La langue française

Bernanosienne

Phonétique du mot « bernanosienne »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bernanosienne bɛrnanɔsjɛ̃n

Évolution historique de l’usage du mot « bernanosienne »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « bernanosienne »

  • 1Deux grandes tendances semblent se partager la critique bernanosienne. D’un côté, une critique que nous dirons « théologique » ou « idéologique », qui s’intéresse aux aspects doctrinaux de l’œuvre de Bernanos ; étudiant les contenus religieux qui s’y laissent lire, elle est thématique ou biographique. Urs von Balthasar1 a fourni un travail remarquable à cet égard, extrêmement précieux, par son érudition, pour le chercheur, et ouvrant une voie qui a été suivie depuis par bien d’autres2. Une autre tendance, dans la lignée des postulations de la nouvelle critique, propose une lecture « formaliste », repérant les structures et les motifs à l’œuvre dans la fabrique du roman bernanosien. Citons, par exemple, le travail de Michel Guiomar3 ou de Brian T. Fitch4. Cette mise en valeur de la littérarité de l’œuvre de Bernanos rend justice aux déclarations du romancier sur le style, sur la langue, mais aussi à l’audace formelle évidente d’un roman comme Monsieur Ouine, par exemple — ce que néglige une critique strictement idéologique. Mais s’intéresser à la forme pour elle‑même, c’est encore trahir les intentions profondes du romancier Bernanos, pour qui la littérature ne saurait en aucun cas être gratuite — pour qui l’unique justification de la littérature est d’être placée au service de Dieu. , Bernanos ou la « Parole incarnée » (Acta Fabula)
  • 7Pierre Gille nous invite au rendez-vous entre la fiction bernanosienne et de l’Histoire ; substance du récit, le rapport du roman à l’Histoire révèle aussi le lien étroit entre la production romanesque et l’œuvre polémique de Bernanos. Rendez-vous très surprenant : celui de Monsieur Ouine et d’Adolf Hitler, le personnage historique, repris, pensé, très souvent évoqué par le romancier dans ses écrits de combat, notamment Les Enfants humiliés. Bernanos articule donc les plans de la fiction et de la réalité et d’autre part le plan du personnage du roman et celui du personnage réel fruit de l’imaginaire polémique, un personnage qui reçoit, comme Ouine le titre de Monsieur. Hérésie sur laquelle Gille établit cette étude, qu’il justifie par l’existence du personnage (ou des personnages historiques) lui-même, qui est bien réel aux yeux de Bernanos, mais que sa vision métamorphose aussitôt en créature de fiction. Et en même temps que le personnage historique, Monsieur Ouine est convoqué par le roman au grand rendez-vous de la Deuxième Guerre Mondiale : tous deux, comme représentants de l’ensemble des illusions et des mensonges d’une époque, comparaissent  finalement au tribunal du réel. Perspective qui permettrait de jeter quelque lumière nouvelle sur le personnage, le livre, et notamment sur leur double genèse, tous les deux abandonnés à partir de 1936, et fini en mai 1940, c’est-à-dire à la veille de l’écrasement des armées françaises par les armées allemandes.                                                                                                                                           , Retour vers Monsieur Ouine (Acta Fabula)
  • 4Mais si l’écriture bernanosienne de l’abandon peut être dite profondément moderne, c’est enfin et surtout en tant qu’elle a force de proposition pour la modernité. En exhaussant la faiblesse en vertu efficace, tout d’abord, le roman constitue une réponse adaptée à la spécificité d’une époque où l’homme, dans son désarroi, ne se croit plus capable d’agir contre le mal. Mais aussi, le cadre référentiel de l’abandon carmélitain permet une conception large de l’expérience mystique, non confessante et ouverte aux athées, qui, par leur expérience parfois révoltée de l’absence de Dieu, participent, même à leur insu, à l’abandon rédempteur. Le point de départ de l’expérience mystique, « toujours d’abord entée sur un sentiment d’abandon de Dieu », est le même que celui de l’expérience athée, « toujours également enracinée dans un sentiment d’abandon de la transcendance » (p. 52). C’est bien conscient de cette profonde similitude que Bernanos propose, dans ses romans, une « nouvelle expérience littéraire, proprement empathique et capable de saisir les craintes du monde moderne à la lumière de la tradition carmélitaine » (p. 52). , Romans de l’abandon, pour un monde moderne abandonné (Acta Fabula)
  • César du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Maurice Pialat, du meilleur acteur pour Gérard Depardieu et de la meilleur actrice pour Sandrine Bonnaire, ce film est un chef d’oeuvre français. Inspiré du livre de Bernanos, il raconte l’histoire de la jeune Mouchette qui vient de tuer son amant. Elle se confie alors à l’abbé Donissan, curé du village. Une relation étrange se noue entre eux, avec toute la puissance de la profondeur bernanosienne, qui n’a pas son pareil pour sonder les âmes, pour décrire la grâce et le mal. Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Douze films à (re)voir pendant la période de confinement
  • 2Spécialiste de littérature française, l’universitaire espagnole qui signe cette étude s’affronte avec courage à une double polémique : le contenu idéologique de l’œuvre bernanosienne et le discours sur la guerre civile espagnole, thématique toujours sensible pour le lecteur espagnol d’aujourd’hui qui, malgré une volonté gouvernementale de réhabilitation de la mémoire historique, apprend non sans peine à briser les tabous et à sortir du pacte du silence imposé d’abord par des années de plomb de dictature franquiste puis entretenu pendant les années de transition démocratique par crainte de raviver des blessures non cicatrisées ou des haines inextinguibles. C’est dans ce contexte marqué par le souci de la vérité historique que Magdalena Padilla García publie cet essai consacré au texte pamphlétaire de Georges Bernanos qui assiste sur l’île de Majorque au début de la guerre civile espagnole. La description de la violence, de l’horreur et de la cruauté qui vont déchirer l’Espagne pendant trois années de guerre civile, et au-delà par l’instauration d’une dictature de plus de trente-cinq ans, prend sous la plume de l’écrivain français une dimension prémonitoire. La guerre d’Espagne est en effet pour lui le prélude à la tragédie universelle du vingtième siècle qui trouve dans son écriture une résonnance à la fois autobiographique et idéologique. Mais ce qui est pour lui la crise morale d’une humanité assujettie à la modernité annonce déjà la meurtrissure du conflit mondial à venir. Ainsi, lorsqu’il écrit : « La tragédie espagnole, préfiguration de la tragédie universelle, fait éclater à l’évidence la misérable condition de l’homme de bonne volonté dans la société moderne qui l’élimine peu à peu, ainsi qu’un sous-produit inutilisable. »1, il révèle une lucidité résolument moderne, dans la mesure où elle est extrêmement attentive au présent, qui se situe au cœur de ses préoccupations littéraires. , Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos : témoignage d’un homme libre ou imposture ? (Acta Fabula)

Traductions du mot « bernanosienne »

Langue Traduction
Anglais bernanosian
Espagnol bernanosiano
Italien bernanos
Allemand bernanosian
Chinois 伯纳诺斯人
Arabe برنانوسيان
Portugais bernanosian
Russe bernanosian
Japonais ベルナノシアン
Basque bernanosian
Corse bernanosianu
Source : Google Translate API

Bernanosienne

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