La langue française

Aillent

Sommaire

  • Définitions du mot aillent
  • Phonétique de « aillent »
  • Évolution historique de l’usage du mot « aillent »
  • Citations contenant le mot « aillent »
  • Traductions du mot « aillent »
  • Synonymes de « aillent »
  • Antonymes de « aillent »

Définitions du mot aillent

Trésor de la Langue Française informatisé

AILLER, verbe trans.

A.− GASTR. Piquer d'ail; frotter d'ail :
1. En style familier, on dit ailler un rôti, une tranche de pain, etc. Ac. Gastr.1962.
Rem. Attesté ds Lar. 20e, Rob., Quillet 1965, Lar. 3, Pt Rob.
B.− Blé aillé. Blé dans lequel a poussé de l'ail sauvage :
2. Les blés aillés sont refusés par les meuniers parce qu'ils encrassent les moulins. T. Ballu, Machines agricoles,1933, p. 516.
Prononc. : [aje].
Étymol. ET HIST. − 1928, Lar. 20e. Dér. de ail*, dés. -er; (cf. adj. m. fr. aillé « frotté d'ail » 1576, Baïf ds Gdf. Compl., attest. isolée; dér. de ail, suff. *).
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Lasnet 1970.

ALLER1, verbe.

I.− Emplois comme verbe intrans.
A.− [Le verbe marque un déplacement depuis un point de l'espace jusqu'à un autre] Se mouvoir, se déplacer.
1. Emploi indéterminé. [Le terme du déplacement n'est pas indiqué]
a) [Le suj. est un subst. désignant une pers. ou un animal] :
1. Elle marchait devant moi dans le sable, avec un pas déterminé et un mélange si charmant de délicatesse féminine et de témérité enfantine, que je m'arrêtais pour la regarder à chaque instant. Il semblait, une fois lancée, qu'elle eût à accomplir une tâche difficile, mais sacrée; elle allait devant comme un soldat, les bras ballants, et chantant à tue-tête; tout d'un coup elle se retournait, venait à moi et m'embrassait. A. de Musset, La Confession d'un enfant du siècle,1836, p. 252.
2. Le couloir où Jean Valjean cheminait maintenant était moins étroit que le premier. Jean Valjean y marchait assez péniblement. Les pluies de la veille n'étaient pas encore écoulées et faisaient un petit torrent au centre du radier, et il était forcé de se serrer contre le mur pour ne pas avoir les pieds dans l'eau. Il allait ainsi ténébreusement. V. Hugo, Les Misérables,t. 2, 1862, p. 531.
Par métaph. :
3. 21 octobre assez bien travaillé, mais je vais lentement. B. Constant, Journaux intimes,oct. 1811, p. 367.
Littér. [Aller suivi d'un part. prés. marquant un procès qui accompagne l'action d'aller] :
4. Comme il [le passant] tendra l'oreille aux rumeurs indécises! Comme il ira rêvant des figures assises Dans le buisson penché ... V. Hugo, Les Voix intérieures,1837, p. 244.
Laisser aller qqn. Lui permettre de s'en aller, le relâcher :
5. ... quand j'ai vu qu'après mes livres on allait saisir ma personne, (...), et qu'on me livrait aux Italiens, me voyant enfin la corde au cou, j'ai dit comme j'ai pu ce que j'avais à dire pour qu'on me laissât aller. P.-L. Courier, Lettres de France et d'Italie,1810, p. 840.
b) [Le suj. est un subst. désignant un moyen de locomotion] :
6. Le tilbury allait bon train, mais le boulevard était encombré de voitures, et souvent il était forcé de ralentir sa marche, ce qui permit au cabriolet de régie de le suivre à courte distance. P.-A. Ponson du Terrail, Rocambole,t. 1, L'Héritage mystérieux, 1859, p. 309.
Rem. Dans son emploi indéterminé, aller est gén. accompagné d'un adv. ou d'une loc. adv. ou d'un compl. circ. indiquant les modalités du mouvement, soit : a) la vitesse d'exécution du mouvement aller vite, lentement, doucement, bon train, grand train. Plus particulièrement, si le suj. est une pers. aller à grands pas; si le suj. est un animal (un cheval) aller au trot, au galop, au/le pas, aller l'amble; si le suj. est un bateau aller à pleines voiles; b) la nature de la direction du mouvement aller droit, tout droit, à reculons, au hasard; c) le moy. utilisé pour le mouvement aller à pied, en voiture, à cheval, en bateau; d) l'endroit par où passe le mouvement aller par terre, par mer, à travers champs, par le chemin le plus court, par un chemin de traverse; e) l'endroit où a lieu le mouvement aller sur (la) terre, en plaine, sur l'eau, dans les airs; en avant, en arrière, devant, derrière, à côté, à droite, à gauche de qqn; en syntagme avec se laisser : se laisser aller contre un mur, sur le dos d'un fauteuil; f) la manière dont se fait le mouvement, relativement à d'autres agents de l'action (accompagnement) aller ensemble, de compagnie, côte à côte, en troupe, (tout) seul, à la file les uns derrière les autres, de front.
Aller et venir. Marque un mouvement de balancement, un mouvement alternatif (surtout quand le suj. est une chose). [Quand le suj. est une pers.] Faire les cent pas. Cf. aussi aller de long en large.
c) P. anal. [En parlant du temps] :
7. 18 janvier travaillé. Les événements vont si vite que mon livre n'aura plus le mérite de l'audace. Allons toujours. B. Constant, Journaux intimes,janv. 1814, p. 397.
d) Emplois fig. Aller avec qqn, aller ensemble. Fréquenter quelqu'un, avoir des relations avec quelqu'un.
Aller de pair avec qqn.
Aller (droit) son chemin et expressions similaires : aller son (petit) bonhomme de chemin, aller vite en besogne :
8. Je me suis engagé, par sentiment du devoir, dans une rude voie. Je dédaigne les insultes, et je vais droit mon chemin. On me jugera quand on saura ce que j'ai à dire. G. Clemenceau, L'iniquité,1899, p. 8.
Se laisser aller. S'abandonner, se négliger.
2. Emploi déterminé. [Le terme du mouvement est envisagé; aller peut éventuellement être accompagné d'un adv. ou d'un compl. circ. indiqué dans la rem. supra]
a) [Le suj. désigne gén. une pers.; le terme du mouvement est indiqué par un subst. désignant une pers.]
Aller chez, auprès de, vers. Se rendre auprès de quelqu'un. Aller chez le coiffeur, chez le dentiste. (Fam. ou pop. Aller au coiffeur, au dentiste).
Aller au-devant de. Se porter au-devant de.
Fig. Aller contre (à l'encontre de) qqn. S'opposer à quelqu'un :
9. ... il faut aller au-devant du pauvre, du même mouvement par lequel on allait primitivement au martyre ... Ch.-A. Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 1, 1840, p. 312.
Littér. Aller à qqn. S'adresser à, se tourner vers :
10. Si un jour vous avez profondément besoin d'un autre être, (...) irez-vous à celui qui a souillé d'un hochement de tête un acte généreux ou simplement une tendance pure? Peut-être étiez-vous de ceux qui l'approuvèrent; mais dans ce moment grave où c'est la vérité qui frappe à votre porte, vous vous tournerez vers cet autre qui a su s'incliner et aimer. M. Maeterlinck, Le Trésor des humbles,1896, p. 255.
[Except. le suj. est une chose] Être destiné à, être pour :
11. La tante, fidèle à l'idée fixe de toute sa vie, laissait son million à leur premier né, avec la jouissance de la rente aux parents jusqu'à leur mort. Si le jeune ménage n'avait pas d'héritier avant trois ans, cette fortune irait aux pauvres. G. de Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Un Million, 1882, p. 392.
b) [Le terme du mouvement est indiqué par un mot (subst. précédé d'une prép., ou adv.) désignant un lieu]
[Le suj. est un subst. désignant une pers. ou un moy. de locomotion] Se rendre à. Aller à Paris, aller ailleurs :
12. Il me dit comment. après avoir obtenu une place sur un vaisseau qui allait aux Indes, au milieu des délices que lui faisait éprouver son voyage, il s'était réveillé la nuit, croyant voir sa mère en rêve, qui lui reprochait son départ... B.-J. de Krüdener, Valérie,1803, p. 212.
13. ... voici ce qu'il faut faire : (...) demain, au point du jour, tu monteras dans ton char, tu te feras conduire sur le bord de la mer. Tu iras jusques aux premiers rochers du Carmel, et tu ne les auras pas dépassés que tu seras sauvée. MmeCottin, Mathilde,t. 2, 1805, p. 224.
14. ... malgré toute sa science, le postillon douta de pouvoir arriver à Durantal. Aux premières maisons du village, le postillon fut contraint de s'arrêter; car il n'étoit pas possible d'aller plus loin. H. de Balzac, Annette et le criminel,1824, p. 247.
15. Mess Lethierry alla à la fenêtre, l'ouvrit, la referma, revint à la table, prit les trois bank-notes, les plia, posa la boîte de fer dessus, se gratta les cheveux, saisit la ceinture de Clubin, la jeta violemment contre la muraille, et dit : − Il y a quelque chose. V. Hugo, Les Travailleurs de la mer,1866, p. 419.
16. Il faut aller au-dessus des lignes. Il faut survoler les troupes françaises et les troupes allemandes ... R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 681.
Rem. Constr. et syntagmes fréq. aller à, en (dans), jusqu'(à), où aller?, y aller; aller vers, aller dans la direction de, aller du côté de; aller en haut (de), en bas (de); aller au-dessus de; aller dehors, dedans; aller au bord de; aller à une certaine distance, aller près (de), aller loin (de).
Aller à.
Aller à la ligne (au cours de la rédaction d'une page). Changer de ligne en commençant la ligne suivante selon la norme d'un début de paragraphe.
P. méton. et fam. Aller au diable, à tous les diables, au diable Vauvert, au diable vert. Aller loin (de manière à disparaître de la vue de quelqu'un).
Au fig. Aller à la gloire; (ne pas) aller loin (trop avant) dans la voie du devoir; aller jusqu'au bout (de qqc.); aller trop loin (dans un certain domaine), aller plus loin, avant d'aller plus loin (dans un raisonnement); aller au devant de ces objections, les prévenir; ne pas aller à la cheville de qqn, ne pas le valoir; aller jusqu'à une certaine somme, accepter de la dépenser.
Laisser aller qqn à sa pente naturelle. L'abandonner à lui-même.
[Avec indication du point de départ] Aller de... à... :
17. Après leur dîner, Lucien et Coralie allèrent à pied de la rue de Vendôme au Panorama-Dramatique, par le boulevard du Temple du côté du café Turc, qui, dans ce temps-là, était un lieu de promenade en faveur. H. de Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 429.
Au fig. Aller d'une chose à une autre :
18. Il y a deux sortes de modulations : l'une par laquelle on va d'un ton à un autre ton qui lui est relatif; l'autre qui consiste dans le passage à un ton éloigné de son antécédent [en musique]. M.-G.-A. Savard, Cours complet d'harmonie théorique et pratique,1853, p. 92.
Aller sur. [Pour indiquer l'âge d'une pers.] Aller sur ses [nombre cardinal] ans. Approcher de ... ans. Il va sur ses soixante ans.
Loc. proverbiale. Aller sur les brisées de quelqu'un. Empiéter sur son domaine (en termes de vén., et au fig.).
[Le suj. est un subst. désignant une chose qui sans être douée elle-même de mouvement, le permet] Aboutir à :
19. L'aorte droite (...) fournit, peu à-près sa naissance, de petites artères qui vont à une glande orbiculaire, placée au-devant de la base du cœur... G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 4, 1805, p. 284.
[Avec indication du point de départ] Aller de... à... Partir d'un lieu et aboutir à un autre :
20. Cherchez-moi, je vous prie, un logement rue de Bourbon ou de l'Université ou Saint-Dominique ou de Varenne, ou dans une des rues qui vont de la rue Saint-Honoré aux Champs-Élysées, fenêtres sur un jardin au midi, silence partout. A. de Lamartine, Correspondance,1833, p. 354.
P. anal. [En parlant d'un espace de temps] :
21. Je ne saurais nier en effet que je ne sois, depuis le début de janvier en particulier, le lieu d'un sourd malaise − qui, depuis juillet, m'avait de temps à autre effleuré de son aile (et fait plus que cela dans l'atroce période qui alla du 15 août au 23 septembre), mais qui maintenant implore solution. Ch. Du Bos, Journal,1928, p. 33.
Au fig. [Le suj. est un subst. désignant une chose, en partic. une chose abstr. (sentiment, action...)] Atteindre de manière à faire impression. Ces paroles me sont allées à l'âme, au cœur.
Aller jusqu'à. [Pour marquer l'aboutissement dans une gradation ou une progression] Monter à, atteindre :
22. Les beautés qui peuplent la montagne Sainte-Geneviève, et se partagent les amours des écoles, lui inspiraient une sorte de répugnance qui allait jusqu'à l'aversion. A. de Musset, Mimi Pinson,1845, p. 216.
23. Le cétacé, profondément engagé dans la vaste baie de l'Union, la sillonnait rapidement depuis le cap Mandibule jusqu'au cap Griffe, poussé par sa nageoire caudale prodigieusement puissante, sur laquelle il s'appuyait et se mouvait par soubresauts avec une vitesse qui allait quelquefois jusqu'à douze milles à l'heure. J. Verne, L'Île mystérieuse,1874, p. 306.
P. anal. [En parlant d'une pers. ou de la durée de sa vie] :
24. Elle ne put guérir. Les poumons atteints profondément donnaient des inquiétudes pour sa vie. « Si elle reste ici, elle n'ira pas jusqu'aux froids », dit le médecin. G. de Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Première neige, 1883, pp. 419-420.
Aller au delà de. Dépasser :
25. Louis XVI (...) quitta Versailles, et ce fut un grand événement. Dans ces temps-là, un roi ne quittait jamais sa demeure; ses excursions n'allaient pas au delà d'une partie de chasse... E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, 1823, p. 884.
Aller loin :
26. Les gens connaissaient la Poule-Courte, son crédit n'allait pas loin. H. Pourrat, Gaspard des montagnes,Le Château des sept portes, 1922, p. 169.
Rare. [En parlant du montant d'une somme d'argent] Aller dans. S'élever à :
27. « Que gagne votre fille avec ses leçons? ... » (...) Justement elle [la mère] était en train d'examiner leurs petits comptes. Cette année, ça irait dans les quatre mille francs. A. Daudet, L'Évangéliste,1883, p. 137.
c) [Le terme du mouvement est indiqué par un subst. désignant le lieu où se déroule une activité ou bien par un subst. d'action ou un subst. équivalent; aller est suivi de la prép. à, plus rarement de en et dans ce dernier cas avec subst. sans art.] Aller au théâtre, aller en voyage :
28. ... à 8 h et demie, j'ai été à une séance du comité de l'intérieur où j'ai resté dans un grand état de malaise jusqu'après 11 h. Rentré chez moi; j'ai renoncé à aller à une soirée de M. Suard. Maine de Biran, Journal,1817, p. 12.
29. Moi, je me suis marié et j'ai eu des enfants, et il a fallu que j'aille aux champs. J'étais pas fait pour ce travail-là, j'ai mon certificat. Et ces gueux de propriétaires ne vous laissent rien. P. Claudel, Tête d'or,2eversion, 1901, p. 262.
30. Shelley pensa que le séjour de Londres, par les tentations qu'il offrait, était cause de tout le mal; il eut cette idée, si naturelle aux amants qui sentent dans le couple un trouble encore obscur, d'aller revoir les lieux où leur amour a été le plus vif. La fameuse voiture de Harriet fut équipée; (...) et, escortés par Eliza, ils allèrent en pèlerinage à Keswick et à Édimbourg. A. Maurois, Ariel ou la Vie de Shelley,1923, p. 148.
31. Les enfants grandissaient et Jonas était heureux de les voir gais et vigoureux. Ils allaient en classe, et revenaient à quatre heures. A. Camus, L'Exil et le royaume,1957, p. 1644.
Rem. Syntagmes notés aller à la messe (à l'église), au bal, (au spectacle, au concert, au cinéma), à la chasse (à la pêche), au café, au bagne, à l'hôtel, au bureau (à son travail), au paradis; aller au bain, au marché; aller aux renseignements (aux nouvelles); aller aux urnes; aller à confesse; aller à la guerre, au combat, à l'assaut, au feu; aller à l'échafaud, au supplice, à la mort, à sa perte; aller à la découverte de, à la rencontre, au secours de qqn; aller en prison (mais au bagne), en pélerinage, en enfer (mais au ciel), en quête de (mais à la recherche de).
Aller au(x) cabinet(s), aller à la selle, aller.
Proverbe. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse.
[En parlant de poteries ou de plats qui ont la propriété de ne pas se détériorer au feu] Être mis dans :
32. Les hygiocérames (...) que l'on fait sous le nom de poteries de santé jouissent éminemment de la propriété d'aller au feu. A. Brongniart, Traité des arts céramiques,1844, p. 291.
Au fig. Aller au plus pressé, aller (droit) au but, au fait. Se laisser aller à un état, un sentiment, une action. S'abandonner à :
33. Il s'agit de voir si la vie me permettra de travailler avec intensité et si aussi, dans l'hypothèse qu'elle me le permette, je serai de mon côté assez sage pour ne me laisser aller à nul découragement. Ch. Du Bos, Journal,oct. 1924, p. 193.
[Avec l'adv. y désignant l'action dont il est question, et un adv. ou une loc. circ. précédant ou suiv. le verbe pour en indiquer la manière] Y aller. Entreprendre une action d'une certaine manière. Ne pas y aller par quatre chemins; ne pas y aller avec le dos de la cuiller; y aller à tour de bras; y aller doucement, fort; (y) aller au culot; comme vous y allez! :
34. le chiffonnier. − Oui, elle a raison, la petite dame. Je lui donnerais vingt sous, au sourd-muet, vingt francs, vingt millions... vous voyez, j'y vais carrément. J. Giraudoux, La Folle de Chaillot,1944, II, p. 148.
Fam. Y aller de qqc. Entreprendre une certaine action :
35. Lacretelle me disait : « Allez-y! Nommez-vous. Allez-y d'une dédicace... » A. Gide, Journal,1930, p. 966.
3. [Aller est suivi d'un inf. marquant le but, le plus souvent non précédé de la prép. pour; avec éventuellement un adv. ou un compl. de lieu entre aller et l'inf.] Se mettre en mouvement pour faire quelque chose. Aller voir un ami :
36. Il (...) ne revenait pas de sa surprise en apprenant que ces malheureux sortaient tous les jours de leur hospice, situé dans le fond du faubourg Saint-Antoine, traversaient Paris pour aller au Palais-Royal faire de la musique au café des aveugles, et retournaient chez eux, à minuit, sans guide et sans accident. V. de Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin,t. 3, 1813, p. 259.
[Avec la prép. pour devant l'inf.] :
37. Quand Marthe rentra, elle trouva son mari pâle et sérieux. − Qu'as-tu? − fit-elle, et elle alla pour l'embrasser. E. et J. de Goncourt, Charles Demailly,1860, p. 329.
Rem. Dans ce dernier ex. la valeur du tour n'est pas loin de celui qui est signalé infra II C 1 a rem. 2).
Au fig. N'aller qu'à + inf. Ne tendre qu'à :
38. Ils (vos prêtres, dit Balkis à Soliman) ne vont à rien moins qu'à tout immobiliser, qu'à ternir la société dans les langes... G. de Nerval, Voyage en Orient,t. 3, 1851, p. 149.
4. Emplois techn.
a) ESCR. Aller à l'épée. S'ébranlant sur un appel d'escrime, faire de trop grands mouvements avec l'épée et attaquer en étant découvert.
b) JEUX. Y aller, prendre part au jeu (en misant); s'en aller d'une carte, s'en défaire, la jouer, l'écarter.
c) MAN. Aller de l'oreille, faire une inflexion de tête à chaque pas; aller étroit, aller large, s'approcher ou s'éloigner du centre du manège.
d) VÉN. Aller au bois, aller en quête (ou faire le bois). Se rendre au bois la veille ou de bon matin avec le limier pòur y détourner une bête.
[En parlant d'une bête] Aller de hautes erres, être passé il y a plusieurs heures; aller de bon temps, être passé il y a peu de temps; n'aller plus de temps, être passé depuis un ou deux jours; aller d'assurance, aller au pas, sans crainte; aller sur soi, revenir sur ses pas, sur ses erres en reprenant le même chemin.
[En parlant d'un chien de chasse] Aller au vent. Aller le nez haut, le nez au vent.
B.− [Le verbe marque un mouvement, sans idée de déplacement d'une point à un autre]
1. [En parlant d'un mécanisme, d'un train de maison, etc.] Fonctionner, accomplir son mouvement ou son activité propre. Cette pendule va juste.
Faire aller. Faire fonctionner. Faire aller la maison; faire aller (la cuisson d'un aliment) à feux doux, à petit feu...
Laisser aller qqc. L'abandonner à son mouvement propre, ne pas s'en préoccuper.
JEUX. [Pour indiquer la fin des mises] Les jeux sont faits, rien ne va plus :
39. ... tant pis pour les traînards, il n'y a plus de cartons [de loto], le jeu est fait, rien ne va plus, commençons. L. Vidal, J. Delmart, La Caserne, mœurs militaires,1833, p. 284.
Au fig. Les langues vont bon train. Elles sont intarissables, en particulier pour dénigrer.
2.
a) [En parlant d'affaires, d'une entr., gén. avec un adv. qualificatif] Se dérouler :
40. À l'Impératrice, à Mayence. Géra, le 13, à 2 heures du matin, 1806. Je suis aujourd'hui à Géra, ma bonne amie; mes affaires vont fort bien, et tout comme je pouvais l'espérer. Napoléon Ier, Lettres à Joséphine,1806, p. 108.
Aller (ne pas aller) tout seul; aller (ne pas aller) sans difficulté.
Au fig. [En parlant d'une chose qui, parce qu'évidente ou spontanée, n'a pas besoin d'être établie ou soulignée] Aller de soi, aller sans dire :
41. ... à côté des multiples inconvénients qui vont de soi, et trop évidents pour qu'on en traite, il n'y a pour l'homme et pour la femme (...) qu'un avantage − mais réel − à être « du monde », je veux dire à y être né, à y avoir été élevé... Ch. Du Bos, Journal,juin 1928, p. 131.
[En parlant d'une chose et parfois d'une pers.] (C'est) va comme je te pousse, il va comme je te pousse. Cela se fait, il agit au hasard, sans direction :
42. [Madame Gruget] : − (...) Eh! bien non, ça vient, ça vous câline, ça vous dit : « Bonjour, ma mère. » Et voilà deux devoirs remplis envers l'auteur de ses jours. Va comme je te pousse. H. de Balzac, Ferragus,1833, p. 110.
b) P. anal. [En parlant d'une pers. envisagée du point de vue de sa santé]
Aller (bien, mal, médiocrement, etc.). Se porter bien, mal, etc. :
43. Il [Richard] rendait compte de tout cela à Joseph Quesnel, qui allait mieux, les coliques passées, mais que diverses complications tenaient encore à la chambre. (...). La chance allait couci-couça. L. Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 433.
Expr. proverbiale. Ne plus aller que d'une aile, que d'une (seule) patte. Avoir une santé fort compromise.
c) Fam. [En parlant de la marche des affaires ou de la santé d'une pers.] Comment ça va?; comment ça va-t-il? Ça va (bien, mal, médiocrement, etc.). Ça va (sans adv.). Cela va convenablement.
3. [Le verbe marque un rapp. de convenance entre le suj. et un obj. second. personnel, ou un compl. introd. par la prép. avec] Être (bien, mal) adapté, convenir à une chose ou à une personne :
44. En arrivant à Longwood, il [l'Empereur] a quitté son petit uniforme vert de la garde; il n'a plus alors porté qu'un habit de ses chasses, dont on avait ôté le galon; il lui allait assez mal et commençait à être fort usé : on s'inquiétait déjà comment on le remplacerait. E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, 1823, p. 458.
Familier
[En parlant d'une chose] Au propre et au fig. Cela (ça) me va. Cela me convient. Cela me va comme un gant. Cela me convient parfaitement.
[En parlant de 2 ou de plusieurs pers. ou choses] Aller (bien, mal) ensemble, aller ensemble. Être dans un (certain) rapport de convenance réciproque :
45. ... il est impossible de rien voir de plus jeune [que l'Accordée de village de Greuze] (...) et de plus coquettement virginal, si ces deux mots peuvent aller ensemble. T. Gautier, Guide de l'amateur au Musée du Louvre,1872, p. 185.
Absol., fam. Ça va, ça peut aller. Cela paraît suffisant et satisfaisant, ce n'est pas la peine de continuer.
II.− Emplois gramm. spéc.
A.− Emplois impers.
1. Il va de soi, il va sans dire que + ind. (cf. supra I B 2 a). Il est évident, il est manifeste que :
46. ... il va sans dire qu'il [Dietrich] reste bien loin de son prototype [Rembrandt], car le serviteur marche derrière le maître, comme disait Michel-Ange. T. Gautier, Guide de l'amateur au Musée du Louvre,1872, p. 155.
2. Il en va de même (ou ainsi) de (ou pour), il en va (tout) autrement (de ou pour + nom de pers.). La situation est la même ou tout autre (pour telle personne) :
47. ... qu'un sacristain s'installe dans un presbytère abandonné, la belle affaire! Cela ne gêne personne! Il en irait autrement si François dénonçait l'enterrement du grand-père et comme quoi les îliens se confessaient à Thomas et comme quoi Thomas disait secrètement la messe avec les enfants de chœur! ... H. Quéffelec, Un Recteur de l'île de Sein,1944, p. 183.
Rem. Pour l'expr. va pour (cf. infra II B 1).
3. Il y va de + nom de chose. Ce qui est en cause, c'est... :
48. L'accusation de trahison se trouve corroborée par des lettres ignobles où le même individu, laissant couler sa haine, déverse sur la France et sur son armée des outrages sans nom. Le misérable nia d'abord l'authenticité de ces documents, comme il fallait s'y attendre, et, chose étrange, ses juges militaires, tout en proclamant qu'il y allait de « l'honneur de l'armée » que la lumière fût faite sur cette affaire, s'abstinrent de tout effort pour découvrir la vérité. G. Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 380.
B.− Emplois exclam. [Pour exprimer des mouvements d'humeur, diversifiés par le ton]
1. À l'ind., fam.
a) [Dans le dialogue, pour indiquer avec vivacité ou iron. au partenaire qu'il a assez parlé, qu'on l'a assez entendu] Ça va! arrêtez! (cf. supra I B 3).
b) [Pour exprimer une résignation condit.] À la forme impers. sans il. Va pour + nom de chose, va pour + nom de pers.Cela est admissible pour (telle personne), mais pas pour telle autre!
2. À la forme positive de l'impér.
a) Allons, allez. Formule d'exhortation : allons, courage!
Ou formule d'impatience : allons, pressons (-nous)!
Ou formule d'agacement :
49. Allons, le voilà qui s'emporte, Comme à son ordinaire! J.-F. Collin d'Harleville, Le Vieux célibataire,1792, IV, 9, p. 108.
b) Va. Formule soulignant une constatation à laquelle on se soumet par résignation forcée :
50. M'avoir laissé cinq ans avec cette conviction que mon ami Jack était un voleur! ... Canaille, va! ... A. Daudet, Jack,t. 2, 1876, p. 149.
c) Pop. Va donc. Formule introduisant généralement une injure : va donc, espèce de...
d) Fam. Impératif de locutions expressives pour exprimer l'impatience, la colère. Allez au diable, à tous les diables; qu'il aille au diable; allez vous promener; va te faire prendre ailleurs.
3. À la forme négative de l'impér. [Pour détourner d'une opinion erronée] N'allez pas, (ne va pas) croire (penser, conclure) que... :
51. De ce que je crois reconnaître un ordre, des lois, n'allez pas conclure que je crois en Dieu... R. Martin du Gard, Jean Barois,1913, p. 285.
C.− Emplois comme auxil. de mode
1. [Aller suivi d'un inf.]
a) Pour exprimer un fut. proche ou imminent.
[Au prés. marquant l'action achevée] Je vais avoir fini dans un instant :
52. ... j'ai lu avidement toute la pièce, surtout le milieu, que je ne connaissais pas. Mais je me dépêchais; j'avais peur d'être dérangé. C'était dans ma chambre de Rouen. Quand je vais avoir fini cette lettre, je vais m'y mettre et la prochaine fois je t'enverrai mes observations. G. Flaubert, Correspondance,1846, p. 348.
Rem. 1. Comme le fut. simple, ce fut. périphrastique peut exprimer un ordre (particulièrement énergique à cause de l'imminence de la réalisation) :
53. ... vous allez me parler raisonnablement, ou, morbleu! Stendhal, La Chartreuse de Parme,1839, p. 309.
Rem. 2. Aller pour + inf. s'emploie pour marquer une action qu'on se dispose à faire dans l'immédiat mais qui n'est pas sûre d'aboutir. Elle va pour sortir (P. Valéry, Mon Faust, 1945, III, 7).
b) [À l'imp.; le plus souvent pour signifier l'action imminente manquée, ou empêchée par la survenance d'une autre] Il allait sortir quand (tout à coup)... :
54. Cécile était seule, dans le salon de musique. Elle se tenait assise, tête basse, devant un grand clavecin et tournait le dos à la porte. − Je te dérange, murmura Laurent. Peut-être allais-tu jouer? Peut-être viens-tu de jouer? G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Combat contre les ombres, 1939, p. 249.
c) [À l'imp., précédé de si cond.-interr. (pour marquer une action imminente redoutée)] :
55. ... pour remonter sans chandelle, si j'allais me tromper de porte? H. Pourrat, Gaspard des montagnes,À la belle bergère, 1925, p. 240.
Rem. 1. Ces emplois sont en principe différents des emplois signalés supra I A 3; cf. cependant des cas limites signalés en I A 3 rem. 2. Dans le syntagme aller chercher qqn ou qqc. « se rendre dans un endroit pour en ramener quelqu'un ou en rapporter quelque chose », aller joue le rôle d'un réducteur sém. qui fait perdre à chercher son sens ordinaire.
2. [Aller suivi de la forme inv. en -ant, d'un verbe indiquant une idée de développement ou de progression (positive ou négative)]
a) Littér. [La forme en -ant n'est pas précédée de la prép. en] Aller croissant :
56. ... comme ce ciel qui te paraissait d'en bas obscurci par les nuées, toujours ton Dieu gardait dans l'ombre la plus grande partie de lui-même; car, pour l'accorder à ta tendresse, tu le décorais de tant de vertus que tu allais ramenant l'infini aux proportions de ta nature, tandis que ton âme, s'embourbant à part dans les préoccupations du salut, perdait de plus en plus le fil mince qui la rattachait à l'idée; ... G. Flaubert, La Tentation de saint Antoine,1849, p. 413.
b) Usuel. [La forme en -ant est précédée de en; le suj. est gén. un inanimé] Aller en s'accroissant, en diminuant, en augmentant, en (s') élargissant, en (s') affaiblissant, en grandissant :
57. Chacun désirait le retour du duc de Bourgogne; mais il ne voulait revenir que lorsque le roi aurait recouvré quelque santé. Les souffrances de ce malheureux prince allaient toujours s'aggravant. Les bons intervalles devenaient chaque année plus rares et plus courts... P. de Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 2, 1821-1824, p. 276.
58. Les paysans connaissaient Manuel depuis la propagande de Ramos dans la Sierra. Ils éprouvaient pour lui une sympathie prudente, qui allait s'accentuant au fur et à mesure qu'il était plus mal rasé et que ce visage de Romain un peu alourdi, aux yeux vert clair sous des sourcils très noirs, devenait une tête de matelot méditerranéen. A. Malraux, L'Espoir,1937, p. 481.
III.− S'en aller.[Une limite initiale de l'action est envisagée; le terme du mouvement est parfois implicite] Partir du lieu où se trouve le sujet en question (pour se rendre dans un autre lieu).
A.− [Le suj. désigne une pers. ou un moy. de locomotion]
1. [Avec indication du point de départ] S'en aller de :
59. Ce cher frère me donne bien des sollicitudes, mais aussi beaucoup d'affection de son côté, ce qui paye au centuple. Il me veut à son mariage; je veux y être et je ne puis partir, m'en aller d'ici, laisser ma sœur, mon père pour longtemps. Cela attriste, attriste et me fait dire non. On convient qu'il faut que j'y aille, mais je ne sais qui pourra m'arracher d'ici. E. de Guérin, Lettres,1838, p. 181.
2. [Sans indication du point de départ] :
60. Dans les larges bassins, fermés par une clôture de planches les bateaux attendaient le moment où ils s'en iraient, le long des chemins de halage, au frémissement des sonnailles suspendues au cou des chevaux. É. Moselly, Terres lorraines,1907, p. 48.
3. [Suivi d'un inf. marquant le but] :
61. Les bains nocturnes sont en honneur à Tahiti; au clair de lune des bandes de jeunes filles s'en vont dans les bois se plonger dans des bassins naturels d'une délicieuse fraîcheur. P. Loti, Le Mariage de Loti,1882, p. 45.
Fam. [Suivi d'un inf. pour exprimer un fut. proche] :
62. Je m'en vais te faire une confidence ... G. Flaubert, Correspondance,1850, p. 202.
Rem. Ce dernier emploi se distingue de la constr. aller + inf. (cf. supra II C 1) en ce qu'il est plus fam., se limite à la 1repers. du sing., et souligne la continuité entre le moment actuel et le moment futur.
4. [Suivi d'un verbe à la forme en -ant pour souligner l'aspect duratif du procès exprimé par ce verbe] :
63. ... − Quand il [l'artiste] s'en va cherchant Ces pensers de hasard que l'on trouve en marchant, ... Il retrouve, attristé, le regret morne et froid Du passé disparu, du passé quel qu'il soit. V. Hugo, Les Feuilles d'automne,1831, p. 790.
Par euphémisme. Quitter ce monde, mourir :
64. La pauvre Marthe Roux est morte dimanche dernier, voici quatre jours. Un peu avant de s'en aller, n'ayant plus sa tête, elle disait : « Comme c'est joli, ces enfants qui jouent là-bas! » Que voyait-elle? J. Green, Journal,1944, p. 106.
Fam. S'en aller de la poitrine. Être mortellement malade de la poitrine.
B.− [Le suj. désigne une chose] Disparaître progressivement, décliner (en parlant du jour); s'écouler (en parlant du temps); s'échapper (en parlant d'un liquide en ébullition), etc. :
65. Ne survit-il pas, dans notre siècle d'impiété, assez de catholicisme pour qu'une âme d'enfant s'imprègne d'amour mystique avec une inoubliable intensité? La foi s'en ira, mais le mysticisme, même expulsé de l'intelligence, demeurera dans la sensation. P. Bourget, Essais de psychologie contemporaine,1883, p. 6.
66. Du jour qui s'en allait, à peine s'il restait un incertain reflet, là-bas vers le couchant, avec un nuage tout noir d'un côté, qui se dédorait et qui s'écaillait, − et c'était tout à fait la nuit. Ch.-F. Ramuz, Aimé Pache, peintre vaudois,1911, p. 230.
[Avec un compl. de manière ou de résultat] S'en aller à feu et à sang; s'en aller en ruine.
Au fig. [En parlant d'un projet] S'en aller en fumée.
Rem. 1. Aux temps composés, en précède normalement l'auxil. : je m'en suis allé; je me suis en allé est familier. 2. Pour l'emploi littér. il s'en fut, au lieu de il s'en alla, cf. être.
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [ale], (je) vais [vε]. Enq. : /ve1(D)/, zéro (prés. 1); /va/, zéro (prés. 2, 3, impér. 2); /võ/, zéro (prés. 6); /aj/, zéro (subj. 1, 2, 3, 6); /al/, /õ, e1, e1(D); iõ, ie1/; /i/, /ʀe1, ʀa, ʀõ, ʀe1(D), ʀiõ, ʀie1/; inf. /ale1/; part. /alã, ale1/. 2. Homon. : haler (terme de mar.). 3. Forme graph. − Je vais, nous allons; j'allais; j'allai; je suis allé; j'irai; j'irais; que j'aille, que nous allions; que j'allasse; va, allons; allant; allé. − Rem. a) L'impér. va prend un s euphonique lorsqu'il est suivi de y : vas-y; mais il s'écrit sans s, lorsque y est suivi d'un inf. : ,,va y chercher mes papiers`` (cf. Ortho-vert 1966). Dans le parler fam. : vas-y voir, sans doute anal. de allez-y voir. b) On écrit va-t'en, t étant suivi d'une apostrophe, mais allez-vous-en, avec un trait d'union. 4. Hist. − a) Fér. 1768 et Ac. 1798 : je vais ou je vas; Fér. Crit. t. 1 1787 : ,,Ménage décide nettement qu'il faut dire je vais, et non pas je vas, et moins encore, je va comme M. de Vaugelas soutenait que toute la cour disait``; Ac. 1835 : ,,L'expression je vas ne s'emploie que rarement et dans le langage familier.`` Littré cite encore les formes je vais ou je vas avec la rem. : ,,Celui-ci est beaucoup moins usité que je vais.`` b) Ac. 1798 : j'allois, j'irois; Ac. abr. 1832 : j'allais, j'irais.
Étymol. ET HIST. − a) Fin xies. « se diriger vers un but » (Alexis, st. 65eds Gdf. Compl. : il vat avant la maisun aprester); b) ca 1100 (Rol., 3723, ibid. : Alde la bele est a sa fin alee); c) av. 1188 pronom. « partir » (Parton., B.N. 19152, fo152 d, ibid. : Atant li dit : Vos en iroiz). Paradigme composite, dér. de 3 verbes lat. : ambulare propr. « se promener », ire « aller, marcher », vadere « id. ». Le lat. ambulare dont le sens était devenu « aller » dès l'époque class. dans la lang. milit., puis fam., s'est réduit, moins vraisemblablement en passant par une forme *ambitare à *aner puis à aler par dissimilation dans l'expr. « nos nos en *anons », devenue « nos nos en alons » (voir Dauzat 1968), plus prob. par l'intermédiaire d'une forme expr. de commandement militaire où ambulate « en avant, marche! » se serait contracté en a al(l)ate (voir Bl.-W.5et EWFS2). La forme alare est plusieurs fois attestée dans les Gloses de Reichenau au viiies. dans le sens d'aller. La lang. a empr. certaines formes à ire (fut. et condit.) et à vadere (1re, 2e, 3eet 6epers. de l'ind. prés.), réalisant ainsi une conjug. à rad. variable (EWFS2; FEW t. 1, s.v. ambulare, t. 4, s.v. ire, t. 14, s.v. vadere).

Wiktionnaire

Forme de verbe 1

aillent \aj\

  1. Troisième personne du pluriel du subjonctif présent du verbe aller.

Forme de verbe 2

aillent \aj\

  1. Troisième personne du pluriel de l’indicatif présent du verbe ailler.
  2. Troisième personne du pluriel du subjonctif présent du verbe ailler.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ALLER. (Je vais, tu vas, il va; nous allons, vous allez, ils vont. J'allais. J'allai. Je suis allé. J'irai. J'irais. Va. Que j'aille, que tu ailles, qu'il aille; que nous allions, que vous alliez, qu'ils aillent. Que j'allasse. Allant. Allé. On dit quelquefois Je fus, j'ai été, j'avais été, j'aurais été, pour J'allai, je suis allé, je serais allé. Voyez le verbe ÊTRE.) v. intr.
Se mouvoir, se transporter; être mû, transporté d'un lieu à un autre. Il s'applique aux personnes et aux choses et s'emploie soit seul.Ne faire qu'aller et venir. Marchez, allez donc. Ce pauvre homme ne peut plus aller, tant il est fatigué. Soit suivi d'un complément. Aller à Rome, en Espagne, aux Indes. Aller à la ville, à la campagne. Aller d'un lieu à un autre. Aller de ville en ville. Y va-t-il? Vas-y. Les fleuves vont à la mer. Aller près. Aller loin. Je vais à deux pas. Aller vite. Aller doucement. Aller clopin-clopant. Aller comme le vent. Ce cheval va au trot, au galop; il va le pas, l'amble, le grand galop; il va bon train. Le vaisseau allait à pleines voiles. Aller en avant, en arrière. Aller à tâtons. Aller devant soi, droit devant soi. Aller contre le courant de l'eau. Aller contre vent et marée. Aller sur la terre. Aller sur l'eau. Aller par monts et par vaux. Aller par terre, par eau, par mer. Aller par le chemin le plus court, par un chemin de traverse. Aller par la grande route, par un sentier. Aller à travers les bois, à travers champs. Aller à pied, à cheval, à âne, à bicyclette, en voiture, en automobile, en bateau, par la diligence. Aller sur un pied ou à cloche-pied. Ces bâtiments vont à voile et à rame. Les girouettes vont selon le vent. Aller à la file les uns des autres. Aller les uns après les autres. Aller de compagnie. Aller en troupe. Aller par troupes. Souvent, le complément d'ALLER indique le Motif ou la Fin de l'action. Aller à la messe, au sermon, à confesse. Aller à la promenade, au bal, au spectacle. Aller à la guerre, à l'armée, à un siège. Aller à la chasse, à la pêche, en vendange. Aller en ambassade, en pèlerinage. Aller au-devant de quelqu'un, à la rencontre de quelqu'un. Aller aux nouvelles. Aller à la découverte. Aller au supplice, à la mort. Aller au combat, S'avancer pour combattre. Aller à l'ennemi, aux ennemis, S'avancer vers les ennemis pour les combattre, pour les charger. Aller au feu, S'exposer au feu des ennemis. Ce soldat va au feu gaiement. Aller au bois, à l'eau, etc., Aller en quelque endroit pour s'y pourvoir de bois, d'eau, etc. On dit de même Aller à la provisio n. Aller au ministre, à l'évêque, etc., S'adresser au ministre, à l'évêque, etc. Pour cela il vous faut aller au ministre. Cette affaire s'en va au diable, à tous les diables, se dit d'une Affaire qui tourne mal, qu'on regarde comme manquée, comme perdue. Allez au diable, à tous les diables, est une expression d'impatience, de colère, une sorte d'imprécation. Aller à la diable, Très mal. Aller aux opinions, aux voix, Recueillir les opinions, les voix. On dit de même Aller aux avis. Aller aux renseignements sur quelqu'un, S'adresser à ceux qui peuvent donner des renseignements sur quelqu'un. Aller aux informations. Aller au plus pressé, S'occuper d'abord de l'affaire qui souffrirait le plus d'un retardement. Ce vase va au feu, Il résiste à l'action du feu, on y peut faire cuire ou chauffer quelque chose sans craindre qu'il se casse, qu'il éclate. On dit dans un sens analogue Cette étoffe va à la lessive, etc. Aller de pair, Être égal, être pareil. Il va de pair, pour la dépense, avec les gens les plus riches. Cicéron va de pair avec Démosthène. Ces deux avocats vont de pair. En termes d'Escrime, Aller à la parade, Parer un coup. L'infinitif présent qui suit ALLER peut exprimer aussi le Motif ou la Fin de l'action. Aller se promener. Aller travailler. Aller étudier. Aller le trouver. J'irai lui parler. Va l'en informer. Va en savoir des nouvelles. Allez me chercher cela. Allez vous promener, qu'il aille se promener, se dit lorsqu'on s'impatiente contre un importun, lorsqu'on se met en colère contre quelqu'un.

ALLER, suivi d'un infinitif, sert encore à marquer qu'une Chose est sur le point d'être faite, d'avoir lieu. Nous allons voir ce qu'il dira. Ils vont partir. Je vais y aller. Elle va chanter, danser. Allez-vous recommencer vos doléances? Le jour va finir. Un homme qui va mourir. Le sermon va commencer. On va se mettre à table. J'allais me coucher quand il est venu. La contestation allait finir lorsque vous êtes parti. Il jugea que l'affaire allait se terminer heureusement.

ALLER se joint au gérondif d'un verbe pour exprimer, avec l'idée d'un mouvement, Celle d'une certaine durée de l'action. Un ruisseau qui va serpentant. Ce tour a vieilli. Fig., Le mal, l'inquiétude, etc., va croissant, va toujours croissant, Croît de plus en plus. On dit aussi Aller en augmentant, en diminuant, en déclinant, etc. Par analogie,

ALLER signifie aussi Marcher, fonctionner en parlant d'un mécanisme. Une montre qui va trente heures. Cette horloge va bien, va mal. Ce ressort, cette machine ne va plus. Faire aller un moulin. Il y a quelque chose qui empêche la roue d'aller. On dit dans un sens analogue Son pouls va bien, Le mouvement de son pouls est bien réglé. Il se dit pour marquer l'Écoulement du temps qui a été employé à quelque chose. Ces ouvriers vont bien lentement. Ce bâtiment-là est allé fort vite. Cet enfant va sur quatre ans, sur ses quatre ans, Il aura bientôt quatre ans. Il se dit aussi pour marquer l'Étendue de certaines choses. La forêt va depuis le village jusqu'à la rivière. Son manteau va jusqu'à terre. Il sert également à marquer où mène un chemin, où il aboutit. Ce sentier va à la fontaine. Ce chemin va droit à la ville. Il sert de même à indiquer la Direction des choses. Cette allée va en pente, va en montant. Cette pièce de terre va en pointe. Cette étoffe va de biais. Il se dit quelquefois pour indiquer à quoi se montent des nombres, des sommes, des supputations. Ce calcul va bien haut. Les nouvelles levées vont à trente mille hommes. La dépense ira plus loin qu'on ne croit.

ALLER sert aussi à marquer, tant au propre qu'au figuré, le Progrès, en bien ou en mal, des personnes ou des choses. Cela va. Cela ira. Vous n'allez pas. Il n'y a point d'homme dont l'esprit aille jusque-là. Son imagination va si loin qu'elle se perd. Le raisonnement des plus habiles ne va pas bien avant. Cette vengeance est allée trop loin. Son amour va jusqu'à la folie. Il ira loin. Cette affaire ira plus loin qu'on ne pense. Cela va de mal en pis. Il va de mieux en mieux. Cette chose va de suite, elle doit aller de suite, Elle est la conséquence naturelle, nécessaire de telle autre chose. On dit aussi Cela va de soi.

ALLER sert particulièrement à désigner la Fin, le résultat de quelque chose. Tous ses vœux vont à la paix, vont au bien de l'État. Toute son entreprise est allée en fumée, est allée à rien. Cette affaire peut aller à vous perdre. Cela va à vous déshonorer. Il se dit également en parlant de l'État bon ou mauvais des personnes ou des choses. Comment va votre santé? Comment allez-vous? Il va bien. Tout va bien. Le commerce ne va pas, ne va plus. Ses affaires vont bien, vont mal, ne vont pas trop bien. Sa digestion va bien, va mal. Le feu va. Cet homme va encore. Ce cheval ne peut plus aller.

ALLER signifie encore Manière dont on agit, dont on se comporte en de certaines choses, et, dans cette acception, on l'emploie souvent avec la particule y. Aller vite en besogne. Il ne faut pas reprendre avec aigreur, il faut y aller doucement. Il n'y faut pas aller si rudement. La chose est bonne en elle-même, mais il faut y aller avec de grandes précautions. Il y va de bonne foi. Aller contre la volonté, contre les intentions, les ordres de quelqu'un. Aller à la fortune par des voies honorables, par de mauvaises voies. Aller aux grands emplois par la faveur. Aller d'abord aux grands desseins. C'est un homme qui va droit en tout. Il va au fait. Aller droit au fait. Aller au but. Aller droit au but. C'est un homme fait pour aller à tout, C'est un homme qui, par son mérite, par ses talents, est fait pour arriver aux plus hauts emplois ou aux plus grands honneurs.

ALLER sert en outre à marquer la Manière dont une chose est faite, est mise, est disposée, la manière dont elle sied à quelqu'un, et alors il se dit surtout de Ce qui regarde l'habillement. Un chapeau qui va mal. Cet habit ne va pas bien. Cette couleur va aux blondes, ne va pas bien aux brunes. Sa perruque lui va mal. Ces choses vont bien ensemble, vont bien l'une avec l'autre, Elles s'accordent bien ensemble. Le bleu et le rose vont bien ensemble. Ces deux couleurs vont bien l'une avec l'autre. Cette couleur va bien avec telle autre. Ces deux chevaux vont bien ensemble. Cette chose va bien à telle autre, sur telle autre, Mise, appliquée sur telle autre, elle y produit un effet agréable. Cette garniture va bien à cette robe. Ce ruban va bien à votre chapeau. Cette broderie va très bien sur ce fond-là. Cette chose va à telle autre signifie aussi Elle s'y adapte, elle s'y ajuste bien. Cette clef va, ne va pas à cette serrure. On dit de même Ces bottines me vont, ne me vont pas. Ces choses vont ensemble, se dit de Certaines choses qui sont appariées et qui ne se vendent point, qui ne s'emploient pas séparément. Ces deux gants-là vont ensemble. Ces deux bas vont l'un sur l'autre. Ces quatre estampes vont ensemble. Cela va par-dessus le marché, se dit d'une Chose donnée gratuitement, en considération d'un marché conclu, d'une vente faite.

ALLER, mis à l'impératif, sert également à Faire des souhaits, des exhortations ou des menaces et à marquer de l'indignation. Allez en paix. Allons, enfants, courage. Va, malheureux. Va, misérable. Allez, n'avez-vous point de honte? Allez, vous me faites horreur! Allez, je vous retrouverai. Il sert quelquefois à Affirmer avec plus de force. Ainsi on dit : Allez, nous en viendrons à bout. Il fera votre affaire, allez. N'allez pas vous imaginer, n'allez pas croire, Ne vous imaginez pas, ne croyez pas.

ALLER se dit, en termes de jeux de Cartes, en parlant de Ce que l'on hasarde au jeu. De combien allez-vous? J'y vais de cinq francs. Il y va de son reste. Rien ne va plus. Va tout. Cette locution s'emploie comme nom. Il joue son va-tout.

ALLER, joint à l'adverbe y et employé comme verbe impersonnel, sert à marquer de quoi il s'agit, de quelle importance est la chose dont on parle. Quand il devrait y aller de tout mon bien. Songez qu'il y va de votre fortune. C'est une affaire où il y va de l'intérêt public. Dans cette affaire il n'y allait pas moins que de son honneur et de sa vie. Souvenez-vous qu'il y va du salut éternel. Lorsque, dans cette signification, l'on se sert du temps Irait, on supprime, pour l'euphonie, l'adverbe y. Quand il irait de tout mon bien, quand il irait de ma vie; et, en général, dans tous les sens du verbe Aller, la particule y se supprime devant les temps Irais et Irai. Avez-vous été à Paris? J'irai. Ira-t-il à Rome? Il ira.

ALLER s'emploie aussi comme impersonnel, étant précédé de l'adverbe en. Ainsi on dit Il en va de cette affaire-là comme de l'autre. Il n'en ira pas de cela comme vous pensez. Il signifie quelquefois Faire ses nécessités naturelles. Le remède qu'il a pris l'a fait aller cinq ou six fois. Aller par haut, Vomir. Un remède qui fait aller par haut et par bas.

ALLER, précédé du verbe Laisser, forme une locution qui signifie Ne pas empêcher d'aller, ou simplement Ne plus retenir, lâcher. Je le laisse aller où il veut. On a laissé aller le prisonnier. Je vais crier, si vous ne me laissez aller. Laissez-la donc aller. On les a toutes laissées aller. Laissez aller cette corde. Laisser tout aller sous soi, Ne pouvoir retenir ses matières intestinales. Ce malade, cet enfant laisse tout aller sous lui. Fig. et fam., Laisser tout aller, Négliger entièrement ses affaires, ou la gestion, l'administration dont on est chargé. Se laisser aller, Ne pas faire la résistance qu'on pourrait ou qu'on devrait faire, s'abandonner. Se laisser aller à l'entraînement de la coutume. Se laisser aller au torrent. Se laisser aller à la tentation. Se laisser aller aux mauvais exemples. Se laisser aller à la douleur, à la tristesse, au désespoir. Je me suis laissé aller à ses prières, à ses sollicitations. Se laisser aller à la faveur, aux présents. Elle s'est laissée aller à sa passion. Absolument, Cet homme se laisse aller, C'est un homme facile et on fait de lui tout ce qu'on veut. Cela se dit aussi d'un homme qui se néglige, qui ne prend aucun soin de sa personne.

ALLER, précédé du verbe Faire, forme une locution qui signifie Leurrer quelqu'un par des promesses illusoires; quelquefois Obtenir des services qu'il ne doit pas. Il s'entend à faire aller son monde. Il m'a bien fait aller. Comme elle le fait aller! Il est familier.

S'EN ALLER signifie Partir, sortir d'un lieu. Il s'en va. Ils s'en iront bientôt. Il s'en est allé. Elles s'en sont allées. Il faut que tout le monde s'en aille. Allez-vous-en. Allons-nous-en d'ici. Va-t'en. Va-t'en porter ma lettre. Il s'emploie aussi en parlant des choses et signifie S'écouler, se dissiper, s'évaporer. Ce tonneau de vin s'en va, Le vin qui est dans ce tonneau s'écoule, s'enfuit. Tout le vin s'en ira par là, si on n'y prend garde. La fumée s'en va par la chambre. Si l'on ne bouche bien cette fiole, tout l'esprit-de-vin s'en ira. Il se dit pareillement de Tout ce qui commence à se passer, à s'effacer. On ne croit pas que sa fièvre s'en aille sitôt. Son mal s'en va peu à peu. Son rhumatisme s'en est allé par les sueurs. Sa beauté s'en va. L'éclat de son teint commence à s'en aller. Il se dit également de Tout ce qui se dissipe, se consume, s'use en quelque manière que ce soit. Tout son argent s'en va en procès. Tout son temps s'en est allé à cette affaire. Voilà un habit qui s'en va. Il se dit de même en parlant du Déclin de la vie, des approches de la mort. Cet homme est bien mal, il s'en va, il s'en ira avec les feuilles. Ce malade s'en va. On dit dans le même sens Cet homme s'en va mourir, s'en va mourant. Fam., Faire en aller (avec ellipse du pronom personnel), Faire que quelqu'un ou quelque chose s'en aille. Faire en aller les punaises, les rousseurs, la fièvre. Un acide pour faire en aller les taches. En termes de jeu de Cartes, S'en aller d'une carte, Se défaire d'une carte, la jouer. Allez-vous-en de votre carreau. Je m'en suis allé de mon roi de pique. S'en aller des plus hautes cartes.

ALLER s'emploie dans diverses phrases proverbiales et familières. Fig., Aller son chemin, Poursuivre son entreprise, ne pas se détourner de la conduite qu'on a commencé à tenir. Aller son petit bonhomme de chemin, Vaquer à ses affaires, poursuivre ses entreprises tout doucement et sans éclat. Aller son grand chemin, N'entendre point de finesse à ce qu'on fait, à ce qu'on dit. Aller le droit chemin, Procéder avec sincérité, sans nulle tromperie. Fig., Il ne faut pas aller par quatre chemins, Il faut s'expliquer franchement, il ne faut pas chercher tant de détours. Aller vite en besogne, Agir avec précipitation. Fig., Aller aux nues, Avoir un succès éclatant. Cette tragédie, cette comédie est allée aux nues. Fig. et prov., Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse, Une action hasardeuse, souvent répétée, finit par devenir funeste. Tous chemins vont à Rome, Divers chemins mènent au même endroit; et, figurément, Divers moyens conduisent à la même fin. Fig., Il va comme on le mène, Il n'est pas capable de prendre une résolution de lui-même. Fig., Il s'en est allé comme il était venu, Il n'a rien obtenu de ce qu'il désirait. Cela va tout seul, La chose est aisée, elle n'offre point, elle ne souffre point de difficulté. Cela va comme il plaît à Dieu, C'est une affaire négligée, mal menée, dont on ne prend aucun soin. Tout va à la débandade, Tout va en désordre. Cela va sans dire, Cela va de soi, C'est une chose tellement certaine, incontestable, ou tellement claire, naturelle, qu'il est inutile d'en parler, de la dire, de l'expliquer. On dit dans le même sens Il va sans dire que... Fig., Tout s'en est allé en fumée, On n'a obtenu aucun résultat. Fig., Tout y va, la paille et le blé, On n'y a rien épargné. N'y pas aller de main morte, Frapper rudement; et, au figuré, Mettre de la rudesse, de la violence dans une discussion verbale ou par écrit. Y aller rondement, y aller de franc jeu, y aller bon jeu, bon argent, Parler, agir sans détour, franchement, loyalement.

ALLER se prend comme nom dans quelques locutions. L'aller et le retour. Un billet d'aller et de retour. Prov., Au long aller, petit fardeau pèse, Il n'y a point de charge si légère qui ne devienne pénible à la longue. Le pis aller, Le pis qu'il puisse arriver, le moindre avantage qu'on puisse avoir. S'il ne réussit pas dans sa nouvelle carrière, son pis aller sera de rentrer dans celle qu'il a quittée. Si vous ne trouvez mieux, je serai votre pis aller. Au pis aller se dit adverbialement du Plus grand mal ou du moindre avantage qui puisse résulter de quelque chose. Au pis aller, il en sera quitte pour une amende.

Phonétique du mot « aillent »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
aillent aj

Évolution historique de l’usage du mot « aillent »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « aillent »

  • C’était au cœur du confinement. À son moment le plus intense. Le 9 avril, la Communauté d’agglomération bergeracoise (CAB) créait Le P’tit Local fermier, à Creysse (Dordogne). À l’époque, le président Frédéric Delmarès craignait que les producteurs agricoles aillent "au-devant de grandes difficultés pour écouler leurs produits". D’où l’implantation de ce drive avenue de la Roque, entre Bergerac et Creysse.  SudOuest.fr, Bergeracois : le drive le P’tit Local fermier se pérennise et devient un marché fermier
  • « Nous sommes préoccupés que (les nouvelles taxes) n’aillent même au-delà de ce qui est autorisé par l’OMC », a-t-il dit. Courrier picard, L’Europe «préoccupée» par la menace américaine de nouvelles taxes punitives
  • Toutefois, l'intention d'achat ne signifie pas forcement l'aboutissement d'une vente. Rien ne garantit que les personnes sondées aillent se procurer des AirPods par la suite. D'autant plus qu'en termes de dépenses prévues, l'enquête a révélé que le budget de la majorité des consommateurs se situe entre 51 et 150 £ (56 € - 165 €), soit en deçà du prix des AirPods qui se vendent à partir de 159 £ (175 €) au Royaume-Uni (hors promotion). WatchGeneration, Écouteurs sans fil : les AirPods en tête des intentions d'achats au Royaume-Uni | WatchGeneration
  • "C’est la seule personne qui peut battre le maire au vu des résultats du premier tour, a-t-il argumenté. Les habitants de Bagnols ont envie de changement parce qu’ils n’en peuvent plus des conditions d’insécurité dans certains quartiers. S’ils en ont marre, il ne faut pas qu’ils restent chez eux. Il faut qu’ils aillent voter pour quelqu’un qui a des solutions."  midilibre.fr, Municipales à Bagnols : Julien Sanchez, le maire de Beaucaire, apporte son soutien à Corine Martin - midilibre.fr
  • Jean-Michel Bezat rappelle que le pétrole a longtemps fait l’objet de prédictions et de spéculations en tout genre, ce constat étant d’autant plus avéré dans le contexte de la crise actuelle. En effet, « il n’est guère étonnant, au sortir de la pandémie de Covid-19, que les spéculations aillent bon train » indique le journaliste. Rappelons par exemple ce fameux jeudi 20 avril, journée tant historique qu'inédite où le baril de brut américain avait atteint un taux négatif et où les détenteurs de ces barils étaient prêts à payer pour s’en débarrasser. Depuis lors, la demande quotidienne de pétrole n’a cessé de diminuer et reculera d’après l’auteur de 8% sur l’année 2020. Cela conduira à son sens à modifier durablement les comportements des citoyens : les voyages en avion seront limités, les véhicules électriques connaitront une popularité croissante, les grandes compagnies tels que la SNCF ou Air France se reconvertiront peu à peu vers une logique durable, la lutte contre les déchets plastiques continuera son ascension… , Un article du Monde analyse le lien entre la crise sanitaire et la fin du pétrole - Médiaterre
  • De plus, seulement 68 personnes se sont signalées comme malades, ce qui n'a entrainé que 14 alertes pour que les personnes aillent se faire dépister, comme l'explique Le Monde. midilibre.fr, Coronavirus : l'application StopCovid n'a averti que 14 personnes depuis sa mise en place - midilibre.fr
  • CAPRICORNE Vous tournez à 100 à l'heure et on ne vous arrête plus ! Ralentissez, faites une pause et acceptez que les autres n'aillent pas aussi vite que vous. tendanceouest.com, Votre horoscope signe par signe du mercredi 24 juin

Traductions du mot « aillent »

Langue Traduction
Anglais go
Espagnol vayan
Italien vadano
Allemand hingehen
Portugais vão
Source : Google Translate API

Synonymes de « aillent »

Source : synonymes de aillent sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « aillent »

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