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Cheveux

Définitions du mot « cheveux »

Trésor de la Langue Française informatisé

CHEVEU, subst. masc.

I.−
A.− Gén. au plur. Poil qui pousse sur le crâne de l'homme. Une poignée, une touffe de cheveux; la racine du cheveu; perdre ses cheveux (G. Duhamel, Chronique des Pasquier, Cécile parmi nous, 1938, p. 36); une mèche de cheveux (Saint-Exupéry, Citadelle, 1944, p. 628) :
1. On a désigné par des noms divers toutes les variations que présentent les poils, par rapport à la partie qu'ils recouvrent; et c'est de là que sont venus les noms de cheveux, de cils, de sourcils, de moustaches, de barbe, etc. Cuvier, Leçons d'anat. comp.,t. 2, 1805, p. 599.
Rem. Le mot s'emploie parfois au sing. pour désigner la chevelure : le cheveu en broussailles (E. et J. de Goncourt, Journal, 1870, p. 693), le cheveu rare (E. et J. de Goncourt, Journal, 1874, p. 1029) :
2. « ... il n'a pas l'air âgé, regardez, le cheveu est resté jeune. » (Car depuis trois ou quatre ans le mot cheveu avait été employé au singulier par un de ces inconnus qui sont les lanceurs des modes littéraires (...) À l'heure actuelle on dit encore « le cheveu », mais de l'excès du singulier, renaîtra le pluriel.) Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 929.
En cheveux. Se dit d'une femme qui ne porte pas d'autre coiffure que ses cheveux. Des femmes en cheveux (S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 307).
Cheveux d'Absalon, cheveux de Samson. Cheveux célèbres pour leur longueur; cheveux dans lesquels résidait la force du héros. Dalila coupant les cheveux de Samson (Michelet, Journal,1838, p. 286).
B.− Combinaisons syntagmatiques de cheveu
1. [Aspect physique des cheveux : longueur, épaisseur, forme, etc.] Cheveux très longs dans le cou, cheveux courts, plats et rares, épais, fins et légers, souples, brillants, éclatants, frisés, bouclés, ondulés, frisottés, rebelles, fourchus, cassants, poisseux et ternes. Cheveux en baguette de tambour plaqués sur le front (E. et J. de Goncourt, Journal,1896, p. 503).Cheveux secs et emmêlés (G. Duhamel, Confession de minuit,1920, p. 82).Cheveux drus et crespelés (T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 26).Les cheveux soyeux de l'enfant (Adam, L'Enfant d'Austerlitz,1902, p. 283).Cheveux ternes, peu abondants (R. Martin du Gard, Devenir,1909, p. 16).Cheveux crépus et ras (R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 432).Avoir les cheveux gras (cf. A. France, Le Petit Pierre, 1918, p. 21) :
3. Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, (...). Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j'entends dans tes cheveux! (...) Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. Baudelaire, Petits poèmes en prose,Un Hémisphère dans une chevelure, 1867, pp. 83-85.
2. [Aspect physique des cheveux : leur teinte naturelle] Cheveux blonds, bruns, châtains; cheveux couleur de paille, de chanvre, de lin; cheveux roux, d'acajou; cheveux gris, argentés, poivre et sel. Cheveux rouges (Lamartine, Le Tailleur de pierre de Saint-Point,1851, p. 463).Noir de cheveux (Barrès, Mes cahiers,t. 12, 1919-20, p. 171).Une couleur de cheveux exceptionnelle (Anouilh, La Répétition,1950, I, p. 24).Cheveux de jais (Sainte-Beuve, Volupté,t. 1, 1834, p. 77).Beaux cheveux couleur de soleil (Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 154).Cheveux d'or (Zola, Nana,1880, p. 1351).Cheveux couleur de nuit (Farrère, L'Homme qui assassina,1907, p. 255):
4. Penchée sur le miroir ovale, Angelina examinait scrupuleusement le long visage distingué qu'elle affectait de haïr et dont elle parlait sur un ton moqueur mais elle brossait avec amour de magnifiques cheveux noirs dont les tresses luisantes, ramassées en chignon au-dessus de la nuque, semblaient vivre et se tordre comme un nœud de serpents, tant la lumière y jouait d'étrange façon. Green, Journal,1928-34, p. 280.
Spéc. [En parlant d'une pers. âgée] Cheveux blancs. Avoir des cheveux blancs avant l'âge (Flaubert, Smarh,1839, p. 111).Dès que le premier cheveu blanc paraît sur les tempes (Amiel, Journal intime,1866, p. 57).
P. méton. [Pour désigner la pers. âgée] Respecter les cheveux blancs (G. Sand, Histoire de ma vie,t. 1, 1855, p. 51).
Rare. Devenir « cheveux blancs ». Vieillir (cf. G. d'Esparbès, Printemps, 1906, p. 10).
3. [Autres qualités physiques]
a) [En considération de la faible épaisseur du cheveu] Mince, fin comme un cheveu. Étroit comme un cheveu (Volney, Les Ruines,1791, p. 148).Ténu comme un cheveu (Mallarmé, Correspondance,1871, p. 29).De la grosseur d'un cheveu (Voyage de La Pérouse,t. 4,1797, p. 65).
b) [En considération de l'aptitude du cheveu à s'allonger suivant l'humidité du temps] Hygromètre à cheveu. Instrument servant à mesurer le degré hygrométrique de l'air (Voyage de La Pérouse, t. 4, 1797, p. 259).
4. [En parlant du mouvement donné naturellement aux cheveux] Cheveux rejetés en arrière, défaits, dénoués, ébouriffés, en désordre, hirsutes, en bataille. Cheveux ondoyants (Nodier, Smarra,1821, p. 97).Cheveux fous retombant sur les oreilles (Montherlant, Le Songe,1922, p. 51):
5. C'était une voisine que j'avais; une petite ouvrière sans doute, avec une grâce toute parisienne, une mignonne tête blonde sous des cheveux bouclés aux tempes; des cheveux qui semblaient une lumière frisée, descendaient à l'oreille, couraient jusqu'à la nuque, dansaient au vent, puis devenaient, plus bas, un duvet si fin, si léger, si blond, qu'on le voyait à peine, mais qu'on éprouvait une irrésistible envie de mettre là une foule de baisers. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Au printemps, 1881, p. 385.
Expr. Cheveux au vent. Le jeune Shelley, cheveux au vent et chemise ouverte (Maurois, Ariel ou la Vie de Shelley,1923, p. 38).Avoir le cheveu désordre (Aragon, Le Roman inachevé,La Beauté du diable, 1956, p. 17).
5. [En parlant du soin des cheveux] Une coupe de cheveux; défaire, friser, lustrer, se brosser, se peigner les cheveux; l'arrangement des cheveux; cheveux plaqués, roulés et poudrés, brillantinés; un shampoing pour cheveux secs, une laque pour cheveux; se passer les cheveux à la camomille, à la feuille de noyer; rafraîchir ses cheveux. Se laver les cheveux à grande eau (Renard, Journal,1901, p. 685).Cheveux teints (Montherlant, Le Démon du bien,1937, p. 1280).Passer ses cheveux au henné (E. Triolet, Le Premier accroc coûte deux cents francs,1945, p. 32).Cheveux implantés et décolorés (Quillet Méd.1965) :
6. Il s'est rasé depuis ce matin. Il a les yeux gris. Le nez est rond au bout, et plutôt retroussé. Il se met du cosmétique sur les cheveux. Peut-être n'en avait-il pas ce matin. La ligne des cheveux sur le front est toute droite. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Le 6 octobre, 1932, p. 219.
Faux cheveux. Cheveux artificiels, postiches. Une perruque en faux cheveux. Cette mode des faux cheveux (Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 151).
6. [En parlant du mode de coiffure adopté, des accessoires divers servant à maintenir les cheveux] Cheveux en chignon, en torsade, en tortillon; une queue de cheveux, un peigne, une pince à cheveux; un tour de cheveux; un ruban, une fleur dans les cheveux; cheveux coupés « à la Jeanne d'Arc », « à la garçonne ». Nattes de cheveux disposées en rond au-dessus des oreilles (Loti, Pêcheur d'Islande,1886, p. 254).Cheveux en tresses (Banville, Les Cariatides,L'Auréole, 1842, p. 159).Une grande épingle à cheveux de femme (E. et J. de Goncourt, Journal,1893, p. 409).Bandeaux de cheveux (Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre,1900, p. 288).Une raie divisant les cheveux (Adam, L'Enfant d'Austerlitz,1902, p. 116):
7. − « C'est lui! Le voilà! Sénécal! » Ce garçon déplut à Frédéric. Son front était rehaussé par la coupe de ses cheveux taillés en brosse. Quelque chose de dur et de froid perçait dans ses yeux gris; ... Flaubert, L'Éducation sentimentale,t. 1, 1869, p. 66.
C.− Loc. fig. et fam.
Se prendre aux cheveux, se tirer les cheveux, s'empoigner par les cheveux. Se prendre de querelle et en venir aux mains. Ils ont failli se prendre aux cheveux et le juge a eu beaucoup de peine à les séparer (Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre,1900, p. 214).
S'arracher les cheveux. Manifester un profond désespoir; être dans l'impossibilité de se sortir d'une situation difficile. Quelques femmes, entre autres une nourrice d'Orlanduccio, s'arrachaient les cheveux et poussaient des hurlemens sauvages (Mérimée, Colomba,1840, p. 147).
Avoir mal aux cheveux. ,,Se dit du malaise extrême et de l'hébétement qui suivent d'ordinaire l'ivresse`` (L. Larchey, Les Excentricités de la lang. fr. en 1860, 1859, p. 447).
Faire dresser les cheveux sur la tête. Provoquer la stupéfaction, saisir quelqu'un d'épouvante ou de colère. Ça fait dresser les cheveux sur la tête! La terreur qui fait dresser les cheveux à la tête (Pourrat, Gaspard des Montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 293):
8. Elle lui faisait horreur. Quoi! C'était pour elle, pour ça, pour cette femelle sans âme, cette chienne en rut qu'il avait commis ce fratricide, cette chose épouvantable dont la pensée, la nuit, lui dressait les cheveux d'horreur sur la tête? Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 183.
Se faire des cheveux, se faire des cheveux blancs. Avoir des soucis pour quelqu'un ou pour quelque chose. C'était plus fort qu'elle [Lola], elle se faisait des cheveux sans raison (Sartre, L'Âge de raison,1945, p. 29).
Saisir l'occasion aux cheveux, par les cheveux. En profiter dès qu'elle se présente, rapidement, sans trop réfléchir. Une occasion s'est présentée; ma foi, je l'ai saisie aux cheveux (Courteline, Femmes d'amis,1888, p. 68).
Plus rarement. Les cheveux de l'occasion (Balzac, Œuvres diverses,t. 1, 1850, p. 89).Saisir tout plaisir aux cheveux (Nerval, Le Second Faust,1840, p. 276).
À un cheveu près. À très peu de chose près. Mesurer à un cheveu près la distance de la terre au soleil (E. et J. de Goncourt, Journal,1859, p. 634).
Être à un cheveu de. Être à un cheveu de l'apoplexie (Balzac, Lettres à l'Étrangère,t. 1, 1850, p. 449).
Il s'en est fallu d'un cheveu que, il s'en est fallu de l'épaisseur d'un cheveu. Il s'en est à peine fallu d'un petit cheveu que je giflasse éperdument l'administrateur Albiot (Bloy, Journal,1895, p. 69).
Ne tenir qu'à un cheveu. Ça n'a tenu qu'à un cheveu (Renard, Journal,1898, p. 470).Bourget est nommé, mais il n'a tenu qu'à un cheveu que Deschanel fût nommé à sa place (E. et J. de GoncourtJournal,1894, p. 581).
Ne pas vieillir d'un cheveu (cf. E. et J. de Goncourt, Journal, 1894, p. 536).
Manquer, rater d'un cheveu (cf. Bernanos, Monsieur Ouine, 1943, p. 1416). Une roue de la voiture renversée tournait encore à toute vitesse au-dessus de lui (...) Manqué d'un cheveu, pensa-t-il (BernanosMonsieur Ouine,1943p. 1410).
Toucher, ne pas toucher un (seul) cheveu de la tête de qqn. Lui causer ou non le moindre petit dommage :
9. − Enfin, expliquez-moi!... − Rien du tout! Me promettez-vous que vous garderez le silence sur le cas de cet homme, ce qui, du reste, peut vous servir, et que l'on ne touchera pas à un cheveu de sa tête?... G. Leroux, Rouletabille chez le tsar,1912, p. 79.
Il y a un cheveu. Il y a un ennui, une difficulté de dernière minute. Je suis ici très bien (...) Il y a un cheveu, six francs par jour à payer (Verlaine, Correspondance, t. 3, 1869-96, p. 126).
Venir, arriver, tomber comme un cheveu sur la soupe. Arriver à contretemps ou sans aucun propos. Ça vient comme un cheveu sur la soupe :
10. Le chef militaire, que l'on appelle, pour la conspiration, Renaud, et M. Noiret, l'ex-garagiste, ont mangé avec nous, et j'en ai profité pour leur poser quelques questions sur les maquis, pour ne pas y arriver comme un cheveu sur la soupe, ne pas paraître trop gourde... E. Triolet, Le Premier accroc coûte deux cents francs,1945, p. 359.
Passer la main dans les cheveux de qqn. Le flatter. Cette façon de procéder (...) me séduit (...) Et croyez bien que je n'ai pas l'intention de vous passer la main dans les cheveux (Courteline, Un Client sérieux,1897, p. 18).
Couper les cheveux en quatre. Subtiliser à l'excès. Les énervants coupages de cheveux en quatre (N. Sarraute, L'Ère du soupçon,1956, p. 11):
11. Mmede Staël coupait, disséquait un cheveu en quatre. Elle anatomisait et colorait tout. Chênedollé, Journal,1824, p. 128.
Un raisonnement, une interprétation tiré(e) par les cheveux. Une argumentation qui manque de solidité ou de naturel :
12. Une manie des nouveaux venus ici est de chercher l'étymologie du nom de Plombières. On leur en donne plusieurs (...) toutes plus tirées par les cheveux les unes que les autres. H. Berlioz, Les Grotesques de la musique,1869, p. 135.
Proverbialement. On ne peut faire pousser des cheveux à des chauves (Balzac, César Birotteau, 1837, p. 141). On ne peut pas peigner un diable qui n'a pas de cheveux (F. Vidocq, Mémoires de Vidocq, t. 4, 1828-29, p. 167).
II.− [P. anal. de forme ou de finesse]
A.− Domaine de l'hist. nat.
1. BOTANIQUE
a) Branches retombantes de certains arbres; filaments de certaines plantes qui imitent une chevelure. Cheveux des saules, de l'algue, du sainfoin. Blonds cheveux de la clématite en fruits (Balzac, Le Lys dans la vallée,1836, p. 121).
b) Plus spéc. Végétaux de diverses sortes affectant la forme capillaire. Cheveux de la Vierge, cheveux de Vénus. Fleur de la viorne; nom donné à plusieurs espèces de byssus :
13. Les nombreuses familles des pariétaires, la camomille, les cheveux de Vénus sortaient par touffes abondantes et variées entre les barbacanes de la muraille, lézardée malgré son épaisseur. Balzac, Le Curé de village,1839, p. 89.
SYNT. Cheveux du diable (synon. cuscute). Cheveux d'évêque (synon. raiponce) (A. France, Pierre Nozière, 1899, p. 172). Cheveux de mer (synon. varechs filamenteux), cheveux de paysan (synon. chicorée sauvage, barbe de capucin).
2. ENTOMOL. Cheveux de la Vierge. Nom donné parfois aux fils de la Vierge, fils d'araignée des champs (cf. M. Rollinat, Les Névroses, Refuges, 1883, p. 151).
3. MINÉR. Cheveux de Vénus. Nom donné aux filaments dorés que forme le rutile dans le quartz hyalin (cf. A. et N. Metta, Les Pierres précieuses, 1960, p. 89).
B.− Techn. diverses
1. ART CULIN. Cheveu d'ange. Vermicelle très fin. Tranches d'orange, de cédrat ou de citron, confites et coupées en lanières minces.
2. CÉRAMIQUE
a) Fêlure d'une faïence ou d'une porcelaine. Assiette, tasse ayant un cheveu. Sans un « cheveu » (F. Carco, Nostalgie de Paris,1941, p. 24).
b) Cheveu d'or. Filet d'or encadrant une pièce de porcelaine.
3. DÉCORATION. Cheveux d'ange. Guirlande d'arbre de Noël (Catal. de jouets [Magasins du Louvre], 1936).
Prononc. et Orth. : [ʃ(ə)vø]. [ə] muet noté ds les dict. hist. ainsi que ds Passy 1914, Dub., Pt Lar. 1968 et Lar. Lang. fr. [ə] muet noté entre parenthèses ds Barbeau-Rodhe 1930 (qui transcrit également [œ ̃ ʃvø] ou [œ ̃ ʃfø] par assourdissement de [v] sous l'infl. de [ʃ]), Pt Rob. et Warn. 1968. Au sujet de [ə] muet cf. chemin. Fér. 1768 : ,,Ceux qui affectent prononcent jeveu``. À ce sujet cf. cheval. Attesté ds Ac. 1694-1932. Au plur. des cheveux. Étymol. et Hist. 1. Mil. xies. chevels cas régime plur. (Alexis, 87a ds T.-L.); xves. en cheveux « sans bonnet ni coiffe » (Louis XI, Nouv., XXXVII ds Littré); d'où les expr. fig. a) 1558 empoigner (l'occasion) aux cheveux (Joachim du Bellay, Au roi, s. la trêve ds Gdf. Compl.); 1584 tenir l'occasion par les cheveux (O. de Turnebe, Les Contens, I, 3, ibid.); b) av. 1630 faire dresser les cheveux à la teste de (quelqu'un) (Aubigné, Vie, XXI ds Littré); c) 1671 prendre quelqu'un aux cheveux (La Fontaine, Contes, éd. H. Régnier, t. 5, p. 12); 1690 fendre un cheveu en deux (Fur.); 2. p. anal. lang. poétique av. 1560 les verds cheveux du boccage (J. du Bellay, III, 77 rods Littré); 1556 bot. cheveux de Venus (Bernard Dessen, Compositione medicamentorum, p. 197 cité ds R. Lang. rom., t. 5, p. 77). Du lat. class. capillus « cheveu ». Fréq. abs. littér. : 11 714. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 14 446, b) 21 807; xxes. : a) 20 249; b) 13 626.
DÉR.
Chevil(l)ière,(Chevilière, Chevillière) subst. fém.1. Ruban grossier ou tresse plate en coton ou en fil écru. Attesté sous la forme chevilière ds Besch. 1845, sous la forme chevillière ds Besch. Suppl. 1845-46, Littré, Guérin 1892 et Quillet 1965, et sous les 2 formes ds Lar. 19e-20eet Lar. encyclop.2. Région. (franco-prov. et suisse romand). Ruban métrique. Ils déroulaient à cet effet (pour prendre les mesures) leur chevillière de toile gommée, où les toises étaient indiquées par un trait noir (Ramuz, Derborence,1934, p. 117).Seule transcr. ds Littré : che-vi-llè-r' (avec [λ] mouillé). 1reattest. xvies., cheveliere ds Hug., xvies. « cordon, ruban » (Presentation des joyaux, 59, Picot et Nyrop, Nouv. rec. de farces, p. 184, ibid.); de l'a. fr. chevel (v. cheveu), suff. -ière*. Fréq. abs. littér. Chevillière : 1.
BBG. − Brüch (J.). Die Wörter für « Haar » im Latein und ihr Fortleben im Romanischen. Wiener Studien. 1957, t. 70, pp. 51-53. − Gottsch. Redens. 1930, pp. 136-137. − Mat. Louis-Philippe. 1951, p. 48. − Rog. 1965, p. 19, 125, 180. − Sain. Lang. par. 1920, p. 363. − Stefenelli (A.). Der Synonymenreichtum der altfranzösischen Dichtersprache. Wien, 1967.

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CHEVEU. n. m.
Poil de la tête. Il ne se dit qu'on parlant de l'homme. Cheveux plats, frisés. Cheveux blonds, bruns, noirs, châtains, roux, cendrés, gris, blancs. Ses cheveux commencent à grisonner, ont blanchi. Cheveux crépus. Porter les cheveux longs, courts. Faire couper, faire rafraîchir ses cheveux. Se faire couper les cheveux. S'arracher les cheveux de douleur, de désespoir. Une touffe de cheveux. Une poignée de cheveux. Une tresse, une boucle de cheveux. Être en cheveux se dit d'une Femme qui est coiffée sans avoir de chapeau. Fig., Fendre un cheveu en quatre, Faire des distinctions, des divisions subtiles. On dit abusivement Couper les cheveux en quatre. Fig., Cela fait dresser les cheveux sur la tête, fait dresser les cheveux, Cela fait horreur. On dit aussi Les cheveux me dressent sur la tête. Fam., Ils étaient près de se prendre aux cheveux, Ils étaient fort animés l'un contre l'autre, ils étaient près de se battre. Fig., Prendre l'occasion aux cheveux, Saisir l'occasion, en profiter. Fig. et fam., Cette comparaison, cette interprétation, ce raisonnement, cette pensée est tirée par les cheveux, Elle est amenée, elle est présentée d'une manière peu naturelle et forcée. Fig., Ne tenir qu'à un cheveu, se dit d'une Chose qui est tout à fait sur le point d'arriver. Le succès de cette affaire n'a tenu qu'à un cheveu. On dit dans le même sens Il ne s'en est fallu que de l'épaisseur d'un cheveu. Fig. et fam., Cela vient comme des cheveux sur la soupe, se dit d'une réflexion, d'une interruption dans un entretien, où elle est sans aucun rapport avec ce dont on parle.

Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CHEVEUX, s. m. petit filament oblong qui part des pores de la peau de la tête, & qui la couvre toute entiere, à l’exception des parties de la face & des oreilles. On donne le nom de poil aux filamens pareils qui couvrent toute la peau d’un grand nombre d’animaux, & aux filamens pareils & plus courts qui couvrent quelques parties du corps humain. Voyez l’article Poil.

Les anciens ont prétendu que ces filamens étoient une espece d’excremens, qu’ils n’étoient nourris que par des matieres grossieres & destinées à l’expulsion ; & conséquemment qu’ils n’étoient point parties du corps animé. Quand on leur demandoit de quelle espece étoient ces excrémens, ils répondoient que c’étoient des parties fuligineuses du sang, qui poussées par la chaleur du corps vers sa superficie, s’y condensoient en passant par les pores. Ils croyoient donner de l’existence & de la clarté à leurs parties fuligineuses, en alléguant des expériences qui, quand elles auroient été toutes vraies, n’en auroient pas eu plus de connexion avec leur mauvaise physiologie ; savoir que les cheveux coupés reviennent très promptement, soit dans les enfans qui ne commencent qu’à végeter, soit dans les vieillards qui sont prêts à s’éteindre ; que chez les étiques les cheveux croissent, tandis que le reste du corps dépérit ; qu’ils reviennent & croissent aux corps morts ; & qu’ils ne se nourrissent & ne croissent point comme les autres parties du corps par intussusception ; c’est-à-dire, par un suc reçû au-dedans d’eux ; mais par juxtaposition, les parties qui se forment poussant en avant celles qui sont formées.

M. Mariotte ayant examiné la végétation des cheveux, crut en effet trouver qu’elle ne ressembloit point à celle des plantes qui poussent leur seve entre leurs fibres & leurs écorces, jusqu’aux extrémités de leurs branches, mais comme les ongles où les parties anciennes avancent devant les nouvelles ; car quand on teint ce qui reste sur la tête de cheveux, après qu’on les a récemment coupés, ce qui étoit près de la peau est d’une couleur différente du reste. Cet académicien paroît s’accorder en cela mieux avec les anciens physiologistes, qu’avec la vérité.

Les cheveux sont composés de cinq ou six fibres enfermées dans une guaine assez ordinairement cylindrique, quelquefois ovale ou à pans ; ce qui s’apperçoit au microscope, même à la vûe simple ; quand les cheveux se fendent, c’est que la guaine s’ouvre, & que les fibres s’écartent.

Les fibres & le tuyau sont transparens ; & cette multiplicité de fibres transparentes doit faire à l’égard des rayons, l’effet d’un verre à facettes : aussi quand on tient un cheveu proche la prunelle, & qu’on regarde une bougie un peu éloignée, on apperçoit un rayon de chaque côté de la bougie, & chaque rayon est composé de trois ou quatre petites images de la bougie, un peu obscures & colorées ; ce qui prouve que chaque fibre du cheveu fait voir par refraction une bougie séparée des autres ; & comme il n’y a que la refraction qui donne des couleurs, les couleurs de chaque image concourent à prouver cette théorie.

Les modernes pensent que chaque cheveu & peut-être chaque fibre qui le compose, vit dans le sens stricte, qu’il reçoit un fluide qui le remplit & le dilate, & que sa nutrition ne differe pas de celle des autres parties. Ils opposent expériences à expériences : dans les personnes âgées, disent-ils, les racines des cheveux ne blanchissent pas plûtôt que les extrémités ; tout le cheveu change de couleur en même tems. Le même phénomene a lieu dans les enfans. Il y a nombre d’exemples de personnes qu’une grande frayeur ou qu’une douleur extrème a fait blanchir en une nuit. Leur sentiment est que les cheveux croissant de la tête, comme les plantes de la terre, ou comme certaines plantes parasites naissent & végetent des parties d’autres plantes ; quoique l’une de ces plantes tire sa nourriture de l’autre, cependant chacune a sa vie distincte, & son œconomie particuliere : de même le cheveu tire sa subsistance de certains sucs du corps, mais il ne la tire pas des sucs nourriciers du corps ; de-là vient que les cheveux peuvent vivre & croître quoique le corps dépérisse. Ce qui explique les faits rapportés dans les transactions philosophiques par Wulferus & Arnold. Wulferus dit que le tombeau d’une femme enterrée à Nuremberg, ayant été ouvert quarante ans après sa mort, on vit sortir à travers les fentes du cercueil, une si grande quantité de cheveux, qu’on pouvoit croire que le cercueil en avoit été tout couvert pendant quelque tems ; que le corps de la femme parut entier ; qu’il étoit enveloppé d’une longue chevelure épaisse & bouclée ; que le fossoyeur ayant porté la main sur la tête de ce cadavre, il tomba tout entier en poudre, & qu’il ne prit qu’une poignée de cheveux ; que les os du crane étoient réduits en poussiere ; que cependant ces cheveux avoient du corps & de la solidité. Arnold raconte d’un homme qui avoit été pendu pour vol, que ses cheveux s’allongerent considérablement, & que tout son corps se couvrit de poil, tandis qu’il étoit encore à la potence.

Quand le microscope ne feroit pas voir que les cheveux sont des corps fistuleux ; la plica, maladie dont les Polonois sont quelquefois attaqués, & dans laquelle le sang degoutte par les extrémités des cheveux, ne laisseroit sur ce fait aucun doute. Les fibres & l’enveloppe observées aux cheveux par M. Mariotte, sont réelles ; mais il y a de plus des nœuds semblables à ceux de quelque sorte d’herbes, & des branches qui partent de leurs jointures ; il coule un fluide entre ces fibres, & peut-être dans ces fibres mêmes, ce que M. Mariotte a nié. Chaque cheveu a une petite racine bulbuleuse, assez profonde, puisqu’elle est insérée jusque dans les papilles pyramidales ; c’est dans cette bulbe que se séparent les sucs qui le nourrissent.

Les cheveux blanchissent sur le devant de la tête, & sur-tout autour des tempes, & sur le haut plûtôt que sur le derriere de la tête & ailleurs, parce que leur suc nourricier y est plus abondant.

C’est la grandeur & la configuration des pores qui déterminent le diametre & la figure des cheveux ; si les pores sont petits, les cheveux sont fins ; s’ils sont droits, les cheveux sont droits ; s’ils sont tortueux, les cheveux sont frisés ; si ce sont des poligones, les cheveux sont prismatiques ; s’ils sont ronds, les cheveux sont cylindriques.

C’est la quantité du suc nourricier qui détermine leur longueur ; c’est sa qualité qui détermine leur couleur : c’est par cette raison qu’ils changent avec l’âge.

Le docteur Derham examina un poil de souris au microscope, & il lui parut n’être qu’un tuyau transparent, rempli d’une espece de moëlle ou substance fibreuse, formant des lignes obscures, tantôt transversales, tantôt spirales : ces lignes médullaires pouvoient passer pour des fibriles très-molles, entortillées, & plus serrées selon leur direction, qu’ailleurs ; s’étendant depuis la racine du poil jusqu’à l’extrémité, & peut-être destinées à quelque évacuation : d’où il inféra que le poil des animaux ne leur sert pas seulement à les garantir du froid, mais que c’est un organe de transpiration imperceptible. Je crois qu’on peut étendre cette induction à la chevelure de l’homme par deux raisons, 1° parce qu’il est évident par la plica, que c’est un assemblage de petits canaux, & que ces canaux sont ouverts par le bout : 2° parce qu’on guérit de maux de tête, en se coupant des cheveux, quand ils sont trop longs ; & qu’on se procure des maux d’yeux, quand on est d’un tempérament humide, & qu’on les rase.

La longue chevelure étoit chez les anciens Gaulois une marque d’honneur & de liberté. César qui leur ôta la liberté, leur fit couper les cheveux. Chez les premiers François, & dans les commencemens de notre monarchie, elle fut particuliere aux princes du sang. Grégoire de Tours assûre même que dans la seconde irruption qu’ils firent dans les Gaules, c’est-à-dire avant l’établissement de leur monarchie, ils se fixerent dans la Tongrie, c’est-à-dire le Brabant, & les environs de la Meuse, & qu’ils s’y choisirent des rois à longue chevelure, de la race la plus noble d’entre eux. On lit dans l’auteur des gestes de nos rois, que les François élurent Pharamond fils de Marcomir, & placerent sur le throne un prince à longue chevelure. Franci elegerunt Pharamundum filium ipsius Marcomiri, & levaverunt eum super se regem crinitum. On sait que Clodion fut surnommé par la même raison le chevelu. Au reste, ce droit de porter de longs cheveux étoit commun à tous les fils de rois. Clovis, l’un des fils de Chilpéric & d’Andouere, fut reconnu à sa longue chevelure par le pêcheur qui trouva son corps dans la riviere de Marne, où Fredegonde l’avoit fait jetter. Gondebaud qui se prétendit fils de Clotaire, ne produisoit d’autre titre de son état que des cheveux longs ; & Clotaire pour déclarer qu’il ne le reconnoissoit pas pour son fils, se contenta de les lui faire couper. Cette cérémonie emportoit la dégradation. Le prince rasé étoit déchu de toutes ses prétentions : on voit cet usage pratiqué à la déposition de quelques-uns de nos princes renfermés dans les monasteres. On fait remonter jusqu’au tems des premiers Gaulois, l’origine de l’usage de se couper les cheveux, en signe de la rénonciation à toutes prétentions mondaines que faisoient ou étoient censés faire ceux qui embrassoient la vie monastique. Tant que les longs cheveux furent la marque du sang royal, les autres sujets les porterent coupés courts autour de la tête. Quelques auteurs prétendent qu’il y avoit des coupes plus ou moins hautes, selon le plus ou moins d’infériorité dans les rangs ; ensorte que la chevelure du monarque devenoit, pour ainsi dire, l’étalon des conditions.

Au huitieme siecle, les gens de qualité faisoient couper les premiers cheveux à leurs enfans par des personnes qu’ils honoroient, & qui devenoient ainsi les parrains spirituels de l’enfant. Mais s’il est vrai qu’un empereur de Constantinople témoigna au pape le désir que son fils en fût adopté en lui envoyant sa premiere chevelure, il falloit que cette coûtume fût antérieure au viij. siecle. V. Parrain, Adoption.

Les longues chevelures ont été principalement défendues à ceux qui embrassoient l’état ecclésiastique : la domination des peuples de la Germanie dans les Gaules y ayant introduit le relâchement des mœurs, plusieurs du clergé portoient de longs cheveux, malgré les lois de l’Église : cet abus fut réprimé dans plusieurs conciles. Un concile de plusieurs provinces des Gaules tenu à Agde l’an 509, ordonne que si des clercs portent de grands cheveux, l’archidiacre les leur coupera malgré eux. Cette défense pour les ecclésiastiques a toûjours été en vigueur ; il y eut même des tems où les longues chevelures furent interdites à tous les Chrétiens ; mais cette discipline n’a pas subsisté long-tems à leur égard. Voy. Clerc, Tonsure, Couronne.

Nos antiquaires & nos historiens se sont très-étendus sur la chevelure de nos princes : on sait très exactement une chose très-importante à savoir, qui d’entre eux porta des cheveux longs, & qui porta des cheveux courts. La question des cheveux longs & des cheveux courts a été dans son tems la matiere de plusieurs ouvrages polémiques. O curas hominum !

Aujourd’hui on porte ou on ne porte pas des cheveux ; on les porte longs ou courts sans conséquence. Les cheveux sont employés à faire des perruques, contre lesquelles à la vérité un savant homme a fait un traité. Voy. Perruque. Et cet habillement de tête est devenu si ordinaire par sa commodité, que les cheveux sont un objet de commerce assez considérable.

Les cheveux des pays septentrionaux sont plus estimés que les nôtres. De bons cheveux sont bien nourris, & ne sont ni trop gros ni trop fins. Les gros deviennent crêpus quand on les frise ; les fins ne tiennent pas assez la frisure. La longueur des cheveux doit être d’environ vingt-cinq pouces ; leur prix diminue à mesure qu’ils sont plus courts. On recherche plus ceux des femmes que ceux des hommes. On regarde beaucoup à la couleur ; les blonds sont les plus chers. Il y a peu de marchandise dont le prix soit aussi variable ; il y a des cheveux depuis quatre francs jusqu’à cinquante écus la livre. On prétend que les cheveux châtains se blanchissent comme la toile, en les lavant plusieurs fois dans de l’eau limonneuse, & les étendant sur le pré. Quant à l’emploi des cheveux, voyez les articles Perruquier & Perruque. Observons seulement que les cheveux étant une marchandise que nous tirons de l’étranger, il y auroit un avantage à ce que l’usage des perruques de fil-d’archal prévalût. Je ne sai si cet objet est assez considérable pour mériter l’attention. C’est à ceux qui veillent aux progrès du commerce à en être instruits.

Se coeffer en cheveux, c’est avoir les cheveux tressés, relevés, arrangés sur sa tête, sans bonnet ni coëffure. Porter de faux cheveux, c’est fournir par des tresses de cheveux, des tours, des coins, &c. les endroits de la tête qui sont dégarnis de cheveux naturels. La coëffure en cheveux & l’art des faux cheveux ont été à l’usage des Grecs & des Romains. On dit : faire les cheveux, couper les cheveux, rafraîchir les cheveux. Les rafraîchir, c’est en enlever au ciseau la petite extrémité, pour en hâter l’accroissement ; les couper, c’est les abattre entierement, pour y substituer la perruque ; les faire, c’est les tailler selon la mode regnante. Toutes ces opérations sont du perruquier, de même que celle de les friser. Voyez Friser.

On a attaché de tout tems la beauté de la chevelure à la longueur & à la couleur des cheveux ; mais tous les peuples n’ont pas eu dans tous les tems le même préjugé sur la couleur. C’est par cette raison qu’il a fallu imaginer pour ceux dont les cheveux n’étoient pas d’une couleur à la mode, des moyens de donner aux cheveux la couleur qu’on voudroit. En voici quelques-uns que nous ne garantissons pas.

Pour noircir les cheveux, mettez sur quatre pintes d’eau de fontaine froide, une demi-livre de chaux, & un quarteron de sel commun ; remuez ce mêlange de tems en tems pendant quatre jours ; tirez-le au clair, & le gardez. Prenez une demi-livre de noix de galle ; faites-les brûler dans un pot de fer ou de cuivre bien bouché, avec une demi-livre de graisse de bœuf. Quand le tout vous paroîtra en pâtée, laissez refroidir sans déboucher le vaisseau. Prenez ensuite votre masse, réduisez-là en poudre très-fine, jettez cette poudre sur deux pintes de l’eau que vous avez tirée au clair ; ajoûtant deux fiels de bœuf, une once de lytarge d’or, une once d’alun, une once de couperose, une once de summac, une once de verdet, une once de plomb brûlé, une once de mine de plomb, une once de vitriol, une once de sel ammoniac. Prenez encore un quarteron de noir d’Anvers ; mettez ce noir sur une chopine ou environ d’eau de chaux, préparée comme on a dit plus haut ; faites bouillir ; jettez ce second mêlange bouillant sur le mêlange précédent ; renfermez le tout dans une cruche ; laissez reposer cette cruche pendant trois ou quatre jours au coin du feu ; remuez de tems en tems. Lorsque vous voudrez faire usage de votre préparation, prenez-en dans un petit vaisseau, ajoûtez-y quatre à cinq gouttes d’eau seconde ; prenez une petite éponge, trempez-la dans ce dernier mêlange, & vous en frottez les cheveux. Continuez de vous frotter jusqu’à ce que vos cheveux ayent pris couleur. Ce procédé a été communiqué par feu madame la comtesse de B. au pere de M. Papillon, habile graveur en bois.

Voici un procédé plus simple. Prenez du brou de noix, mettez-le dans un alembic ; distillez ; recueillez l’eau claire qui vous viendra par la distillation, & vous frottez les cheveux de cette eau.

Il y en a qui pensent que de l’eau seconde répandue dans beaucoup d’eau, produiroit le même effet sans aucun danger. Mais l’usage du peigne de plomb, qu’on frotte avec la mine de plomb toutes les fois qu’on le nettoie, s’il n’est pas sûr, est du moins très-innocent.

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Phonétique du mot « cheveux »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
cheveux ʃœvø

Évolution historique de l’usage du mot « cheveux »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « cheveux »

  • Les cheveux blancs sont une couronne d'honneur. De La Bible
  • Une femme aux cheveux châtains est une blonde modeste. De Frédéric Dard / San-antoniaiseries
  • Les cheveux gris sont les fleurs de la mort. De Proverbe danois
  • Quand les cheveux commencent à blanchir, Laisse la femme et prends le vin. De Proverbe français
  • Les cheveux gris sont des archives du passé. De Edgar Allan Poe / Manuscrit Trouvé dans une bouteille
  • L'homme naît sans dents, sans cheveux et sans illusions, et il meurt de même, sans cheveux, sans dents et sans illusions. De Alexandre Dumas
  • Sers-toi de ton peigne tant que tu as des cheveux. De Proverbe provençal
  • On ne saurait peigner un diable qui n'a pas de cheveux. De Proverbe belge
  • On ne peut pas peigner un diable qui n’a pas de cheveux. De Proverbe français
  • Il doit avoir les cheveux propres, celui qui traite les autres de pouilleux. De Proverbe écossais
  • Le temps sur nos cheveux jette du sucre en poudre. De Tristan Derème
  • La bonté, c'est la coquetterie des cheveux blancs. De Octave Feuillet
  • Quels sont les cheveux noirs qui ne changent jamais ? De Sie T'iao
  • Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs. Rose Étiennette Gérard, dite Rosemonde Gérard, Les Pipeaux, Fasquelle
  • Et j'ai fidèlement aimé ta belle tête Sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris. François Maynard, Stances, la Belle Vieille
  • Elle* déroulait de son front des boucles de cheveux aux reflets d'hyacinthe. Homère, L'Odyssée, VI, 230-231 (traduction V. Bérard)
  • Je ne te connais pas, vieil homme. Mets-toi à tes prières ! Que les cheveux blancs siéent mal à un fou et à un bouffon ! William Shakespeare, Henry IV, seconde partie V, 5, le roi
  • Quand on n'a plus de cheveux, on trouve les cheveux longs ridicules. De Paul Léautaud
  • Mes cheveux tombent. Mes poux n'ont plus rien pour se retenir. De Jules Renard
  • Un shampoing sec pour rafraîchir en un instantEn vacances, les journées se suivent et se ressemblent plus ou moins : plage, piscine, barbecues et balades s'enchaînent pour votre plus grand bonheur. Vous n’êtes donc pas à l’abri d’une baignade matinale et d’un apéro improvisé au bord de l’eau entre copains juste après. Les joies des vacances c’est aussi ne rien planifier à l’avance Se laisser aller oui, mais pas quand il est question de vos cheveux ! Ni une, ni deux, dégainez de votre cabas le sauveur de votre crinière aplatie : le shampoing sec. Avec le Shampoing Sec Wildflower de Batiste, vos cheveux sont instantanément plus volumineux et rafraîchis. Ce produit procure également un agréable parfum de fleurs sauvages très appréciable sur vos cheveuxPublic.fr, Cheveux : 3 essentiels pour cet été
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Images d'illustration du mot « cheveux »

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Traductions du mot « cheveux »

Langue Traduction
Anglais hair
Espagnol pelo
Italien capelli
Allemand haar
Portugais cabelo
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Synonymes de « cheveux »

Source : synonymes de cheveux sur lebonsynonyme.fr

Cheveux

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