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Cheminée

Définitions de « cheminée »

Trésor de la Langue Française informatisé

CHEMINÉE, subst. fém.

A.− Construction en maçonnerie qui permet d'allumer un feu dans une habitation et se compose d'un foyer (ou âtre) à découvert et d'un conduit ménagé à l'intérieur du mur, et communiquant avec l'extérieur pour laisser s'échapper la fumée et assurer un bon tirage. Grande cheminée à large foyer et à manteau élevé (Viollet-Le-Duc, Entretiens sur l'archit.,1872, p. 311).
SYNT. Cheminée ancienne, rustique, moderne, bretonne, lorraine; cheminée monumentale; vieille, petite cheminée, haute cheminée de marbre blanc, grande cheminée sculptée, vaste cheminée renaissance, immense cheminée villageoise, hautes cheminées à hottes; cheminée à large manteau; cheminée d'appartement, de cuisine, de salon, de salle à manger, de chambre; hotte de la cheminée; manteau, chambranle, tablier, tablette de la cheminée; foyer, âtre de la cheminée; chenêts, soufflet, pinces, pincette de la cheminée; cheminée qui tire mal.
Hirondelle de(s) cheminée(s). Hirondelle commune qui, cherchant la chaleur, fait son nid à l'intérieur d'une grande cheminée de bois. L'oiseau le plus généralement répandu sur tout le globe, est l'hirondelle de cheminée, ou de rivage (Voyage de La Pérouse,t. 3, 1797, p. 77).
Spéc. Cheminée (à la) prussienne. Poêle qui s'adapte entre les jambages d'une cheminée d'appartement, son tuyau allant se loger dans le conduit en maçonnerie de la cheminée :
1. Les grandes et vénérables cheminées du xviesiècle ne recèlent pas, sous leur manteau, les ignobles et économiques cheminées à la prussienne qui savent se nicher sous de moins grandes. Flaubert, Par les champs et par les grèves,1848, p. 180.
Loc. fig., fam., vieilli. [P. allus. aux cheminées, suffisamment vastes pour que l'on puisse s'installer à l'intérieur, sous leur manteau, pour parler] Sous (le manteau de) la cheminée. En secret et en dehors des voies normales. Toutes les infamies qui se pratiquent sous le manteau d'une cheminée ou autrement (Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 131).Entrons dans un ménage Où, sous la cheminée, on bâcle un mariage (Barbier, Satires, Matrimonium, 1865, p. 131):
2. ... il est comme ces grands seigneurs qui ont une charge honoraire, et les entrées aux jours de gala; mais le cabinet leur est clos; ce ne sont pas là leurs affaires. (...); il sert de paravent à tout ce qui se passe sous le manteau de la cheminée. Si le mari est jaloux, c'est de lui; tient-on des propos? c'est sur son compte; c'est lui qu'on mettra à la porte un beau matin que les valets auront entendu marcher la nuit dans l'appartement de madame; ... Musset, Le Chandelier,1840, I, 1, p. 23.
B.− P. méton.
1. Endroit où brûle le feu.
a) Foyer, âtre de la cheminée :
3. Comme la soirée était un peu humide, nous avions allumé un petit feu de bois dans la cheminée de la salle; et cela nous aidait à parler de notre vie passée, sans aucun effort; car l'on sait que le feu facilite le jeu de la mémoire et rappelle de loin les souvenirs les plus oubliés. Bosco, Le Mas Théotime,1945, p. 126.
SYNT. Cheminée sans feu, chauffée, chargée; cheminée garnie de bûches, emplie de charbons rougeoyants, recouverte de cendres; feu de cheminée; feu qui flambe, brûle, pétille dans la cheminée; faire, allumer du feu dans la cheminée; jeter du bois, des papiers dans la cheminée; remettre une bûche dans la cheminée; bourrer la cheminée.
Au coin de la cheminée. Synon. au coin du feu*.S'asseoir, parler, tricoter, travailler... au coin de la cheminée.
[La Nuit de Noël] Mettre son soulier, placer son sabot... dans la cheminée (pour que le Père Noël, s'introduisant par le tuyau de la cheminée, y dépose les cadeaux).
b) Encadrement (ou chambranle, avec le manteau et les jambages) en plâtre, pierre, marbre... qui entoure le foyer et fait saillie dans la pièce. Durtal, adossé à la cheminée (Huysmans, Là-bas,t. 2, 1891, p. 32).Une cheminée de marbre dont les deux montants parallèles empiétaient sur le sol en griffes contractées (Courteline, Messieurs-les-Ronds-de-Cuir,1893, 3etabl., 3, p. 110).Devant le foyer, un tapis en chenilles de laine; sur la cheminée, (...), deux grands vases d'albâtre (Gide, Les Caves du Vatican,1914, p. 765).
SYNT. Cheminée en pierre, de briques, de porphyre, de bois; cheminée plaquée de marbre; cheminée ornée, garnie d'une pendule, de vases, de fleurs, de porcelaines rares; garniture, parure, flambeaux, pendules de cheminée; la glace, les vases, les candélabres de la cheminée; s'accouder, s'adosser à la cheminée; s'appuyer contre la cheminée; poser qqc. sur la cheminée.
Proverbial, vieilli. Faire une croix à la cheminée. Faire véritablement une croix sur l'encadrement de la cheminée à l'occasion d'un événement particulier dont on veut garder la trace :
4. − Tu as manqué de confiance en nous, lui dit Michel Chrestien, nous ferons une croix à la cheminée et quand nous serons à dix... Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 243.
Au fig., p. iron. [A propos d'un événement] Il faut faire une croix à la cheminée. Il faut considérer cet événement comme tout à fait extraordinaire.
2. Endroit par où s'échappe la fumée.
a) Conduit de la cheminée, ménagé à l'intérieur du mur et communiquant avec l'extérieur pour laisser s'échapper la fumée et assurer un bon tirage. Par la cheminée filtre la lumière du ciel, des tons verts tombent d'en haut sur les pierres de l'âtre (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 416):
5. Le Petit Savoyard, de Guiraud, je crois, ne serait plus possible. Celui-là est tout de même de la Savoie, (...). Malin, profite de notre sensiblerie. ramone très bien la première cheminée et ne va pas jusqu'en haut des autres. Il crie quand il est au milieu. On le fait déjeuner. Il bat des mains pour secouer la suie, ... Renard, Journal,1906, p. 1082.
SYNT. Cheminée noire, encroûtée de suie, bouchée, débouchée; suie (qui tombe) des cheminées.
Feu de cheminée. Incendie se produisant à l'intérieur du conduit de la cheminée par inflammation de la suie.
b) En partic. Partie supérieure et terminale du conduit en maçonnerie − ou tuyau métallique terminant ce conduit − en saillie au-dessus du toit et visible de l'extérieur. Une cigogne a fait son nid autour de la cheminée (Quinet, Ahasvérus,1833, 3ejournée, la mort, p. 179).La cheminée des cuisines faisait une grosse fumée de fabrique (Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 719).Un océan de cheminées, de tuiles rouges, d'ardoises violettes (Courteline, Le Train de 8 h 47,1888, 2epart., 8, p. 189).Sous la forêt malsaine de leurs cheminées à pigeons tristes, les rangées d'alvéoles de la rue Descartes (Abellio, Heureux les pacifiques,1946, p. 167):
6. ... j'entendis sa voix me crier : − Michel! Michel! Et je m'arrêtai, comme si la cheminée m'était tombée sur la tête. − Qu'est-ce que tu veux, Marguerite? lui dis-je, sentant mon cœur battre à défoncer ma poitrine. Erckmann-Chatrian, Histoire d'un paysan,t. 1, 1870, p. 202.
7. ... Il reste encore un pays Qu'on n'aperçoit que du toit, Sur le maquis des cheminées, C'est le grand ciel qui s'en va. Jouve, Tragiques,Livre de la nuit, 1922, p. 48.
SYNT. Fumées, orifice des cheminées; grosse, haute(s) cheminée(s); cheminées fumantes, fumeuses; cheminée qui fume, cheminées qui se dressent (à l'horizon).
C.− [P. anal. de forme et/ou de fonction avec le conduit d'une cheminée]
1. Tout conduit de dégagement de produits de combustion (fumées, vapeurs, gaz...). De longs bâtiments d'usine, de hautes cheminées crachant de la suie (Zola, Germinal,1885, p. 1207).La vapeur d'eau qui se dégage abondamment pendant la cuisson s'échappe par une cheminée à tirage (J. Bourde, Les Trav. publ.,t. 2, 1929, p. 113).Ces bateaux, à la cheminée losangée de rouge, à la coque d'émail blanc (Morand, New-York,1930, p. 63).
SYNT. Cheminée d'usine, de haut-fourneau, de locomotive, de chauffage central.
Cheminée d'appel (dans un système de combustion). Conduit déterminant le tirage.
P. ext. [Dans un système de ventilation] Conduit d'aération. Une circulation de l'air (...) emporte l'humidité extraite du bois hors de la chambre de séchage, par des cheminées d'aération (J. Campredon, Le Bois,1948, p. 58).Spéc., MINES. Cheminée (d'appel ou d'aération ou d'aérage). Galerie, puits servant à l'aération de la mine, à la circulation des mineurs ou à l'évacuation du minerai :
8. La compagnie, depuis dix ans, se proposait de combler cette fosse morte; mais elle attendait d'avoir installé au Voreux un ventilateur. Car le foyer d'aérage des deux puits, qui communiquaient, se trouvait placé au pied de Réquillart, dont l'ancien goyot d'épuisement servait de cheminée. Zola, Germinal,1885, p. 1366.
P. ext.
a) ARM., HIST. [En parlant d'un fusil à piston] Petite pièce cylindrique où se place la capsule fulminante.
b) TECHNOL. [Dans une lampe] Cylindre de verre ouvert à sa partie supérieure, qui protège la flamme, détermine le tirage et laisse s'échapper la fumée.
c) VOLCANOLOGIE. Canal d'ascension des laves qui débouche dans le cratère du volcan.
2. Tout conduit ou orifice de dégagement.
AÉRONAUTIQUE
[Dans un parachute] Orifice situé au sommet de la voilure et servant à laisser s'échapper l'air gonflant le parachute lors d'une descente pour en assurer la stabilité (d'apr. Lar. encyclop.).
Synon. de trou* d'air.
MAR. Orifice par où passe le mât de hune.
MUS. [Dans un tuyau d'orgue] Petit cylindre, ouvert à ses deux extrémités, plus étroit que le tuyau d'orgue et qui s'adapte à sa partie supérieure pour la fermer partiellement et modifier le timbre (cf. tuyau d'orgue bouché*). Cheminée d'un tuyau d'orgue; tuyaux à cheminée.
TECHNOL. Orifice d'emplissage et de vidange d'une fosse d'aisances.
THÉÂTRE. [Machinerie] . ,,Sorte de tuyau, de puits, où passent les cordages supportant les contre-poids nécessaires aux manœuvres des décors`` (Littré). Cheminées de contre-poids.
3. [P. anal. de forme seulement]
COIFFURE, HIST. [Au Moy. Âge] (Coiffure en) cheminée. Coiffure féminine en hauteur dont la forme pyramidale évoque celle d'une cheminée en tourelle sur un toit. Synon. (coiffure en) mitre*.
GÉOGR. PHYS.
Cheminée des fées. Colonne, pyramide d'argile surmontée d'un rocher qui la protège du ravinement que les eaux de ruissellement exercent autour d'elle. Synon. demoiselle.
[En montagne, dans le lang. des alpinistes] Couloir étroit, proche de la verticale, dans un mur de rochers ou de glace, dans lequel l'alpiniste s'élève par un jeu d'efforts opposés sur les deux parois.
IMPR. ,,Intervalles de mots malencontreusement en regard sur plusieurs lignes successives, donnant à l'œil l'impression d'un long couloir blanc à travers la page`` (Voyenne 1967).
Rem. Lar. encyclop. enregistre également un emploi en carrosserie : ,,Séparation munie d'une glace mobile et qui, placée à l'intérieur d'une voiture, isole les voyageurs de l'avant de ceux de l'arrière``.
Prononc. et Orth. : [ʃ(ə)mine]. Pour [ə] muet cf. chemin. Ds Ac. 1694-1932. Homon. cheminer. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1170 « salle munie d'une cheminée » (Chr. de Troyes, Cligès, éd. W. Foerster, 5562) − xviiies., Dole ds Gdf.; 2. dernier tiers xiies. « ensemble architectural permettant de faire du feu dans une pièce » (G. de Berneville, St Gilles, 2728 ds T.-L.); 2emoitié xiies. ceminee de marbre (Aiol, 1130 ds T.-L.); 3. ca 1160 keminee « conduit de cheminée dépassant du toit » (Flore et Blanchefor, 1814 ds T.-L.); p. ext. 1832 « intérieur du tuyau d'un bateau à vapeur » (Raymond); 1857 « id. d'une usine » (Flaub., MmeBovary, III, V, p. 169 ds Rob.). B. p. anal. 1649 en parlant d'un volcan (Scarron, Virgile travesti, III, 148b ds Richarson); 1690 orgue (Fur.); 1829 « verre de lampe » (Boiste); 1831 mar. « trou permettant le passage du mat de hune » (Will.); 1866 mines cheminée d'aérage (Lar. 19e); 1890 alpinisme (DG). Du b. lat. [camera] caminata « salle pourvue d'une cheminée » (584 Bréquigny et la Porte du Theil, p. 79ad'apr. Diez5, p. 80; viiies. ds Nierm.) puis « cheminée » (ixes. Hincmar, ibid.), dér. de camīnus « fourneau, cheminée », lui-même empr. au gr. κ α ́ μ ι ν ο ς « fourneau » et « conduit de cheminée ». Camminus (chemin*) qui a causé, du fait de l'homon., la disparition du simple, aurait aussi contribué au maintien du -i- par étymol. populaire, v. Bl.-W.5et FEW t. 2, p. 139. Fréq. abs. littér. : 3 762. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 3 438, b) 9 629; xxes. : a) 6 290, b) 4 122. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, pp. 217-221; p. 444. − Quem. 2es. t. 2 1971.

Wiktionnaire

Nom commun - français

cheminée \ʃə.mi.ne\, \ʃmi.ne\ féminin

  1. Construction abritant un âtre, où l’on fait du feu, et comportant un conduit pour donner issue à la fumée.
    • Enfin, une immense cheminée leur offrait un moyen d’éclairer et de réchauffer à la fois leur sommeil. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Les deux éléments de l’architecture qui ont dépéri avec la civilisation industrielle et ses techniques, sont la cheminée et l’escalier. — (« Un membre privilégié de l’architecture », dans André Chastel, L’Escalier dans l’architecture de la Renaissance, éd. Picard, coll. De Architectura, 1985, ISBN 2-7084-0129-7, page 7)
    • Si vous surmontez votre maison d'une cheminée, et qu'un voisin s'avise que le feng-shui en est mécontent, vous serez obligé de la démolir si vous n'êtes pas dans un port à traité. — (Émile Bard, Les Chinois chez eux, A. Colin et Cie, Paris, 1899)
    • Elle ouvre le premier tiroir de sa coiffeuse pour s'emparer de l’original de son travail. Elle va le détruire, le réduire en cendres dans la jolie cheminée du salon. — (Cerise Bellicanj, Le Très Petit Monde de la Teigne (T.P.M.T.), TheBookEdition, 2010, page 91)
  2. (Par extension) Partie inférieure de cette construction qui lui sert d’encadrement en avançant dans une pièce.
    • Jetant un coup d’œil sur la pendule de la cheminée […], j’eus le plaisir de voir que j’avais encore vingt minutes à moi. — (Edgar Poe, L’Ange du bizarre, dans Histoires grotesques et sérieuses, traduction de Charles Baudelaire)
    • Rétoil, qui est marbrier au cimetière de Volvic et nous a promis à chacun sa meilleure inscription, grave en attendant dans le marbre de la cheminée […] — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Il n’y a dans la chambre qu’une bougie allumée qui tremble sur la cheminée. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • La garniture d’andrinople rouge de la cheminée ondulait par instant […] — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Un livre à demi ouvert sur mes genoux croisés, je suis assis devant la cheminée, où flambe le premier feu de la saison. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
  3. (Par extension) Partie supérieure du conduit en maçonnerie qui domine le toit ; souche.
    • Les cheminées et les toits de chaume, à droite et à gauche de la route, dépassaient à peine les montagnes de neige […] — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
    • On n’entend plus que les cris des volailles et des porcs saignés ; les cheminées fument, tout Ramscapelle s’emplit de la joyeuse animation d’un marché oriental. — (Marguerite Baulu, La Bataille de l’Yser, Perrin & Cie, Paris, 1918, page 354)
    • Il put compter les petites cabanes des jardins, les unes ouvertes à tous vents, et que traversait, ce soir-là, le zéphir, les autres surmontées de cheminées immenses, ridicules, sur ce toit mesquin, avec leur bicorne de fer-blanc, comme un gendarme qui conduit une voiture à âne. — (Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 162)
  4. (Par analogie) Conduit d’évacuation des fumées.
    • D’ailleurs, Bakou possède des quartiers, qui sont bien russes de mœurs et d’aspect […] et au bout de ces rues, un port moderne, dont l’atmosphère s’encrasse des fumées de la houille, vomies par la cheminée des steamers. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • D’ailleurs, Bakou possède des quartiers, qui sont bien russes de mœurs et d’aspect […] et au bout de ces rues, un port moderne, dont l’atmosphère s’encrasse des fumées de la houille, vomies par la cheminée des steamers. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
  5. (Par analogie) (Cuisine) Petite ouverture sur le dessus d’une pâte d’une tourte pour permettre à la vapeur de s'échapper lors de la cuisson.
    • Terminer en réalisant une cheminée : prendre un triangle de papier cuisson, le rouler et le planter dans la tourte. — (Comment faire une tourte, www.atelierdeschefs.fr)
  6. (Figuré) (Alpinisme) Couloir étroit plus ou moins vertical (fissure large, dièdre) permettant l’insertion du corps du grimpeur et l’usage de techniques particulières.
    • Cheminée aux parois lisses que l’alpiniste doit monter à la manière des ramoneurs, en s’aidant des reins et des genoux. — (Georges Casella, L’alpinisme, 1913)
  7. (Vieilli) Partie d’un fusil à percussion où se mettait la capsule et qui communiquait le feu à la charge.
  8. (Par analogie) (Organologie) Partie du clétage de certains instruments à vents solidaire du corps, servant à faire la jointure entre les tampons plats des clapets et le corps arrondi au niveau des trous.
    • Cette flûte a des cheminées soudées.
  9. (Industrie minière) Conduit plus ou moins vertical servant à l’aération ou au transport de matériaux, personnels, etc.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CHEMINÉE. n. f.
Construction abritant un âtre, où l'on fait du feu, et comportant un conduit pour donner issue à la fumée. Cheminée étroite, large. L'âtre, le foyer d'une cheminée. Tuyau de cheminée. Le coin de la cheminée. Cheminée qui fume. Le feu prit à la cheminée. Cheminée prussienne, Sorte de poêle qui s'adapte à la cheminée. Il désigne aussi la Partie inférieure de la Cheminée qui lui sert d'encadrement en avançant dans une pièce. Cheminée de pierre, de marbre. Manteau de cheminée. Chambranle de cheminée. Mettre une pendule et des vases sur une cheminée. Il signifie encore Partie supérieure du conduit en maçonnerie qui domine le toit. Il fit un grand vent qui abattit plusieurs cheminées. On dit par analogie La cheminée d'une machine à vapeur, d'une locomotive. Cheminée d'usine, Tuyau en maçonnerie qui surmonte un four ou un foyer d'usine. Fig. et fam., Faire un acte, un arrangement, une affaire sous le manteau de la cheminée. Voyez MANTEAU. Prov. et pop., Il faut faire une croix à la cheminée, se dit quand on voit se passer quelque chose d'extraordinaire. Il se disait aussi de la Partie d'un fusil à percussion où se mettait la capsule et qui communiquait le feu à la charge.

Littré (1872-1877)

CHEMINÉE (che-mi-née) s. f.
  • 1Endroit dans une chambre, disposé pour servir de foyer et communiquant avec le dehors par un tuyau qui donne issue à la fumée. Le foyer d'une cheminée. Un feu de cheminée. Cette cheminée fume. Ramoner la cheminée.

    La partie inférieure et antérieure de la cheminée, celle qui est dans la chambre. Cheminée de marbre. Chambranle de cheminée.

    La partie supérieure et extérieure, celle qui domine le toit. Il fit un grand vent qui abattit plusieurs cheminées.

    Cheminée en hotte, celle dont le manteau fort large par le bas et en figure pyramidale est porté en saillie par des corbeaux de pierre.

    Cheminée de cuisine, celle qui est avec hotte seulement, et le plus souvent sans jambage.

    Cheminée à la prussienne, sorte de cheminée en tôle, qui s'adapte à une cheminée ordinaire et se termine par une espèce de tuyau de poêle caché dans le conduit de la cheminée.

    Cheminée à la Rumford, cheminée dans laquelle on construit en briques des plans verticaux qui convergent en se rapprochant du fond de la cheminée, et sont coupés par un plan incliné à l'horizon, qui, partant du manteau, s'abaisse aussi vers le fond de manière à diminuer l'espace ordinairement laissé à l'entrée de l'air dans le tuyau, ce qui active le tirage.

    Cheminée à la Lommond, celle où le foyer est enveloppé de tuyaux ou conduits par où passe l'air pris au dehors, lequel s'échauffe et vient se verser dans la chambre par une bouche de chaleur.

    Fig. et familièrement. C'est une cheminée qui me tombe sur la tête, c'est un accident imprévu. Tant de cheminées qui, pour ainsi dire, m'étaient tombées sur la tête en allant mon chemin, Saint-Simon, 237, 156.

    Fig. Il faut faire une croix, ou il faut faire la croix à la cheminée, se dit à l'occasion d'un fait qui ne se produit que très rarement, ou en voyant paraître une personne dans une maison où il y avait longtemps qu'elle n'était venue. Voyez cet avare, il se met en frais ; il faut faire une croix à la cheminée.

    Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre au-dessus du foyer.

    Fig. Sous la cheminée, sous le manteau de la cheminée, secrètement et sans suivre les formes ordinaires, locutions prises des grandes cheminées sous lesquelles ou sous le manteau desquelles on pouvait se mettre pour causer. Chamillart fit faire la Feuillade maréchal de camp sous la cheminée, Saint-Simon, 104, 109. Ces lettres ne pouvaient passer pour contradictoires et pour juger, sans entendre les parties, un procès pendant entre elles, et un procès de telle qualité et entre de telles parties, sous la cheminée, Saint-Simon, 18, 209.

    Mariage fait sous la cheminée, mariage secret et sans les formalités ordinaires. On a dit dans le même sens : un arrêt sous la cheminée.

  • 2Tube de verre qui entoure la lumière d'un quinquet, d'une lampe, et par où passe la fumée.

    Terme d'arquebusier. Cheminée d'un fusil, la partie de la batterie d'un fusil à piston où se met la capsule.

  • 3 Terme de marine. Trou carré par où passe un mât de hune.
  • 4Petit vide dans une pièce de métal fondu.

    Trou d'une fosse d'aisances. Ouverture pour le travail des vidangeurs.

    Tuyau de plomb ouvert aux deux bouts dans un orgue.

HISTORIQUE

XIIIe s. Mainte tour, mainte sale et mainte cheminée, Berte, LXXXII. Une tor Roonde come keminée, Fl. et Bl. 1811. Buches à charretées Por faire feu en cheminées, la Rose, 17874. Les iaues en sont en soufrées, Tenebreuses, mal savorées, Comme cheminées fumans, ib. 6049.

XIVe s. Et qu'il faisoit la char rostir à cheminée, Guesclin. 918. La cheminée estoit houssée comme en esté de fraillons ou de aucune chose vert, De Laborde, Émaux, p. 211. Trois choses sont qui chassent le preudomme hors de sa maison, c'est assavoir maison descouverte, cheminée fumeuse et femme rioteuse, Ménagier, I, 7.

XVe s. En ces galeries a une cheminée où on fait par usage feu quand le comte y sejourne,…, Froissart, II, III, 10. Quant la dame veit que le chevalier n'estoit encore levé, cela dist à sa niepce et aux damoyselles qui les suyvoient : parlons coyement pour ce chevalier qui dort. Et certes, madame, dist la pucelle, c'est bien raison pour ung tel chevalier de cheminée ; il deust jà avoir chevauché trois ou quatre lieues pour trouver aucune adventure où il peust exaucer son nom, Perceforest, t. V, f° 18.

XVIe s. Par cas c'estoit en esté, où l'on avoit mis des branches et feuilles dans la cheminée, ainsi qu'est la coustume de France, De Laborde, Émaux, p. 211. Nouvelle cheminée est bientost enfumée, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 163. En petite cheminée fait on bien grand feu, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CHEMINÉE.
5Au théâtre, la cheminée, sorte de tuyau, de puits, où passent les cordages supportant les contre-poids nécessaires aux manœuvres des décors.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

CHEMINÉE, s. f. terme d’Architecture, du Latin caminus, fait du Grec καμινος, qui a la même signification. On entend sous ce nom une des parties principales de la piece d’un appartement, dans lequel on fait du feu, laquelle est composée d’un foyer, de deux jambages, d’un contre-cœur, d’un manteau, & d’un tuyau. Voy. Foyer, Jambages, Contre-cœur, Manteau, & Tuyau Anciennement les cheminées se faisoient fort grandes ; aujourd’hui, avec plus de raison, on les proportionne au diametre des pieces. Nous ne parlerons point de celles des cuisines & offices, ni de celles pratiquées dans les étages en galetas, celles-ci n’exigeant aucunes décorations, & leur situation étant assez indifférente. A l’égard de celles placées dans les appartemens d’une maison de quelque importance, leur situation, leur construction, & leur décoration demandent une étude particuliere.

La situation d’une cheminée consiste dans la nécessité de la placer toûjours dans le milieu d’une piece, soit sur sa longueur, soit sur sa largeur ; de maniere que dans la face qui lui est opposée, l’on puisse placer quelqu’autre partie essentielle de la décoration, telle qu’un trumeau de glace, une porte ou une croisée. Sa situation dépend encore de la placer de préférence plûtôt sur le mur de refend qui est opposé à la principale entrée, que sur celui où cette porte est percée ; & si par quelque cas indispensable on ne peut éviter de la placer de cette derniere maniere, du moins faut-il observer un dosseret de deux piés entre le chambranle de cette même porte & l’un des jambages de la cheminée. Quelquefois l’on place les cheminées dans des pans coupés ; mais cette situation n’est convenable que pour de petites pieces, & ne peut raisonnablement être admise dans la décoration d’un appartement principal. Il arrive assez souvent que la nécessité oblige de situer les cheminées en face des croisées ; mais cette maniere a son desavantage, parce que les personnes qui sont rangées autour du foyer ne reçoivent la lumiere que par reflet : néanmoins cette situation peut être de quelqu’utilité dans un cabinet consacré à l’étude, & doit être préférée à tous égards à la nécessité de les placer dans les murs de face, lorsqu’absolument il n’est pas possible de les pratiquer dans les autres murs de refend.

La construction des cheminées consiste aujourd’hui dans l’art de dévoyer leurs tuyaux dans l’épaisseur des murs, de maniere que sans nuire à la solidité de ces mêmes murs, les languettes (voy. Languettes) & les faux manteaux de cheminée ne nuisent point à la symmétrie des pieces. Anciennement on se contentoit d’élever les tuyaux de cheminée perpendiculairement, & de les adosser les uns devant les autres à chaque étage ; mais on a reconnu qu’il en résultoit deux abus : le premier, que ces tuyaux élevés perpendiculairement étoient plus sujets à fumer que ceux qui sont inclinés sur leur élévation : le second, que ces tuyaux ainsi adossés les uns sur les autres, non-seulement chargeoient considérablement les planchers, mais aussi diminuoient insensiblement le diametre des pieces des étages supérieurs : aujourd’hui qu’il semble que l’art soit parvenu à surmonter toutes les difficultés, l’on dévoie d’une part les tuyaux sur leur élévation sans altérer la construction ; & de l’autre, quand le cas le requiert, on les incline sur leur plan : ce qui parossoit impossible il y a vingt ans. Une partie essentielle de leur construction consiste encore à donner au foyer une profondeur convenable, qui doit être au moins de dix-huit pouces & au plus de vingt-quatre ; car en leur en donnant moins, elles sont sujettes à fumer ; & en leur en donnant davantage, la chaleur est sujette à s’exhaler par le tuyau. La meilleure construction des cheminées, quant à la matiere, est de faire usage de la brique posée de plat, bien jointoyée de plâtre, & garnie de fantons, à moins qu’on ne puisse les construire de pierre de taille, ainsi qu’on le pratique dans nos maisons royales, édifices publics, &c. en observant néanmoins de ne jamais les dévoyer dans les murs mitoyens.

La décoration des cheminées est devenue une partie importante pour l’ornement des pieces, principalement depuis cinquante ans, que les glaces ont pris la place des bas-reliefs de sculpture & des membres d’architecture de plâtre, de marbre, ou de stuc qui les décoroient auparavant. M. Decotte, premier architecte du roi, est celui à qui l’on doit l’usage des glaces sur les cheminées. D’abord on se révolta contre cette nouveauté ; on eut peine à s’accoûtumer à voir un vuide que les glaces représentent sur une partie qui ne pourroit se soutenir sans être un corps opaque & d’une solidité réelle : mais enfin la mode a prévalu au point que la plus grande beauté de la décoration d’une cheminée consiste aujourd’hui, selon quelques-uns, dans la grandeur des glaces. Il n’en est pas moins vrai cependant que les bordures qui les environnent, que les parties qui les couronnent, & les pilastres qui les accompagnent & qui occupent ce qu’on appelle le manteau de la cheminée, doivent être d’une proportion & d’une richesse relative à l’ordonnance qui préside dans la décoration de la piece en général : l’on doit même observer que les glaces qui représentent un vuide, comme nous venons de le remarquer, soient d’une hauteur & d’une largeur proportionnée à l’élégance qu’on aura dû affecter dans la baie ou vuide des portes & des croisées. Il faut encore faire attention que la largeur du manteau & sa hauteur, soient d’une proportion relative à celle des panneaux qui revêtissent la surface des murs de la piece, lorsqu’elle est lambrissée.

À l’égard du chambranle de ces cheminées, dont la matiere doit être de marbre ou de pierre de liais, leur largeur entre deux jambages dépend, comme nous l’avons déjà dit, du diametre des pieces ; mais il faut faire ensorte que cette largeur égale celle du manteau de la cheminée, de maniere que l’épaisseur de ces jambages fasse retraite de chaque côté ; afin que la tablette qui couronne ce chambranle, forme des retours dans ses deux extrémités égaux à sa saillie sur le devant, afin qu’il paroisse servir de soûbassement à la partie supérieure. La hauteur de ces chambranles dépend de l’usage des pieces. Dans les galeries, dans les salons, & grandes salles d’assemblée, où la largeur des foyers est au moins de six ou sept piés, & où l’on fait un feu extraordinaire, il faut leur donner de hauteur depuis cinq jusqu’à six piés ; mais dans les appartemens de sociéte (voyez Appartement), où les plus grandes cheminées ne doivent pas surpasser quatre piés & demi ou cinq piés de largeur, il faut réduire leur hauteur à trois piés & demi ou trois piés huit pouces, afin que ceux qui forment cercle autour du foyer y étant assis, puissent se voir dans les glaces & y remarquer ce qui se passe. Voyez dans les Planc. d’Architecture, la décoration d’une cheminée faisant partie de celle du salon. (P)

Cheminée. (Hist. anc.) On demande si les anciens avoient des cheminées dans leurs chambres, & s’ils y faisoient du feu pendant l’hyver. Plusieurs modernes le nient ; & M. Perrault pense que si les anciens avoient des cheminées, elles étoient fort rares, par la raison que Vitruve n’a point expliqué la maniere dont on devoit les construire, quoique leur construction méritât bien qu’il y donnât ses soins & son attache.

Mais l’on ne peut douter par une foule d’autorités incontestables, que les anciens n’eussent des cheminées, & en grand nombre. Appian Alexandrin, racontant (liv. IV. des guerr. civ.) de quelle maniere se cachoient ceux qui étoient proscrits par les triumvirs, dit que les uns descendoient dans des puits ou des cloaques, que les autres se cachoient sur les toits & dans les cheminées : il croit que le mot Grec χαπνώδεις ύπώροφιας, sumaria sub tecto posita, ne peut s’expliquer autrement ; & cela est très-vrai. De plus, Aristophane dans une de ses comédies, introduit le vieillard Polycléon enfermé dans une chambre, d’où il tâche de se sauver par la cheminée. Virgile dit aussi :

Et jam summa procul villarum culmina fumant :

« Et déjà l’on voit de loin la fumée des bourgades, des maisons de campagne, des villages, s’élever du haut des toits ».

Il paroît donc certain que les anciens avoient des cheminées, comme l’a prouvé par plusieurs autres passages Octavio Ferrari, ce savant Italien, qui fut tout-à-la-fois honoré des bienfaits de la république de Venise, de Louis XIV. & de la reine Christine ; mais faute de plans & de description des cheminées des anciens, nous n’en avons qu’une légere connoissance. Nous savons cependant qu’elles n’étoient pas faites comme les nôtres, qu’elles étoient construites au milieu de la chambre, qu’elles n’avoient ni tuyau ni manteau, & qu’il y avoit seulement au haut de la chambre & au milieu du toit, une ouverture pour la fumée, laquelle sortoit d’ordinaire par cette ouverture : c’est pourquoi Horace dit : (ode xj. l. IV.)

Sordidum flammæ trepidant volantes
             Vertice fumum.

« Le feu pétille dans ma cuisine, & fait rouler en l’air de gros tourbillons de fumée ».

Et dans un autre endroit : (ode ij. lib. V.)

Positosque vernas, ditis examen domus
        Circum renidentes lares.

« Quel plaisir de voir autour d’un foyer bien propre une troupe de valets, dont le grand nombre marque la richesse de la maison » !

Ailleurs il conseille à son ami de mettre force bois dans le foyer pour chasser le froid :

Dissolve frigus, ligna super foco
Large reponens.

Tous ces passages confirment encore l’existence des cheminées parmi les anciens, mais ils montrent aussi que leur luxe ne s’étoit pas tourné de ce côté-là. Peut-être que l’usage des étuves a fait naturellement négliger chez les anciens cette partie du bâtiment, que nous avons assujettie à des proportions symmétriques & décorées, en même tems que le froid de notre climat nous a contraint de multiplier le nombre des cheminées, & de rechercher les moyens d’augmenter les effets du feu, quoique par habitude ou par nécessité nous ne mettions pas toûjours ces moyens en pratique.

En effet, il est certain que la disposition des jambages paralleles, & la hotte inclinée des cheminées ordinaires, ne tendent pas à refléchir la chaleur. La méchanique apprend que des jambages en lignes paraboliques, & la situation horisontale du dessous de la tablette d’une cheminée, sont les plus propres à répandre la chaleur dans les chambres. C’est ce qu’a prouvé M. Gauger dans un ouvrage intitulé la Méchanique du feu, imprimé pour la premiere fois à Paris en 1713, in-12.

Mais nos cheminées par leur multiplication & la forme de leur construction, ont un inconvénient très-commun & très-incommode, c’est celui de fumer.

Pour obvier à cette incommodité, on a employé plusieurs inventions, comme les éolipiles de Vitruve, les soûpiraux de Cardan, les moulinets à vent de Jean Bernard, les chapiteaux de Sebastien Serlio, les tabourins & les giroüettes de Paduanus, & plusieurs artifices de Philibert de Lorme : mais tous ces moyens sont fautifs. Il est de plus souvent nécessaire pour remédier à la fumée, de rendre les cheminées plus profondes, d’en abaisser le manteau, de changer le tuyau de communication, de faire des soûpapes, & principalement de diversifier les remedes suivant la position des lieux, & les causes de la fumée ; cependant on employe d’ordinaire à cette besogne des ouvriers qui n’ont en partage qu’une routine aveugle. Cet art seroit uniquement du ressort d’Architectes éclairés par les lumieres de la Physique, & ils ne s’en mêlent guere.

L’auteur ancien qui en a le mieux raisonné, est M. Savot, dans son livre d’Architecture Françoise des bâtimens particuliers, imprimé d’abord en 1624, ensuite en 1673, & en 1683, avec les notes de M. Blondel. Consultez aussi les mémoires critiques d’Architecture de M. Fremin, mis au jour à Paris en 1702, in-12. & autres modernes, comme M. Brizeux. Article de M. le chevalier de Jaucourt.

Cheminée, (Lutherie.) on appelle ainsi dans les orgues un petit tuyau de plomb ouvert par les deux bouts, soudé sur la plaque percée qui ferme un autre tuyau. Voyez la figure XXXII. Planc. d’Orgue. C’est un tuyau à cheminée complet, 4 la plaque percée soudée à sa partie supérieure, 2 la cheminée qui doit être soudée sur l’ouverture de la plaque.

Tous les tuyaux à cheminée doivent avoir des oreilles aux deux côtés de leur bouche, pour les pouvoir accorder.

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Étymologie de « cheminée »

Ital. caminata, camminata ; bas-lat. camminata dans un texte de l'an 584 ; d'un participe caminatus, garni d'un foyer, caminus.

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(1170) Sous-entendant camera, du latin caminata : « salle pourvue d’une cheminée » puis « cheminée », dérivé de camīnus (« fourneau, cheminée »).
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Phonétique du mot « cheminée »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
cheminée ʃœmɛ̃e

Évolution historique de l’usage du mot « cheminée »

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Citations contenant le mot « cheminée »

  • Un soldat en temps de paix est comme une cheminée en été. De William Cecil Burleigh
  • Le salaire de l'ouvrier entre par la porte et sort par la cheminée. De Proverbe espagnol
  • L'homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée. De Paul Valéry / Tel quel
  • Cette cuisine est un monde dont la cheminée est le soleil. De Victor Hugo / Le Rhin
  • Qu'importe que la cheminée soit de travers, si la fumée est droite. De Proverbe turc
  • Quand le voleur pactise avec le serviteur de la maison, il peut faire sortir un boeuf par la cheminée. De Proverbe kurde
  • Quand la cheminée flambe, c’est signe que le poêle tire bien. De Proverbe québécois
  • Le feu de la cheminée, ce petit théâtre où les flammes gesticulent comme des acteurs affairés. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Si Dieu avait prévu le nez des Hommes comme cheminée, il aurait mis les trous vers le haut. De George W. Carver
  • J'avais mis mes souliers devant la cheminée, le père Noël m'a apporté des pieds. De Philippe Geluck / Le Chat
  • Lorsque mes enfants mettent leurs petits souliers devant la cheminée, Saint Nicolas leur dépose toujours des semelles anti-odeur dedans. De Philippe Geluck / Le docteur G. fait le point
  • Boa : Le boa est un serpent qu’on coupe en morceaux, puis qu’on fait sécher pour faire de bons feux de cheminées pendant l’hiver. De Pef / Dictionnaire des mots tordus
  • Ne pourrait-on pas fixer la Saint-Sylvestre au 15 août, afin que le père Noël évolue enfin dans des cheminées éteintes ? De Philippe Bouvard / Les Pensées
  • Retournez, retournez à l'infini, lui seul est assez grand pour l'homme. Ni chemin de fer, ni longue cheminée à vapeur, ni aucune autre invention n'agrandiront la terre d'un pouce. De Henri Lacordaire / Quarante-cinquième conférence de Notre-Dame
  • Fermez les portes sur l'esprit de la femme et il s'échappera par la fenêtre ; fermez la fenêtre et il s'échappera par le trou de la serrure ; bouchez la serrure et il s'envolera avec la fumée par la cheminée. De William Shakespeare / Comme Il vous plaira
  • - un grand bureau de prestige de 29 m²avec parquet moulures, cheminée, grand placard intégré donnant sur un petit balcon et une grande cour aborée, lumineuse et sur la galerie d'entrée du cabinet à 2200 € H.T./mois Conseil national des barreaux, Mise à disposition de 5 bureaux dans un cabinet d'avocats | Conseil national des barreaux
  • Un bébé âgé d'un mois a été grièvement brûlé à Amnéville après l'explosion d'une cheminée de table.Ces appareils, qui fonctionnement généralement à l'éthanol, diffusent une légère chaleur. France Bleu, Amnéville : un bébé grièvement brûlé par une cheminée de table
  • Belle adresse, immeuble de standing, vastes parties communes ( le cabinet fait 360 m² au total) , belle hauteur sous plafond, parquet, moulures et cheminées Conseil national des barreaux, Mise à disposition beau bureau de prestige de 26 m² | Conseil national des barreaux
  • La rue du Général-Mangin, à Villers-Cotterêts, est actuellement coupée à la circulation depuis ce vendredi 5 juin en début d’après-midi, à la suite de chutes de pierre sur la chaussée. Des morceaux d’une cheminée ont même fini leur course sur une voiture stationnée, sans faire de blessé. Les sapeurs-pompiers se chargent d’enlever les pierres instables sur ladite cheminée, avant de rétablir la circulation. Journal L'Union, Des morceaux de cheminée tombent sur une voiture à Villers-Cotterêts
  • Marché mondial Conduit de cheminée qui permet au consommateur d’évaluer la demande à long terme et d’estimer des implémentations particulières. La croissance croissante qui est vraiment attendue en fonction de l’analyse donne des informations complètes sur le marché mondial Conduit de cheminée. Les moteurs et les contraintes se préparent après toute la prise de conscience de la croissance de l’industrie mondiale Conduit de cheminée. boursomaniac, Le marché des conduits de fumée se développe rapidement en Amérique du Nord, en Europe, en Asie-Pacifique, en Amérique latine et au Moyen-Orient et en Afrique - boursomaniac
  • Les membres de la "Marmotte en quête des saveurs" se sont retrouvés mercredi 24 juin pour clôturer la saison après de longues semaines de confinement. En effet, de nombreuses séances ont été annulées et c’est avec un immense plaisir que la majorité d’entre eux ont choisi de terminer la saison sur l’Aubrac au buron de la Placette, chez la famille de Francis Chassaly. Un lieu idyllique qui a permis de respecter les consignes sanitaires. Au départ de St-Geniez-d’Olt, ils se sont répartis dans des véhicules 4X4 et à la croix des Vergnes, ils ont emprunté des drailles et des pâturages pour atteindre le buron où une étonnante surprise les attendait, une quarantaine d’énormes vautours tournoyaient. Après avoir déchargé les véhicules, certains finissaient la préparation du repas et d’autres installaient la table à l’extérieur. Après plusieurs tentatives pour trouver l’endroit idéal du barbecue, car le vent s’était levé, d’un commun accord le feu a été allumé dans la cheminée du buron. centrepresseaveyron.fr, Un bon repas de fin de saison au buron pour la "Marmotte en quête de saveurs" - centrepresseaveyron.fr
  • Tous ceux qui ont mangé, ne serait-ce qu’une fois, à La Chaumière, à Brest, gardent forcément en tête le souvenir de Juliette Botquelen. Toujours impeccable, tirée à quatre épingles derrière le guéridon jouxtant l’immense cheminée du restaurant, elle a orchestré durant six décennies chaque service de l’enseigne située au 25, de la rue Emile-Zola, avec sérieux et fermeté. Le Telegramme, La Chaumière : « Juju » Botquelen n’est plus - Brest - Le Télégramme

Images d'illustration du mot « cheminée »

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Traductions du mot « cheminée »

Langue Traduction
Anglais fireplace
Espagnol chimenea
Italien camino
Allemand kamin
Portugais lareira
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Synonymes de « cheminée »

Source : synonymes de cheminée sur lebonsynonyme.fr

Cheminée

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