La langue française

Bénit

Sommaire

  • Définitions du mot bénit
  • Phonétique de « bénit »
  • Évolution historique de l’usage du mot « bénit »
  • Citations contenant le mot « bénit »
  • Traductions du mot « bénit »
  • Synonymes de « bénit »
  • Antonymes de « bénit »

Définitions du mot bénit

Trésor de la Langue Française informatisé

BÉNI, BÉNIE, BÉNIT, BÉNITE, part. passé, adj. et subst.

I.− Béni, ie
A.− Part. passé de bénir*.
B.− Emploi adj.
1. Sur qui s'exerce la protection de Dieu, du sort, etc.
a) Rare. [Qualifie une pers. ou un groupe de pers.] Un peuple béni.
Emploi subst. :
1. L'humain mépris devrait frapper quiconque fait vagir la première concupiscence dans le cerveau ou dans les entrailles d'un instinctif, quiconque diminue le vénérable privilège qu'ont parfois ces bénis de mourir sans avoir vécu. Maurras, Le Chemin de Paradis,1894, p. XXII.
Rem. Cf. J. et J. Tharaud, Fez ou les Bourgeois de l'Islam, 1930, p. 276 : ,,Moulay Hassan (le béni, le doré que la bénédiction soit sur lui!)``.
Péj., p. iron., pop. Con béni(t), cul béni(t). Nigaud, sot :
2. − Le curé était pour Maloret, vous pensez bien, et tous les culs bénis à l'affilée. Aymé, La Jument verte,1933, p. 291.
b) P. ext., littér. [Qualifie un inanimé en relation avec la pers. hum. (objet, action, etc.)] Qui est comblé de bonheur. Maison bénie. ,,(Maison) où le bonheur règne`` (Vinc. 1910) :
3. Tout travail est sacré et béni. Michelet, Journal,1850, p. 125.
En partic. [En parlant d'un temps ou d'un lieu] Instants rares et bénis; jours graves mais bénis; été béni; lieu, paysage béni.
Rem. En raison de sa valeur affective, l'antéposition de l'adj. est possible : ,,Où en sommes-nous de ces bénis manuscrits?`` (E. de Guérin, Lettres, 1845, p. 471); ,,... au fond de leurs yeux, (...), nous voyions s'allumer le béni regard de Dieu`` (Teilhard de Chardin, Le Milieu divin, 1955, p. 74).
2. Qui est l'objet des louanges des hommes :
4. ... c'est nous qui forgeons, surhumains ouvriers, Tour à tour, la vieille âme humaine à notre image, Nous sommes les puissants exécrés ou bénis, Fronts nimbés d'auréole ou brûlés d'anathème. Samain, Le Chariot d'or,Symphonie héroïque, 1900, p. 203.
II.− Bénit, ite
A.− Part. passé de bénir*.
B.− Emploi adj.
1. [Qualifie un inanimé]
a) Qui a reçu la consécration du prêtre par les rites prescrits. Eau bénite, pain bénit; buis, rameau bénit; médaille bénite :
5. ... il [le curé] a beau tourner autour du cercueil, lui donner l'eau bénite et l'encens, n'importe! Il appelle le cadavre une dépouille, comme tu dirais une besace vide. Bernanos, Nouvelle histoire de Mouchette,1937, p. 1332.
Rem. Ex. unique d'emploi au plur. dans le sens de « flacons d'eau bénite » : ,,En quelle autre contrée trouverions-nous à vendre, (...), notre cire vierge, notre encens mâle, nos chapelets, nos scapulaires, nos eaux bénites et notre liqueur de Sainte-Orberose?`` (A. France, L'Île des pingouins, 1908, p. 204).
b) Loc. fig.
Eau bénite de cave. Vin (d'apr. Ch-.L. Carabelli, [Lang. pop.]) Eau bénite (de cour) (fam. ou pop.). Protestations de service, d'amitié vaines et hypocrites, flatteries. Donneur d'eau bénite (pop.). Flatteur :
6. [MmeParis]. − Allons! Allons! docteur, pas d'eau bénite. P. Vialar, La Chasse aux hommes,Les Brisées hautes, 1952, p. 107.
Vx. ,,On dit de celui qui se fait beaucoup prier pour faire quelque chose, qu'Il faut la croix et l'eau bénite pour vaincre sa résistance, c'est-à-dire, qu'on doit employer tous les moyens, toutes les ressources, parce qu'on jette de l'eau bénite sur la tombe de ceux qui viennent d'y descendre, dernière cérémonie après laquelle il ne reste plus rien à faire`` (Besch. 1845).
Avoir appétit de pain bénit. ,,Aimer le changement, quoique ce qu'on veut avoir ne vaille pas mieux que ce qu'on a`` (Besch. 1845). C'est pain bénit (fam.). C'est bien mérité :
7. Qu'ils fricassent en cent mille cuves remplies de morves et cancrelas! J'irai les touiller moi-même! Qu'ils macèrent! Qu'ils tourbillonnent sous les gangrènes! C'est pain bénit pour ces purulents! Céline, Mort à crédit,1936, p. 557.
Proverbe. Être réduit à la chandelle bénite. ,,Être à toute extrémité, avoir reçu l'extrême-onction`` (Lar. 19e-20e, Littré).
2. [Qualifie un animé]
a) Rare. Personne consacrée à Dieu. Abbesse bénite.
Emploi subst., fam. Bénit en faux-col :
8. Honoré traita son frère d'abruti, de fouille-au-train, de bénit en faux-col, de chieur d'encre, d'encorné, ... Aymé, La Jument verte,1933, p. 136.
b) P. méton., arg. Qui joue de bonheur, veinard, par suite du port d'une médaille bénite (d'apr. Esn. 1966, s.v. béni, ie). Il est toujours des bons, le mec, (...). Il est bénit (Blédort dansBruant1901).
Ventres bénits. ,,Bedeaux, sacristains et autres employés subalternes d'une église, parce qu'ils vivent de l'argent des fidèles, ou peut-être parce qu'ils consomment les pains bénits qui ne sont pas distribués aux fidèles`` (Lar. 19e).
PRONONC. ET ORTH. : [beni], fém. (de béni et de bénit, respectivement) [beni] et [benit]. Béni, ie et bénit, ite supposent un *benedīctu > a.fr. benëit > béni(t); v. p. oppos. benedĭctu > a.fr. benëeit > benoît et benêt (Fouché t. 2, 1958, p. 198). Béni, ie est la forme de la conjug. Dans bénit, ite, conservation, dans l'orth. et, dans la prononc., au fém., du t lat. (cf. fait, faite < factu; lit < lectu; etc.) (Bourc.-Bourc. 1967, § 152, II). Cette oppos. béni, ie/bénit, ite ne s'est fixée qu'au xixes. (Bl.-W.4).
STAT. − Fréq. abs. littér. : Béni. 1 333. Bénit. 320. Fréq. rel. littér. : Béni. xixes. : a) 2 411, b) 2 516; xxes. : a) 1 781, b) 1 191. Bénit. xixes. : a) 423, b) 523; xxes. : a) 657, b) 323.
BBG. − Grimaud (F.). Petit gloss. du jeu de boules. Vie Lang. 1968, p. 111.

Wiktionnaire

Adjectif

bénit masculin

  1. (Religion) Consacré au culte par des bénédictions.
    • […], sur deux chaises était posé un cercueil de bois blanc, à demi recouvert d’une nappe de toile écrue qu’ornaient seulement le crucifix de cuivre et le rameau de buis bénit. — (Octave Mirbeau, Le Père Nicolas, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
    • Autrefois on venait en pèlerinage chercher certaine huile bénite qu'on y distribuait et qui avait, disait-on, le privilège de rendre l'ouïe aux sourds. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895)
    • Elle avait brûlé deux cierges bénits, une douzaine de bougies et commencé une neuvaine, lorsqu’enfin le flux glaireux et nauséabond s'alentit, […]. — (Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 27)

Forme de verbe

bénit \be.ni\

  1. Participe passé au masculin singulier, uniquement employé au passif, du verbe bénir.
    • Le pain a été bénit par le prêtre.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe bénir.
    • Le prêtre s’agenouille devant la croix, puis bénit le pain et le vin.
  3. Troisième personne du singulier du passé simple du verbe bénir.
    • Il prit le pain, le bénit, le donna à ses disciples.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BÉNIR. v. tr.
Consacrer au culte, au service divin avec certaines cérémonies. Bénir une église, une chapelle. Bénir des ornements d'église, une pierre d'autel, des fonts, etc. Bénir un cierge. Bénir un abbé, une abbesse, Les installer dans leur dignité avec certaines cérémonies et en faisant sur eux certaines prières. C'est aux évêques de bénir les abbés et les abbesses. Bénir des époux, Consacrer leur union suivant le rite religieux. On dit de même Bénir un mariage. Bénir des armes, des drapeaux; bénir le lit nuptial, bénir la table, etc., Faire certaines prières pour attirer la grâce de Dieu sur des armes, sur des drapeaux, etc. Bénir le peuple, les assistants, etc., Faire sur eux le signe de la croix, en leur souhaitant la grâce divine. Le prélat bénissait les passants agenouillés. Le prêtre a béni l'assistance. Il se dit également en parlant de l'Acte religieux par lequel les pères et les mères appellent sur leurs enfants la protection céleste. Noé bénit Sem et Japhet et maudit Cham. Il a béni ses enfants avant de mourir. Il signifie aussi Louer, glorifier, remercier avec des sentiments de vénération et de reconnaissance. Bénir Dieu de la grâce qu'il nous a faite. Bénit soit Dieu. Le Ciel en soit béni. Bénissons le Seigneur. Bénissons la main qui nous a créés. Tout le monde vous bénit. On vous bénira, si vous faites cette bonne action. On dit de même Bénir la mémoire de quelqu'un. Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Choses qui rappellent quelque agréable souvenir, et généralement de Tout ce dont on a lieu de se féliciter. Je bénis le lieu, l'heure, le moment où je vous ai vu. Je bénis le hasard qui me fait vous rencontrer. Il signifie encore Combler de faveurs, faire prospérer; et, dans cette acception, il ne se dit que de Dieu. Dieu avait béni la race d'Abraham. Que Dieu bénisse vos armes! Le Seigneur bénira votre sainte entreprise, bénira vos efforts. Dieu bénit les nombreuses familles. Fam., Dieu vous bénisse, se dit à une Personne qui éternue. Il se dit encore ironiquement, en signe de mécontentement, à une Personne dont le discours ou la conduite nous fâche ou nous contrarie. Vous nous donnez là une belle nouvelle, Dieu vous bénisse! Vous avez fait là une chose bien adroite, Dieu vous bénisse! Ce verbe a deux participes passés. 1ø

BÉNIT, ITE, qui se dit de Certaines choses sur lesquelles la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites. Eau bénite. Pain bénit. Cierge bénit. Médaille bénite. Les drapeaux ont été bénits. Fig. et fam., De l'eau bénite de cour, De vaines protestations de service et d'amitié. Donner à quelqu'un de l'eau bénite de cour. On dit dans un sens analogue C'est un donneur d'eau bénite.

BÉNI, IE, qui a toutes les autres significations de son verbe et s'emploie surtout en parlant des Personnes. Un peuple béni de Dieu.

Littré (1872-1877)

BÉNIT (bé-ni, bé-ni-t' ou bé-ni, nie) part. passé

De ces deux participes, bénit s'emploie lorsqu'il s'agit de la bénédiction des prêtres ; béni, lorsqu'il s'agit de la bénédiction de Dieu ou des hommes.

  • 1Bénit se dit des choses ou des personnes sur lesquelles le prêtre a donné la bénédiction avec les cérémonies prescrites. Drapeaux bénits. Chandelles bénites. Pain bénit. Eau bénite. Mme de Fontevrault fut bénite hier [installée comme abbesse], Sévigné, 15. Il rendit le pain bénit d'une manière solennelle, Hamilton, Gramm. 11.

    Familièrement. C'est pain bénit, se dit à propos d'une personne qui a bien mérité ce qui lui arrive. Mais c'est pain bénit certe à des gens comme vous, Molière, Éc. des mar. I, 3.

    Fig. De l'eau bénite de cour, de vaines protestations de service.

  • 2Béni, qui a reçu la bénédiction de Dieu ou des hommes. Marie était bénie entre toutes les femmes. Enfant béni par son père. Ce roi est béni par son peuple. Béni soyez-vous, vous, mon père, qui justifiez ainsi les gens ! Pascal, Prov. 4. Que béni soit le ciel qui te rend à mes vœux, Racine, Esth. I, 1. Ce règne, qui commence à l'ombre des autels, Sera béni des Dieux et chéri des mortels, Voltaire, Olymp. I, 1.

REMARQUE

La différence entre béni et bénit est mise en lumière dans cette opposition : des armes qui ont été bénites par l'Église ne sont pas toujours bénies du ciel sur le champ de bataille. Mais cette distinction est toute récente ; et autrefois on employait indifféremment ces deux formes du participe, témoin ces exemples-ci : Dieu promit que toutes ces nations seraient bénites, Bossuet, Hist. II, 2. Dieu fait voir à ève son ennemi vaincu et lui montre cette semence bénite [Jésus-Christ] par laquelle…, Bossuet, ib. II, 1. Vous êtes bénite entre toutes les femmes, Bossuet, IV, Annonc. 1. Dans ces exemples, il faudrait béni, suivant l'usage actuel. Voltaire écrivait béni, là où l'on exige maintenant bénit : Pourvu qu'ils [les fermiers généraux] donnent beaucoup d'argent, quand ils rendent le pain béni, Dial. 21. Le fait est qu'il n'y a aucune distinction réelle entre les deux formes. L'ancien participe s'écrivait beneï ou beneït suivant les provinces ; dans le français moderne, le t aurait dû disparaître comme il a disparu de tous les participes en i ; mais il a été conservé par la locution eau bénite ; de là proviennent les deux formes, pour lesquelles les grammairiens ont cherché une distinction arbitraire. Le mieux aurait été de laisser les deux formes au libre usage de la parole et de l'écriture, sauf dans eau bénite, locution fixée et pour laquelle on ne peut jamais dire eau bénie.

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Phonétique du mot « bénit »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bénit beni

Évolution historique de l’usage du mot « bénit »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « bénit »

  • L'église ne bénit pas la guerre, mais elle bénit le glaive de ceux qui savent l'employer au bien. De Roger Lemelin / Les Plouffe
  • Dieu bénit l'homme non pour avoir trouvé, mais pour avoir cherché. De Victor Hugo
  • Le pape bénit d'abord sa barbe. De Proverbe grec antique
  • Objet: «Le folklore, du pain bénit pour la propagande nationaliste et régionaliste» Agence Bretagne Presse, Metz, le folklore, du pain bénit pour les falsificateurs ?
  • Du pain-bénit pour Moudenc : selon lui, l'extrême-gauche violente, qui, dit-il, a saccagé la ville et ses commerces lors des manifestations des Gilets Jaunes, se trouve aux portes du Capitole. Maurice le tance d'agiter les peurs et lui renvoie la présence sur sa liste d'un sympathisant de La Manif pour tous et d'un admirateur d'Eric Zemmour. lejdd.fr, Toulouse : l'écologiste Antoine Maurice veut ravir la mairie à Jean-Luc Moudenc
  • Condamné à quatre reprises pour des délits routiers, M. M. a souhaité diversifier son palmarès judiciaire au cours de la nuit du 28 au 29 mars 2018. En effet, alors qu’il se trouve à Férin, l’homme, âgé de 28 ans à l’époque inspecte une voiturette stationnée sur la voie publique. Les portières ne sont pas verrouillées, il pénètre dans l’habitacle où il dérobe l’autoradio et où il oublie son gant. Du pain bénit pour les enquêteurs qui ne manquent pas de relever son ADN. La Voix du Nord, Férin: le voleur oublie son gant dans le véhicule
  • Béni et bénit sont tous les deux issus du verbe latin benedicere “dire du bien”. Les premiers chrétiens reprennent le terme à leur compte pour désigner le fait de louer Dieu. Quand ce dernier est sujet, en revanche, bénir signifie “répandre ses bienfaits sur quelqu’un”. Une acception dont s’empareront les prêtres : lors de leurs bénédictions, ils appellent, à l’aide d’un rituel précis, la protection divine sur une personne ou une chose. Reforme.net, Le mot de la semaine : Béni(t) - Reforme.net

Traductions du mot « bénit »

Langue Traduction
Anglais blessed
Espagnol bendice
Italien benedetto
Allemand segne
Portugais abençoa
Source : Google Translate API

Synonymes de « bénit »

Source : synonymes de bénit sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « bénit »

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