Arrachée : définition de arrachée


Arrachée : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ARRACHER, verbe trans.

I.− Emploi trans.
A.− [Le suj. désigne gén. une pers., une manifestation de la pers., parfois une force naturelle ou mécanique; un obj. secondaire, la prép. à précise, quand il y a lieu, la pers. à qui on a enlevé qqc.] Arracher qqc. (à qqn).
1. [L'obj. désigne une chose concr.]
a) [Une plante qui tient au sol par ses racines ou ses tubercules, etc.] Déraciner, extraire du sol avec effort. Arracher les pommes de terre, arracher les vignes. Anton. planter :
1. Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties. Il regarda ce tas de plantes déracinées et déjà desséchées, et dit : − c'est mort. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 206.
2. D'autres fois, il s'apaisait dans son cher jardinage. Jardinage simple, sorte de bricolage horticole, qui consistait à arracher les mauvaises herbes, tailler les arbrisseaux, tondre la pelouse, tailler le bois. Toujours détruire, comme dans sa vie. Il est vrai que, lorsqu'on surprend au travail des jardiniers professionnels, ils sont toujours eux aussi en train de couper quelque chose. Montherlant, Les Célibataires,1934, p. 827.
P. métaph., emploi abs. :
3. Imitez le temps; il détruit tout avec lenteur; il mine, il use, il déracine, il détache et n'arrache pas. Joubert (Lar. 19e,1866).
Pop. En arracher. Avoir des difficultés.
b) P. anal. [Une partie du corps munie d'une racine ou de tout autre élément qui l'attache] Extraire avec effort de son logement naturel. Arracher une dent à qqn.
P. métaph. [La pers. à qui on arrache est un avare qui donne difficilement] Je lui ai arraché une dent (Ac.1835-1932).
Par euphémisme, vieilli. Arracher la vie à qqn. Le faire périr de mort violente (Ac. 1835-1932).
Détacher violemment. La machine lui a arraché un bras; arracher qqc. des mains de qqn.
Syntagmes (emplois métaph.)
Arracher le cœur à qqn. Lui causer une grande peine :
4. Son orgueil la cloua sur sa chaise. Elle voulut paraître calme, ne pas montrer au jeune homme, qui sifflait avec tranquillité, à quel point son départ lui arrachait le cœur. Zola, Madeleine Férat,1868, p. 41.
Arracher à qqn une épine du pied. Tirer (quelqu'un, soi-même) d'affaire, d'embarras.
Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez (Ac. 1798-1932). Il vaut mieux supporter un petit mal que d'y remédier par de grands moyens qui peuvent en causer un plus grand.
Vous lui arracheriez plutôt la vie (Ac. 1798-1932). Sous-entendu : que d'obtenir qu'il fasse telle chose qui lui inspire une répugnance extrême.
Arracher les yeux à qqn. Être à la vue de quelqu'un dans une irritation telle qu'on est capable d'en venir aux mains :
5. − Pauvre Gilbert, quel supplice, n'est-ce pas? Vous avez peur qu'on ne vous rencontre ainsi? Savez-vous que je ne suis pas rassurée non plus! Si l'une de vos belles connaissances nous voit, elle va m'arracher les yeux. Cette main qui s'appuyait sur le bras de Gilbert, ce corps que le hasard de la marche pressait parfois contre lui, et ces longues plaisanteries... quel énervement! Arland, L'Ordre,1929, p. 229.
Rem. Cette expr. s'emploie dans le même sens avec la tournure pronom. S'arracher les yeux (infra II A 2).
P. anal. Arracher le masque à qqn. Démystifier, faire connaître au grand jour les intentions de quelqu'un :
6. « − C'est faux! hurla Paulus, cette danseuse ment! J'arracherai son masque et le ferai connaître! ... » Bouilhet, Melaenis,Chant cinquième, 1857, p. 193.
Arracher à qqn le pain de la bouche. Lui enlever son gagne-pain.
c) P. ext. [L'obj. désigne une chose concr. fixée, attachée ou adhérant à qqc.] Enlever avec effort ou avec violence. Arracher une affiche, une page, un fil :
7. L'hôtel du Nord fut livré à un entrepreneur de démolitions. Des ouvriers arrachèrent les fils électriques, les tuyaux de plomb, enlevèrent les portes, les fenêtres, démantibulèrent la maison pièce par pièce, comme une machine, et entassèrent le matériel dans la cour de Latouche. Dabit, L'Hôtel du Nord,1929, p. 240.
Spécialement
CHAPELLERIE. Arracher le jarre. Arracher le poil luisant sur les peaux de castor.
GÉOMORPHOLOGIE. [Le suj. désigne le courant d'un fleuve] Arracher des fragments de roche. Provoquer une érosion rapide.
GRAV. Enlever des parties déjà gravées d'une plaque de cuivre afin de modifier l'ensemble de celle-ci.
SP., au fig. HALTÉROPHILIE. Faire le mouvement de l'arraché avec un poids (cf. arraché). SP. CYCLISTE. Arracher une côte. La grimper rapidement et avec une remarquable énergie.
Rem. S'il y a une indication de lieu, elle est gén. introduite par la prép. de. Arracher un clou d'une muraille (Ac. 1835-1932).
P. métaph. Arracher une opinion de l'esprit, de la tête de quelqu'un (Ac. 1835-1932) :
8. Caderousse regarda le jeune homme comme pour arracher la vérité du fond de son cœur. Mais Andrea tira une boîte à cigares de sa poche, y prit un havane, l'alluma tranquillement et commença à le fumer sans affectation. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 335.
2. [L'obj. désigne une chose plus ou moins abstr.]
a) [Une faveur, une chose difficile à obtenir] Obtenir péniblement, après un gros effort personnel. Arracher à qqn une somme d'argent, un aveu :
9. Les peuples murmuraient de ce qu'on leur arrachait ainsi leur argent, qui ne profitait jamais à la chose publique. Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 2, 1821-24, p. 331.
10. On ne pouvait lui arracher une parole. Ses lèvres amincies et serrées semblaient arrêter au passage des plaintes et des reproches. A. France, La Vie en fleur,1922, p. 313.
SYNT. Arracher à qqn une approbation, une audience, une concession, une parole, une promesse, un secret.
b) [Le suj. désigne un événement très intense, gén. pénible; l'obj. désigne une réaction intense de la sensibilité] Obtenir péniblement grâce à la charge affective de l'événement. Arracher à qqn une exclamation, des larmes, un sourire :
11. La garde a tiré Le sang a coulé... Mille blessés, cent morts, Est-ce assez? L'affreux souvenir nous arrache Des cris d'horreur. Larbaud, Journal,1934, p. 298.
SYNT. Arracher à qqn une exclamation, une plainte, des soupirs.
B.− Arracher qqn à qqn, à qqc.Ôter en usant de violence.
1. [Avec un obj. secondaire précisant la pers. qui tient à la pers. arrachée] Arracher un enfant à sa mère :
12. Si elle avait vraiment voulu... Jacques Malessert... elle le savait bien : il lui aurait suffi de profiter du trouble que sa seule présence mettait au cœur du jeune homme; elle aurait pu le tenir en son pouvoir, le dominer, le lier à elle par les liens de la chair, et alors, en dépit de tout, l'entraîner, l'arracher à Irène... Elle haussa les épaules : il n'en valait pas la peine. Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire?1934, p. 110.
[Emploi de la prép. de]
a) [Lorsque l'obj. secondaire désigne non pas la pers. mais la partie (le lieu) de son être qui tient la pers. qu'on lui enlève, la prép. est d'ordinaire de] Arracher un enfant des (d'entre les) bras de sa mère. (Au fig.) arracher un peuple des mains de l'occupant, de l'envahisseur :
13. ... le faux nègre s'était dit : « il est évident que Rocambole est mort, qu'il a livré le secret de sir Williams, et que, à cette heure, le comte et Baccarat ont pris toutes les mesures nécessaires pour sauver monsieur de Kergaz et l'arracher des griffes de son frère. (...) » Ponson du Terrail, Rocambole,t. 3, Le Club des valets de cœur, 1859, p. 518.
b) [Il en est de même lorsque l'obj. secondaire désigne un lieu] :
14. le baron. − Fais-les avancer. Valentin se met à la tête de sa troupe, qui s'avance en bon ordre, et vient se ranger en bataille. Mes amis, le chef des brigands qui désolent l'Allemagne, Roger ose me menacer; il prétend arracher de ces lieux une victime que vous avez soustraite à sa fureur, mais je compte sur votre courage pour défendre une aussi juste cause. Guilbert de Pixerécourt, Victor,1798, I, 13, p. 22.
15. ... La cloche avant le jour m'arrache de mon lit : Je crois entendre, au son de sa voix balancée L'ange qui du sommeil appelle ma pensée, Et lui donne à porter son fardeau pour le jour; Lamartine, Jocelyn,1836, p. 705.
16. Et c'était lui, maintenant, dont l'accent frémissait, tandis que Jacques, ramassé dans son fauteuil, tendait vers le poêle une figure farouche qui semblait dire : « Père va mourir, tu viens m'arracher d'ici, c'est bien, je partirai, mais qu'on ne m'en demande pas plus. » R. Martin du Gard, Les Thibault,La Sorellina, 1928, p. 1204.
2. [Avec un obj. secondaire exprimant une chose abstr.] Détacher en usant de violence ou d'énergie (et parfois) délivrer quelqu'un de quelque chose.
a) [L'obj. secondaire désigne une occupation] Arracher qqn à ses études :
17. Il semble qu'un rêve soit dissipé, qu'une captivité magique arrive à son terme, que le chant du coq fasse évaporer les fantômes, dont nous entouraient la solitude et le crépuscule. Le milieu du jour nous plonge dans la réalité, et nous arrache à la contemplation. Cela est bon aussi à son heure. « Travaille pendant qu'il fait jour. » Amiel, Journal intime,1866, p. 106.
b) [Il désigne une chose qui pèse sur un être comme une fatalité] Arracher l'homme à la tyrannie, à la solitude, à la torpeur morale :
18. « ... Je veux arracher mes frères à la misère et à l'ignorance! Je veux les instruire, les amener à connaître et à aimer Dieu! Je veux être missionnaire! » Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 2, 1868, p. 138.
19. On peut imaginer beaucoup de moyens propres à donner satisfaction aux désirs les plus pressants des classes malheureuses. Pendant longtemps ces projets d'amélioration furent inspirés par un esprit conservateur, féodal ou catholique; on voulait, disaient les inventeurs, arracher les masses à l'influence des radicaux. Sorel, Réflexions sur la violence,1908, p. 194.
20. Ma vie − dans les premiers instants − n'avait qu'une idée; l'arracher à la mort, l'enlever, morte, à la mort, la forcer à revivre quelque part, en moi, en nous, la ressusciter, par force, au moyen d'une concentration de moi-même. Elle était peut-être morte pour d'autres; pas pour moi. Jouve, La Scène capitale,1935, p. 253.
II.− Emplois pronom. S'arracher.
A.− [Le pronom exprime la pers., obj. second. indir. (me, se, etc.; à moi, à soi, etc.)] S'arracher qqn ou qqc.
1. [Le pronom a valeur de réciprocité; l'obj. dir. désigne une pers. ou une chose très appréciées] S'arracher qqc. ou qqn.Le rechercher avec empressement comme si on avait à se le disputer les uns aux autres :
21. zoé. − Oui, mais comment avoir ces quatre voix? On a tant de peine à en avoir une! césarine. − Tout le monde se les arrache. bernardet. − Souvent la même sert à deux ou trois ministères successifs. Scribe, La Camaraderie,1837, III, 8, p. 306.
22. Ce qui offensait Antoine, c'était l'abominable imagerie religieuse que les pèlerins s'arrachaient, ces Jésus de bonbonnière, la poitrine ouverte, montrant leur cœur sanguinolent. Zola, Paris,1898, p. 244.
Loc. proverbiale, fam. [L'obj. dir. désigne une pers. très recherchée pour toutes les formes de la vie de société] On se l'arrache.
2. [Le pronom a valeur de réfléchi; l'obj. dir. exprime une chose concr. ou abstr.; supra I A] S'arracher une épine du pied, etc.
Loc. proverbiales
Au sens littér. ou p. métaph. S'arracher les cheveux. Être au comble du désespoir :
23. John prévit que leur ivresse allait bientôt amener des scènes terribles. On ne pouvait compter sur le capitaine pour les retenir. Le misérable s'arrachait les cheveux et se tordait les bras. Il ne pensait qu'à sa cargaison qui n'était pas assurée. Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 3, 1868, p. 42.
S'arracher les yeux.
a) S'irriter :
24. Sous l'Empire, les personnes d'opinions contraires pouvaient se voir sans s'arracher les yeux... Mmede Chateaubriand, Mémoires et lettres,1847, p. 19.
b) Éprouver de la difficulté à déchiffrer un texte mal écrit ou mal imprimé.
S'arracher les yeux de la tête. Se priver d'un être précieux :
25. Je me suis arraché les yeux de la tête en me privant de mes vieux conseillers. Vitet (Lar. 19e,1866).
B.− [Le pronom exprime l'obj. dir.]
1. Emploi passif :
26. Les plumes d'un oiseau mort s'arrachent difficilement. Lar. 19e,1866.
2. Emploi réfléchi (cf. tous les cas mentionnés sous I B) :
27. Vois : − je l'ai fait emplir de reliques, ma chère; Puis je vais l'envoyer à Neubourg, à mon père; Il sera très content! (Elle rêve un instant, puis s'arrache vivement à sa rêverie. À part.) Je ne veux pas penser! Ce que j'ai dans l'esprit, je voudrais le chasser. Hugo, Ruy Blas,1838, II, 1, p. 368.
28. Gemon, crie, tentant de s'arracher à son étreinte. Mais père, tu vois bien qu'ils l'emmènent! Père, ne laisse pas ces hommes l'emmener! Anouilh, Antigone,1946, p. 197.
Emploi abs., arg. milit. Il s'arrache (Esn. 1966). Il se distingue, accomplit une performance.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [aʀaʃe], j'arrache [ʒaʀaʃ]. Enq. : /aʀaʃ/ (il) arrache. 2. Hist. − Fér. Crit. t. 1 1787 propose la graph. âracher (1resyllabe longue) et Gattel 1841 note : ,,dans ce mot et ses dérivés, on ne prononce qu'une r mais fortement``. Mart. Comment prononce 1913, p. 297 écrit à ce sujet : ,,Les composés qui commencent par ar-, notamment, ne font entendre qu'un r, sauf quelquefois, par exemple, dans ar-racher, ar-rogance ou ar-roger.``
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Début xiies. « enlever de terre (une plante qui y tient par ses racines) » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, 128, 5 ds T.-L. : ainz que seit arachié, assecha [priusquam evellatur, exaruit]); 2. a) 1169 « détacher avec effort, enlever une chose qui tient ou adhère à une autre » (Chr. de Troyes, Chevalier charette, 3070 ds Gdf. Compl. : Mout tost rompus et arachiez Les membres du cors vous auront); d'où 1636 fig. « extirper, ôter (un inanimé abstr.) » (Corneille, Cid, IV, 2 ds Rob.); 1668 « enlever à qqn une pers. » (Racine, Andr., I, 1 ds Littré); b) av. 1564 « obtenir de qqn par un grand effort » (Calv., Lett., II, 221 ds Gdf. Compl. : Vous n'ignorez pas a quoy ont pretendu ceulx qui ont arraché de vous d'estre present a leurs idolatries); 1671 « id., en parlant de l'argent » (Molière, Scapin, V, 11 ds Rob.); c) 1665 « faire quitter un lieu à qqn par la force » (Id., Dom Juan ou Fest. [in de Pierre], II, 2 ds Littré); 1669 pronom. « se détacher, s'éloigner » (Pascal, Pensées, t. II, sect. VII, 553 ds Rob.). Empr. au lat. eradicare (Varron, Rust., 1, 27, 2 ds TLL s.v., 741, 35); 2 a, Plaute, Rud., 1346, ibid., 742, 2; fig. (inanimé abstr.) fréquent en lat. chrét. (Cassien, Inst., 8, 22, p. 150, 23, ibid., 742, 64); 2 c, Itala, Deut., 4, 38, ibid., 742, 25. Issu par substitution de préf. (a-* indiquant l'action de tirer à soi) de l'a. fr. esrachier (ca 1150, Charroi Nîmes, éd. Jonckbloet, 1318 ds T.-L.) qui s'est maintenu parallèlement à arrachier, arracher jusqu'au xvies. (Hug.).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 5 335. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 758, b) 8 287; xxes. : a) 7 498, b) 7 116.
BBG. − Baulig 1956. − Bruant 1901. − Canada 1930. − Criqui 1967 →. − Darm. Vie 1932, p. 61. − Esn. 1966. − Dul. 1968. − France 1907. − Fromh.-King 1968. − Gottsch. Redens. 1930, passim.Grand. 1962, col. XXVIII. − Gruss 1952. − Jossier 1881. − Larch. 1880. − Larch. Suppl. 1880. − La Rue 1954. − Le Breton 1960. − Le Clère 1960. − Le Roux 1752. − Noël 1968. − Noter-Léc. 1912. − Nysten 1814-20. − Pierreh. Suppl. 1926. − Pope 1961 [1952] § 349. − Repina (T.A.). K voprosu ob ispol'zovanii predlogov pri glagol' nom dopolnenii vo francuzwskom jazyke (Predlog à pri dopolnenii k glagolam prendre, enlever, emprunter, voler, ôter, arracher it. n). [L'Emploi des prépositions servant de complément aux verbes. Préposition à jointe aux verbes : prendre... etc.]. Ucenye źapiski. Leningradskij gosudarstvennyj institut. 1961, t. 299, vyp. 50, pp. 172-176. − Sandry-Carr. Cycl. 1963. − Timm. 1892.

ARRACHÉ, ÉE, part. passé, adj. et subst. masc.

A.− Part. passé de arracher*.
B.− Emploi adj., HÉRALD. [En parlant d'un arbre ou d'une plante] . Dont les racines sont étendues et apparentes, figurant ainsi l'arrachement de l'arbre :
1. Saint-Claude (V.). − D'or, à un arbre arraché de sinople au chez d'azur, chargé d'un croissant d'argent. Franche Comté. Grandm.1852.
P. anal. [En parlant d'une tête ou de membres d'animaux] Qui n'est pas coupé net, qui laisse pendre des lambeaux donnant une impression d'arrachement violent :
2. Reynier. − D'or, à deux têtes de lion, arrachées et affrontées d'azur, lampassées de sable, et un cœur de gueules en pointe. Dauphiné. Grandm.1852.
Rem. Emplois attestés ds la plupart des dict. gén. du xixeet du xxes. à partir de Ac. Compl. 1842.
C.− Emploi subst. masc.
1. TEXT. Tissu de laine cardée passé sur une laineuse qui lui donne un aspect duveteux par ouverture des fils de trames :
3. Le prêt à porter présente un grand choix de manteaux réalisés dans des tissus Hte Nouveauté Caniche. Alpaga − mohair − teddy − arrachés poil de chameau... Le Figaro,22 nov. 1951, p. 2, col. 8.
2. SP. (haltérophilie). Mouvement par lequel on amène d'un seul coup la barre au-dessus de la tête au bout d'un ou des deux bras tendus :
4. Maintenant... s'amorce une composition réservée aux espoirs poids moyens... en trois mouvements classiques : développé, arraché, épaulé-jeté. A. Arnoux, Paris-sur-Seine,1939, p. 204.
Loc. adv. À l'arraché(e). Avec un effort, un acharnement considérables :
5. Nous avons échappé à la gêne en nous jetant à l'eau, et notre humeur s'est résolue en un match furieux où j'ai battu Jacques d'une longueur, à l'arraché. Douce fatigue des épaules, grande fatigue molle des muscles massés, lissés par les filets liquides. Gracq, Un Beau ténébreux,1945, p. 46.
6. Ils [les Zingari] raccordaient les morceaux de la tente... que demain, il faudrait repriser, calfater... C'était un rude travail et accompli à l'arraché comme serait... après la représentation... abattu celui de démontage... C'était une sorte de ballet à quatre, bien réglé, toujours le même... Vialar, Les 4 Zingari,1959, p. 16.
Rem. 1reattest. du mot (sous la forme fém.) ds Gentis, La Pédale, 14 sept. 1927, p. 11 : ,,sans relever la tête, à l'arraché, il revint sur les leaders qui s'enfuyaient à toute allure``; composé de la prép. à* et de arraché*, part. passé et subst. de arracher*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1 770. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 227, b) 2 619; xxes. : a) 2 869, b) 2 497.
BBG. − Tournemille (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1967, no189, p. 681.

Arrachée : définition du Wiktionnaire

Forme d’adjectif

arrachée \a.ʁa.ʃe\

  1. Féminin singulier de arraché.

Forme de verbe

arrachée \a.ʁa.ʃe\

  1. Participe passé féminin singulier du verbe arracher.
    • Les talons battaient de fièvre, la plante s’était couverte d’ampoules, dont la peau arrachée se collait à ses bas. — (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Arrachée : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ARRACHER. v. tr.
Détacher avec effort, Ôter de force. Arracher des arbres. Arracher des herbes. Arracher les cheveux. S'arracher les cheveux. Arracher un clou d'une muraille. Arracher quelque chose des mains de quelqu'un. Arracher un enfant à sa mère, des bras de sa mère, d'entre les bras de sa mère. Ils s'arrachaient les lambeaux de son vêtement. Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, Il est sage de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque, en voulant y remédier, d'en causer un plus grand. Fig., Je lui ai arraché une dent, se dit en parlant d'un Avare de qui on a tiré de l'argent. Par exagération, On se l'arrache, se dit en parlant d'une Personne ou d'une Chose qui est extrêmement recherchée, et signifie On se dispute à qui l'aura. Il est fort aimable en société, on se l'arrache. Ce roman a le plus grand succès, on se l'arrache. Il est familier. Fig., Vous lui arracheriez plutôt la vie, se dit pour marquer l'extrême répugnance d'une personne à faire quelque chose et combien il serait difficile de l'y contraindre. On dit de même Vous lui arracheriez plutôt le cœur. Ce serait lui arracher l'âme. Fig., Arracher une opinion de l'esprit, de la tête de quelqu'un, Détacher quelqu'un d'une opinion, l'y faire renoncer. On dit dans un sens analogue Arracher de son cœur un sentiment, une passion, un souvenir, etc. Il signifie aussi figurément Obtenir avec peine quelque chose de quelqu'un. Il ne rend pas facilement l'argent qu'on lui a prêté, il faut le lui arracher. On ne saurait arracher quelque argent de lui. On ne peut arracher un sou de personne. Il n'y a pas moyen d'arracher une parole de lui. On ne peut lui arracher une parole. J'ai eu bien de la peine à arracher de lui cette promesse, cette parole. Il m'a arraché mon secret, mon consentement à force d'importunité. Vous m'arrachez cet aveu. Les révélations que les tourments lui arrachèrent. Il a fallu vous arracher cette louange. Je n'ai pu lui arracher cette grâce. Fig., Arracher des larmes, des cris, des soupirs, des plaintes à quelqu'un, Le faire pleurer, le faire crier, etc. Ce récit m'arracha des larmes. La douleur m'a arraché des cris. Ce souvenir pénible lui arrache des plaintes, des soupirs. En parlant des Personnes, il signifie souvent, tant au propre qu'au figuré, Détourner, écarter, éloigner avec effort. Il a fallu l'arracher de ce lieu, de dessus le corps de son fils. On ne saurait l'arracher à l'étude, l'arracher du jeu. Il ne peut pas s'arracher à cette ville. Je ne saurais m'arracher d'auprès de vous. Il s'arracha aux embrassements de sa mère. Arracher quelqu'un à la misère, à la mort, etc., Le retirer de la misère, le préserver d'une mort imminente, etc.

D'ARRACHE-PIED, loc. adv. et fam. Tout d'une suite, sans intermission, sans discontinuer. Je l'ai attendu trois heures d'arrache-pied. Il a travaillé six heures d'arrache-pied.

Phonétique du mot « arrachée »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
arrachée araʃe play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « arrachée »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « arrachée »

  • Nées au Congo colonisé dans les années 1950, arrachées à leur familles parce qu’elles étaient métisses, placées dans un couvent catholique, puis abandonnées et victimes de sévices sexuelles, 5 femmes assignent l’Etat belge en justice pour “crime contre l’humanité”.    France 3 Hauts-de-France, TÉMOIGNAGE. Cinq femmes métisses, nées au Congo, assignent l’Etat belge pour «crime contre l’humanité»
  • Une conduite d’eau a été arrachée cette après-midi dans la Grand’rue de Perbais. J'habite à Chastre, Conduite arrachée dans la Grand'rue de Perbais - J'habite à Chastre
  • Hier soir à Richmond en Virginie, ancienne capitale confédérée, c'est une statut de Jefferson Davis, le président sudiste, qui a été arrachée. euronews, Statues arrachées aux Etats-Unis : quand la guerre de Sécession resurgit | Euronews
  • Le 13 juin, vers 19 heures, la victime reçoit les fonctionnaires de police devant son immeuble. Elle présente une plaie saignante à la main, des rougeurs dans le cou et une touffe de cheveux lui a été arrachée. Elle refuse d’être auditionnée, ne veut pas porter plainte ni même être examinée par un médecin. Un homme est interpellé et placé en cellule de dégrisement. Il avait bu 6 litres de bière dans la journée. La Voix du Nord, La Sentinelle: six mois ferme pour des violences en récidive sur sa compagne
  • Vers 10 h ce jeudi matin, les sapeurs-pompiers ont été appelés sur demande de Gaz de France à Gumbrechtshoffen. Une conduite de gros diamètre a été malencontreusement arrachée lors de travaux devant le 4 rue d’Uhrwiller. Vingt-six sapeurs-pompiers, de Val de Moder, Niederbronn, Haguenau et Gumbrechtshoffen ont été engagés. , Faits-divers - Justice | Gumbrechtshoffen: une conduite de gaz arrachée, trois personnes évacuées
  • Un ouvrier de 56 ans a été transporté dans un état grave à l'hôpital Lariboisière, à Paris. Vers 11h ce matin, il a eu l'oreille arrachée par une carotteuse, une machine qui sert à faire des trous dans du béton, alors qu'il travaillait sur un chantier à Claye-Souilly, rue des Gouttes d'Or. Les circonstances de l'accident ne sont pas encore connues. , Claye-Souilly : un ouvrier perd une oreille, arrachée sur un chantier - EVASION
  • Idées de suicide : c’est gentil comme tout ces petites bêtes-là, et si faciles à nourrir. Elles mangent tout : des chagrins, des dents arrachées, des blessures d’amour-propre ou non, des déficiences sexuelles, des larmes pas pleurées... De Jean Ferry
  • La neige possède ce secret de rendre au coeur en un souffle la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée. De Antonine Maillet / Pointe-aux-Coques

Traductions du mot « arrachée »

Langue Traduction
Corse sbattulata
Basque snatched
Japonais ひったくり
Russe выхватила
Portugais arrebatado
Arabe خطف
Chinois 抢夺
Allemand geschnappt
Italien strappato
Espagnol arrebatado
Anglais snatched
Source : Google Translate API

Antonymes de « arrachée »



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