agricole. Association privée d'agriculteurs visant à l'amélioration de leurs techniques et de leurs productions. Les subventions aux comices et associations agricoles ne pourront être allouées par le ministre compétent que sur la proposition du conseil général du département (H. Bacquias, Le Conseil général et le conseil d'arrondissement,1934, p. 66):
2. Quant aux moyens de réunir les agriculteurs et d'établir entre eux des rapports faciles, afin qu'ils se fassent part de leurs découvertes et de leurs procédés, les comices agricoles sont formés dans ce but, et j'applaudis à leur institution... Doc. d'hist. contemp.,1840, p. 173.
P. méton., au sing. ou au plur. Concours de bestiaux organisé par une telle association. Préparation du discours pour le comice agricole (Dupanloup, Journal intime,1861, p. 225).Vous avez eu des vaches couronnées, aux derniers comices agricoles (Zola, Son Excellence E. Rougon,1876, p. 257):
3. Appliquez-vous surtout à l'amélioration du sol, aux bons engrais, au développement des races chevalines, bovines, ovines et porcines! Que ces comices soient pour vous comme des arènes pacifiques où le vainqueur, en en sortant, tendra la main au vaincu et fraternisera avec lui, dans l'espoir d'un succès meilleur. Flaubert, Madame Bovary,t. 1, 1857, p. 169.
Prononc. et Orth. : [kɔmis]. Enregistré au plur. ds Ac. 1718-1932; cependant Ac. 1878 et 1932 note ,,on dit aussi, au singulier, un comice agricole``. Étymol. et Hist. 1. a) 1352-56 (Bersuire [ms. 20312 ter, xives.], fo1 vods Littré : Sachez que le lieu où l'eleccion des nouveaux magistraz et officiers se fesoit chascun ou estoit apellé comice au singulier, et le fait et l'estat des dites eleccions estoit apellé les comices au pluriel); 1694 (Corneille : Comices. On appelloit ainsi parmi les Romains les Assemblees du Peuple); b) 1789 « pendant la Révolution, réunion des electeurs pour nommer les membres des assemblées délibérantes » (Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état? p. 38); 2. 1760 comices agricoles (Marquis de Turbilly, Mémoires sur le défrichement, pp. 230-231 cité par Brunot t. 6, p. 248); 1852 un comice agricole (Flaubert, Correspondance, p. 466). Empr. au lat. class. comitium, sing. « endroit où se réunissait le peuple en assemblée à Rome », comitia, plur. « assemblée générale du peuple romain ». Fréq. abs. littér. : 112.

Wiktionnaire

Nom commun

comices \kɔ.mis\ masculin pluriel

  1. (Antiquité romaine) (Au pluriel) Assemblées du peuple, pour élire des magistrats, ou pour traiter des affaires importantes de la république.
    • Comices par curies, par centuries, par tribus.
  2. On a quelquefois, dans les temps modernes, appliqué ce mot aux assemblées populaires.
    • Le peuple fut convoqué dans des comices pour voter la constitution.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COMICES. n. m. pl.
T. d'Antiquité romaine. Assemblées du peuple, pour élire des magistrats, ou pour traiter des affaires importantes de la république. Comices par curies, par centuries, par tribus. On a quelquefois, dans les temps modernes, appliqué ce mot aux assemblées populaires. Le peuple fut convoqué dans des comices pour voler la constitution. Par extension, au singulier, Comice agricole, Réunion formée par les cultivateurs d'une région, à l'effet d'améliorer les procédés de culture et d'élevage.

Littré (1872-1877)

COMICES (ko-mi-s') s. m. plur.
  • Terme d'antiquité. Nom que les Romains donnaient à leurs assemblées pour l'élection des magistrats, et pour d'autres affaires publiques. Et quel est aujourd'hui l'ordre de vos comices ? Voltaire, Catil. IV, 2. Demain au point du jour j'assemble les comices, Chénier M. J. Gracques, I, 2.

    De nos jours, nom que l'on a donné aux assemblées primaires appelées à voter sur des plébiscites.

    Comice agricole, société libre formée par des cultivateurs, des éleveurs, etc. À l'effet de discuter en commun les meilleurs procédés en agriculture, et de perfectionner la culture des terres et l'élève des bestiaux par des encouragements divers. Ce nom a été donné, par assimilation avec les comices romains, à ces réunions agricoles, vers la fin du siècle dernier, peu avant la Révolution (1788).

HISTORIQUE

XIVe s. Quant aucun lieu estoit dedié aux choses publiques, comme estoit le cirque, le comice, Bercheure, f° I, verso. Sachez que le lieu où l'eleccion des nouveaux magistraz et officiers se fesoit chascun an estoit apellé comice au singulier, et le fait et l'estat des dites elecoions estoit apellé les comices au plurier, Bercheure, ib.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* COMICES, s. m. pl. (Hist. anc.) c’est ainsi qu’on appelloit les assemblées du peuple Romain, qui avoient pour objet les affaires de l’état, comitia. Elles étoient convoquées & dirigées ou par un des deux consuls, ou dans la vacance du consulat, par l’interrex, par un préteur, un dictateur, un tribun du peuple, un souverain pontife, ce qui n’étoit pas ordinaire, un décemvir, ou un édile.

Les comices se tenoient ou pour l’élection d’un magistrat, ou pour quelque innovation dans les lois, ou pour une résolution de guerre, l’addiction d’un gouvernement, la déposition d’un général, le jugement d’un citoyen. On s’assembloit ou dans le champ de Mars, ou dans le marché, ou au capitole. Les citoyens habitans de Rome & les étrangers y étoient indistinctement admis : il n’y avoit point de comices les jours de fêtes, les jours de foires, ni les jours malheureux. On ne comptoit dans l’année que 184 jours de comices. Ils étoient remis quand il tonnoit ou faisoit mauvais tems ; lorsque les augures ne pouvoient ou commencer ou continuer leurs observations. La liberté des assemblées Romaines fut très gênée sous Jules César, moins sous Auguste, plus ou moins dans la suite, selon le caractere des empereurs.

La distinction des comices suivit la distribution ou peuple Romain. Le peuple Romain étoit divisé en centuries, en curies, & en tribus : il y eut donc, surtout dans les commencemens, les comices appellés comitia tributa, les curiata, & les centuriata. Ils prirent aussi des noms différens, suivant les magistratures auxquelles il falloit pourvoir ; & il y eut les comices dits consularia, les prætoria, les ædilitia, censoria, pontificia, proconsularia, proprætoria, & tribunitia, sans compter d’autres comices dont l’objet étant particulier, le nom l’étoit aussi, tels que les calata.

Comices dits ædilitia, assemblées où l’on élisoit les édiles curules & plébéiens ; elles étoient quelquefois convoquées par les tribuns, quelquefois par les édiles ; le peuple y étoit distribué par tribus.

Comices dits calata ; le peuple y étoit distribué par curies ou par centuries. C’étoit un licteur qui appelloit les curies ; c’étoit un cornicen qui appelloit les centuries ; elles étoient demandées par le collége des prêtres ; on y élisoit dans les centuries un rex sacrificulus, & dans les curies un flamine ; on n’appelloit que dix-sept tribus ; ce n’étoient donc pas proprement des assemblées qu’on pût appeller comitia, mais consilia ; on y faisoit les actes appellés adrogations, ou adoptions de ceux qui étoient leurs maîtres, sui juris ; on y passoit les testamens appellés de ce nom, testamenta calata ; on y agitoit de la cérémonie appellée detestatio sacrorum, ou de l’accomplissement des legs destinés aux choses sacrées, selon quelques-uns, ou de la consécration des édifices, selon d’autres.

Comices dits censoria, assemblées où l’on élisoit les censeurs : le peuple y étoit distribué par centuries ; un des consuls y présidoit ; le censeur élu entroit en charge immédiatement après l’élection, à moins qu’il n’y eût quelque cause de nullité.

Comices dits centuriata, assemblées où le peuple étoit distribué en 193 centuries ; on y décidoit les affaires à la pluralité des voix des centuries ; on en fait remonter l’institution jusque sous le roi Servius Tullius ; on y élisoit, au tems de la république, les consuls, les préteurs, les censeurs, les proconsuls, le rex sacrorum ; on y délibéroit des lois, des traités de paix, des déclarations de guerre, du jugement d’un citoyen in crimine perduellionis. Les consuls y présidoient ; en leur absence c’étoient les dictateurs, les tribuns militaires qui avoient puissance consulaire, les décemvirs appellés legibus scribendis, l’interrex ; on les annonçoit au peuple par des crieurs, ou par des affiches ou publications faites dans trois marchés consécutifs ; on ne les tenoit point dans la ville, parce qu’une partie du peuple s’y trouvoit en armes, c’étoit au champ de Mars ; quand les questeurs ou tribuns du peuple présidoient, il ne s’agissoit que du jugement d’un citoyen : cependant il falloit que le comice fût autorisé par le consentement d’un consul. Lorsque l’objet de l’assemblée étoit ou la publication d’une loi, ou le jugement d’un citoyen, elle n’avoit point de jour fixe ; s’il s’agissoit de l’élection d’un magistrat, elle se faisoit nécessairement avant que le tems de la fonction de cette magistrature fût expiré. Il n’y eut cependant de jour fixe qu’en 600 : on prit le premier Janvier. Il falloit toûjours l’agrément du sénat ; & il dépendoit de lui d’infirmer ou de confirmer la délibération du comice. Ces actes de despotisme déplaisoient au peuple ; & Quintus Publius Philo parvint, pour les réprimer, à faire proposer au peuple les sujets de délibération, & les sentimens du sénat, par le sénat même ; ce qu’on appelloit autores fieri. Le peuple devint ainsi juge des délibérations du sénat, au lieu que le sénat avoit été jusqu’alors juge des siennes. Quand le sénat vouloit des comices, on les publioit, comme nous avons dit ; le jour venu, on consultoit les augures, on sacrifioit ; & s’il ne survenoit aucun obstacle, le président conduisoit le peuple au champ de Mars : là il proposoit le sujet de la délibération, & l’avis du sénat, & disoit au peuple : rogo vos, quirites, velitis, jubeatis, &c. Aussitôt chaque citoyen se rangeoit dans sa classe & dans sa centurie ; on commençoit à prendre les voix par la premiere classe, & dans cette classe par les dix-huit centuries des chevaliers ; on passoit ensuite aux quatre-vingts centuries restantes. Quand le consentement étoit unanime, l’affaire étoit presque terminée. Si les sentimens étoient partagés, on prenoit les voix de la seconde classe ; en cas de partage des voix, on prenoit celles de la troisieme ; & ainsi de suite jusqu’à la quatre-vingts-dix-sept. En cas d’égalité de voix dans les cinq premieres classes ou dans les 192 centuries qui les composoient, la sixieme classe décidoit. On alloit rarement jusqu’à la quatrieme ou cinquieme classe.

Sous la république, on mettoit tous les noms des centuries dans un vaisseau, & l’on en tiroit au sort le rang de voter. La premiere centurie tirée, s’appelloit centuria prærogativa. Les autres centuries adhéroient ordinairement à son avis, & cette centurie à l’avis de celui qui votoit le premier. Les candidats ne négligeoient donc pas de s’assûrer de cette premiere voix. Les centuries qui donnoient leurs voix après la premiere, selon que le sort en avoit ordonné, s’appelloient jure vocatæ. Il importoit encore beaucoup de s’assûrer de la voix du premier de chaque jure vocata.

Ces comices par curies représenterent dans la suite les comices par tribus ; au lieu qu’anciennement on n’entroit point en charge, sans avoir été élû par les comices appellés tributaria & centuriata. Alors le peuple votoit à haute voix ; comme cela n’étoit pas sans inconvénient, il fut arrêté en 611, sur les représentations du tribun Gabinius, que les voix se prendroient autrement. On employa des tablettes. S’il s’agissoit de lois, il y avoit dessus la tablette les lettres V. R. uti rogas, ou la lettre A. antiquo. Pour l’élection d’un magistrat, on mettoit sur la tablette la premiere lettre de son nom. On distribuoit de ces tablettes au peuple, par les diribiteurs ; puis la centurie dite prærogativa, appellée par un crieur, approchoit & entroit dans une enceinte ; on en recevoit les tables sur le pont à mesure qu’elle passoit ; on les jettoit dans des urnes gardées par les custodes, pour empêcher la fraude : quand les tablettes étoient toutes reçûes, les custodes ou gardiens les tiroient des urnes, & séparoient celles qui étoient pour & contre, ce qui s’appelloit dirimere suffragia ; ils marquoient les suffrages par différence, par le moyen de points ; d’où l’on a fait omne tulit punctum. On annonçoit au peuple le côté pour lequel étoit la différence, & de combien elle étoit de points ; & ainsi des autres centuries : quand il y avoit égalité de voix pour & contre, & que par conséquent la différence étoit nulle, on n’annonçoit point cette centurie ; on la passoit sans mot dire, excepté dans les affaires capitales, ou quand il s’agissoit d’emploi ; alors on faisoit tirer au sort les candidats. Pour le consulat, il falloit avoir non-seulement l’avantage des suffrages sur ses compétiteurs, mais réunir plus de la moitié des suffrages de chaque centurie. Quand l’élection étoit valable, celui qui tenoit les comices disoit : quod mihi, magistratuique meo, populo, plebique Romanæ bene atque feliciter eveniat, L. Murænam consulem renuntio. Cela fait, les comices se séparoient ; on accompagnoit l’élu jusque chez lui avec des acclamations, & l’on rendoit les mêmes honneurs à celui qui sortoit de charge.

Comices consulaires : le peuple y étoit distribué par centuries ; on y élisoit les consuls. Les premiers se tinrent en 245 par Sp. Lucretius, interrex pour lors, & on y nomma consuls M. Jun. Brutus & Tarquinius Collatinus. On créa souvent un interrex pour présider à ces comices, quand l’élection des consuls ne se pouvoit faire au tems marqué. L’interrex sous lequel l’élection des consuls se commençoit, n’en voyoit pas ordinairement la conclusion, son regne n’étant que de cinq jours. On en créoit un second. Ce fut dans la suite à un exconsul à tenir les comices consulaires. Au défaut d’exconsul, on faisoit un dictateur. Ils se tenoient à la fin du mois de Juillet, ou au commencement d’Août. Lorsque les séances étoient interrompues, l’élection duroit jusqu’au mois d’Octobre. Cependant les candidats au consulat s’appelloient consuls designés, consules designati ; & la fonction des dictateurs ne finissoit qu’au premier Janvier, & avant qu’on eût fixé le premier Janvier, qu’au commencement de Mars. Alors les consuls désignés entroient en exercice.

Comices dits curiata ; assemblées où le peuple étoit distribué dans ses trente curies, & où l’on terminoit les affaires selon le plus grand nombre de voix des curies. On en fait remonter l’origine jusque sous Romulus. On dit qu’à la mort d’un roi, on en élisoit un autre par curies : c’étoit alors un interrex qui tenoit les comices ; dans la suite ce furent les consuls, les préteurs, les dictateurs, les interrex, les souverains pontifes, auxquels cependant les historiens n’attribuent pas ce droit unanimement. On délibéra dans ces comices des lois & des affaires capitales des citoyens ; on y procéda à l’élection des premiers magistrats, jusqu’à ce que Servius Tullius institua les comices dits centuriata, & y transféra les affaires les plus importantes. Les augures y étoient appellés, parce qu’ils ne se tenoient jamais sans les avoir consultés. On y décidoit de ce qui concerne le commandement des armées, les forces des armées, des légions qu’on accorderoit aux consuls, du gouvernement des provinces, & autres affaires relatives à la police & à la guerre. C’étoit encore dans ces assemblées que se faisoient les adoptions, les testamens, l’élection des flamines, &c. elles n’étoient composées que des habitans de Rome, parce qu’il n’y avoit qu’eux qui fussent divisés en curies : le marché Romain en étoit le lieu. On y étoit convoqué par des crieurs. Celui qui y présidoit, proposoit l’affaire ; puis il ajoûtoit : si ita vobis videtur, quirites, discedite in curias & suffragium inite : chacun se rangeoit dans sa curie ; on tiroit au sort le rang des curies ; elles donnoient leurs suffrages, qu’on ne prenoit que jusqu’à ce qu’il y eût seize curies d’un même avis. Les délibérations étoient précédées par des augures, & elles n’avoient lieu qu’en cas qu’il ne s’opposât rien de leur part. Lorsqu’on eut institué les comices dits tributia, les droits des comices dits curiata se réduisirent à si peu de chose, que les trente licteurs des curies s’assemblerent seuls & déciderent des affaires pour lesquelles on avoit auparavant convoqué les curies. Au reste ils ne se tinrent jamais qu’aux jours comitiaux, sans égard pour la saison.

Comices dits pontificia : le peuple y étoit par tribus ; on élisoit un souverain pontife ; on tiroit le rang des tribus au sort ; l’unanimité de dix-sept tribus suffisoit pour l’élection. Ce fut un pontife qui les convoqua, & qui les tint jusqu’à ce que ce droit eût été transféré aux consuls par la loi Domitienne.

Comices dits prætoria : le peuple y étoit par centurie ; on y élisoit les préteurs : ils étoient tenus par un consul. Comme il y avoit quelquefois jusqu’à dix préteurs à nommer, & que le nombre des candidats étoit grand, les séances duroient si long-tems qu’on divisoit l’élection, & qu’on différoit celle de quelques préteurs. Ces comices se tenoient un, deux, trois jours, & rarement plus tard, après les comices consulaires.

Comices dits proconsularia & proprætoria : le peuple y étoit par tribus ; on y élisoit les proconsuls & les propréteurs, lorsque les cas l’exigeoient, comme plusieurs gouvernemens de provinces à remplir, plusieurs guerres à conduire, une seule guerre ou un seul gouvernement, auquel les deux consuls ou préteurs prétendoient en même tems. Quant à la maniere de les tenir, voyez les comices dits centuriata.

Comices dits quæstoria : le peuple y fut par curies ; on y élut les questeurs jusqu’à ce que ce droit fut transféré aux comices par tribus. Ils étoient tenus par un consul ; on y procédoit par curies dans le marché Romain, & par tribus dans le champ de Mars.

Comices dits sacerdotum : le peuple y étoit par tribus ; on y élisoit les prêtres ; le consul y présidoit.

Comices dits tribunitia : ils se tenoient par tribus ; on y élisoit les tribuns militaires. Ils commencerent en 393 ; les uns étoient au choix du peuple, les autres au choix du général, & on les distinguoit des premiers par le nom de tribuni rufuli. Il ne faut pas confondre ces comices ni avec ceux où l’on élisoit les tribuns militaires consulari potestate, ceux-ci étoient par centuries ; ni avec ceux où l’on créoit les tribuns du peuple. Quoique le peuple y fût par tribus, ils n’étoient point tenus par un consul, mais par un tribun.

Comices dits tributa : assemblées où le peuple étoit divisé en ses trente-cinq tribus ; ils commencerent en 263, dans l’affaire de Marcius Coriolan, & la loi publilia les autorisa en 282. Dans les comices par centuries, tout dépendoit, comme on a vû, de la premiere classe ; dans ceux-ci, au contraire, c’étoit le peuple entier qui décidoit. Les capite-censi ou proletarii, ou ceux de la sixieme classe, pouvoient autant que ceux de la premiere. On y élisoit tous les magistrats compris sous la dénomination de magistratus urbani minores ordinarii ; savoir les édiles curules & plébéiens, les tribuns du peuple, les questeurs, les triumvirs dits capitales, les triumvirs nocturnes, les triumvirs dits monetales ; les magistrats dits urbani minores extraordinarii, comme les préfets des vivres, les duumvirs dits navales, les questeurs du parricide, les inspecteurs des rues & chemins, les quinquevirs muris turribusque reficiendis, les triumvirs ou quinquevirs dits mensarii ; les magistrats dits provinciales ordinarii, comme les proconsuls, propréteurs, & proquesteurs ; les magistrats dits provinciales extraordinarii, comme les triumvirs, les quinquevirs ou septemvirs coloniæ deducendæ aut agris dividundis, quelques-uns des tribuns militaires qu’on appelloit par cette raison tribuni comitiati, & les prêtres des colléges. On y faisoit aussi les lois appellées plébiscites ; on y jugeoit les citoyens, mais non pour cause capitale ; ils pouvoient y être condamnés à l’amende ou à l’exil : on y décernoit le triomphe ; on y traitoit des priviléges des citoyens, des alliances, de l’exemption de la loi, &c. Ils étoient tenus par les dictateurs, les consuls, les tribuns militaires consulari potestate, les préteurs, & les tribuns du peuple, avec cette différence que ces derniers ne pouvoient que décider des affaires, & qu’il appartenoit aux premiers à pourvoir aux dignités. Ces assemblées se pouvoient faire sans le consentement du sénat, & les augures ne pouvoient ni les empêcher, ni les retarder. On y élisoit les magistrats dans le champ de Mars ; on y expédioit les autres affaires, ou au capitole, ou dans le marché Romain. Ils se tenoient les jours comitiaux ; on n’assembloit que dix-sept tribus pour l’élection d’un prêtre ; & celui qui en avoit neuf pour lui, étoit nommé. Ces comices par tribus ne méritoient, à proprement parler, que le nom de concilia plebis ; aucun patricien n’y assistoit, n’étant point formés du peuple en entier, mais seulement du commun du peuple, plebs. Hed. lex.

* Comice, (Hist. anc.) endroit de Rome dans la viij. région, au pié du mont Palatin, vers le capitole, proche le marché Romain, où se tenoit ordinairement les comices par curies ; il n’étoit, selon toute apparence, fermé que d’un mur percé de deux portes, par une desquelles une curie sortoit, tandis que la curie suivante entroit par l’autre, selon l’ordre gardé dans les ovilia ou septa au champ de Mars. Il ne fut couvert qu’en 545. On y fit aussi des portiques ; on y éleva des statues : c’étoit-là qu’étoit le pluteal libonis, ou l’autel où les magistrats prétoient serment ; le figuier sauvage sous lequel la louve avoit alaité Remus & Romulus ; la grande pierre noire que Romulus choisit de son vivant pour sa tombe, &c. On y punissoit les malfaiteurs ; on y fouettoit à mort ceux qui avoient corrompu des vestales : il se voit aujourd’hui entre les églises de sainte Marie la Libératrice & de saint Théodore. Les anciens y joüoient à la paume, & Caton s’y exerçoit quelquefois.

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Étymologie de « comices »

Le latin comitium, de cum, avec, et ire, aller (voy. J'IRAI).

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Du latin comitia, pluriel de comitium.
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Phonétique du mot « comices »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
comices kɔmis

Évolution historique de l’usage du mot « comices »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « comices »

  • Cette exposition retrace la vie de Lauzerte à une époque que beaucoup n’ont pas connu. Plus de trois cents photos, noir et blanc, format A 3 et A 4, retraçant ce qu’était Lauzerte autrefois : les élections législatives (et oui, Lauzerte avait son député : Etienne Baron), les élections cantonales et municipales, les foires, concours de chiens, les comices agricoles, les défiles historiques pour les fêtes de Pâques, les traditionnels défilent de chars fleuris en période de Pâques, l’Union Sportive lauzertine football, vainqueur d’une coupe du Tarn-et-Garonne et d’un challenge Jutgla, qui est actuellement en sommeil, le club de rugby qui a été champion de France de quatrième série en 1927… De nombreuses cartes postales dont certaines datant de plus d’un siècle, complètent cette exposition. ladepeche.fr, L’Exposition photo "Lauzerte autrefois" est de retour - ladepeche.fr
  • La Société d’agriculture de la Nièvre présidée par André Bourry a pris sa décision le 15 avril. Tous les comices agricoles prévus cet été, dans la Nièvre, sont reportés à l'été 2021. www.lejdc.fr, Par sécurité face au coronavirus, les comices agricoles de la Nièvre sont tous reportés à 2021 - Nevers (58000)
  • Les traditionnels comices agricoles corréziens sont une véritable vitrine pour le monde de l’élevage. Mais la crise sanitaire a eu raison de ces rendez-vous prisés par les professionnels et aussi par le public. Ils sont tous annulés. France 3 Nouvelle-Aquitaine, Face à la crise sanitaire du Covid-19 les comices agricoles de la Corrèze sont annulés

Traductions du mot « comices »

Langue Traduction
Anglais comitia
Espagnol comitia
Italien comizi
Allemand comitia
Chinois 科米蒂亚
Arabe كوميتيا
Portugais comício
Russe комиции
Japonais コミティア
Basque komizioak
Corse comitia
Source : Google Translate API

Synonymes de « comices »

Source : synonymes de comices sur lebonsynonyme.fr

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