Acclamation : définition de acclamation


Acclamation : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ACCLAMATION, subst. fém.

A.− Cri d'enthousiasme collectif pour saluer ou approuver publiquement une personnalité, le succès d'une œuvre, etc. :
1. Le peuple finit par couper de grosses branches d'arbres, dont il fit un brancard, sur lequel il obligea la princesse de s'asseoir; et elle fut ainsi portée en triomphe jusque dans son palais, au milieu des acclamations et des cris du peuple. Il y a dans l'admiration publique une sorte de contagion dont il est presque impossible de se préserver, du moins pour le moment, alors même qu'elle est usurpée; ... Mmede Genlis, Les Chevaliers du cygne,t. 2, 1795, p. 324.
2. À sa voix expirante, Napoléon, interrompant ses mystérieuses destinées, accourt des rives du Nil, il traverse les mers au risque de sa liberté et de sa réputation, il aborde seul aux plages françaises. On tressaille de le revoir, des acclamations, l'allégresse publique, le triomphe le transportent dans la capitale. À sa vue, les factions se courbent, les partis se confondent; il gouverne, et la révolution est enchaînée! E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 2, 1823, p. 575.
3. − Vous êtes le seul, reprit Gringoire, qui ayez convenablement écouté la pièce. Comment la trouvez-vous? − Hé! Hé! répondit le gros magistrat à demi réveillé, assez gaillarde en effet. Il fallut que Gringoire se contentât de cet éloge, car un tonnerre d'applaudissements, mêlé à une prodigieuse acclamation, vint couper court à leur conversation. V. Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 60.
4. L'auteur serait enseveli dans son triomphe, pareil au jeune captal de Buch après l'assaut de Ravenne et que pleurèrent toutes les femmes. C'est un tonnerre, une salve, une apothéose d'acclamations, de cris, de bravi, d'opinions, de oua-ouaou, de bruits de tout genre, même inquiétants, de spasmes, de convictions, de trépidations, d'idées et de gloire éclatant de tous les côtés à la fois... Ph.-A.-M. de Villiers de l'Isle-Adam, Contes cruels, La Machine à gloire, 1883, p. 90.
5. Puis la grande scène de rupture du quatrième acte, sur laquelle nous comptions tous pour l'enlèvement de la pièce, accueillie froidement et sa froideur déteignant sur le cinquième acte. Au fond, une déception pour les amis, qui s'attendaient à voir finir la pièce par une acclamation, un triomphe, un emballement frénétique de la salle, et qui la voient se terminer par le succès ordinaire d'une pièce qui réussit. E. et J. de Goncourt, Journal,déc. 1885, p. 516.
6. Étourdi par les acclamations de ses partisans et par les huées furieuses des vaincus, porté à bras d'hommes sur ce chemin de la bourdette où on le reconduisait aux flambeaux, ébloui par le feu de joie que tante Sophie allumait dans la cour, grisé de bruit, de champagne, de fatigue nerveuse, Jacques fut vraiment heureux, cette nuit-là. E.-M. de Vogüé, Les Morts qui parlent,1899, p. 105.
7. C'est ma juste fierté de m'être, pour ma part de militant, préparé sans trêve à cette grande tâche, aujourd'hui comme hier. J'ai travaillé sous les outrages comme sous les acclamations. Et j'ai l'assurance que le fruit de ce labeur ne sera point perdu pour le prolétariat. J. Jaurès, Études socialistes,préf., 1901, p. lxxiii.
8. Luttant avec eux, un autre bruit se fit place, devint enfin distinct : l'ébranlement régulier du sol sous les pas. − L'armée, dit Katow. Ce sont les nôtres. Sans doute. Les cris étaient des acclamations. Impossible encore de les distinguer des hurlements de peur; Kyo avait entendu s'approcher ainsi ceux de la foule chassée par l'inondation. Le martèlement des pas se changea en clapotement, puis reprit : les soldats s'étaient arrêtés et repartaient dans une autre direction. A. Malraux, La Condition humaine,1933, p. 274.
9. Faire œuvre durable, c'est là mon ambition; et quant au reste : succès, honneurs, acclamations, j'en fais moins cas que de la moindre parcelle de vraie gloire : apporter réconfort et joie aux jeunes hommes de demain. A. Gide, Journal,1943, p. 223.
10. La tension de tous les visages révélait que chacun devinait le but de mon voyage, bien qu'on l'ait tenu secret. Guère de bravos, ni d'acclamations mais tous les couvre-chefs ôtés, les bras levés, les regards appuyés. Ce salut ardent et silencieux me fit l'effet d'un témoignage que m'adressait la multitude à un moment décisif. Ch. de Gaulle, Mémoires de guerre,L'Unité, 1956, p. 294.
Spéc. LITURG. Courte formule rituelle par laquelle les fidèles disent ou chantent en commun leur adhésion aux lectures bibliques :
11. L'Évangile est précédé d'une acclamation (alléluia, sauf pendant le Carême). (...) L'acclamation qui remplace l'alléluia, durant le Carême, n'est pas fixée : on suggère une formule telle que : « Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ». Lectionnaire dominical, par T. Nève, P.-M. Guillaume, L. Deiss, J.-M.-R. Tillard, Paris, éd. du Cerf, 1969, p. vi, xi.
Rem. 1. Syntagmes fréq. Acclamation est caractérisé a) par des adj. indiquant l'unanimité : générale, prodigieuse, unanime, universelle; − l'intens. : grande, immense, frénétique, tonnante, enthousiaste, vive; − ou apportant une note styl. par un jeu d'oppos. : muette, silencieuse; b) par des subst. lui servant de compl. : acclamation de triomphe, de joie, de plaisir, de sympathie, d'enthousiasme; ou dont il est compl. : une apothéose d'acclamations; par des verbes : les acclamations montent, s'élèvent, retentissent. 2. a) Acclamation est en rapport (paradigm.) avec des termes de même tonalité et marquant l'enthousiasme : applaudissement (ex. 3), cri (ex. 1), bravos (ex. 4, 10); une atmosphère de fête et d'excitation publ. : triomphe (ex. 2, 5), allégresse (ex. 2), emballement (ex. 5); b) il couronne, comme un superl., des séries indiquant l'intérêt croissant qu'on témoigne pour qqn (ex. 9, 10); c) il se rencontre avec des anton. : huées (ex. 6), hurlements (ex. 8), outrages (ex. 7), etc. 3. Dans les 3 ex. suiv., tandis que acclamation n'est ordin. empl. que pour marquer la joie, l'enthousiasme ou l'approbation, le mot se trouve aussi associé à l'idée de rage, de fureur, d'hostilité; le mot est alors un superl. de cris de foule (cf. aussi sup. ex. 8) :
12. Il rugissoit comme un ours, il frappoit les pins avec son casse-tête, il montoit à l'escalade; il se jetoit en arc comme un pont. Des acclamations, les unes de joie, les autres de rage, ébranlent le bois sacré. Outougamiz s'écrioit : « Voilà l'Iroquois, voilà Chactas, voilà moi, voilà René, voilà Céluta, voilà Mila! » F.-R. de Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 424.
13. Elle ne comprend pas qu'on puisse se démener de la sorte. La grande lamentation de l'orchestre, les longs sanglots douloureux, les sons enflés qui montent comme une furieuse acclamation de voix stridentes, lui font le même effet que la vilaine foule crottée qui s'entasse et se heurte sur les boulevards un jour de pluie. H. Taine, Notes sur Paris, vie et opinion de Monsieur Frédéric-Thomas Graindorge,préf., 1867, p. 156.
14. Cependant, on apercevait Gaspard, Burette et Moreau, quoiqu'ils n'eussent aucun galon sur les manches. À leur wagon, c'étaient les gradés qui se tenaient derrière. À trois heures juste, le convoi se mit en route. Acclamations mêlées : « hourra! hourra! à Berlin!... À bas Guillaume ... R. Benjamin, Gaspard,1915, p. 21.
B.− DR. PUBL. [Au sing.] Cri unanime par lequel les membres d'une assemblée approuvent de leur place une proposition :
15. Le chancelier de France rappela à l'assemblée que ce traité était conforme au désir que la bonne ville de Paris avait déjà montré, et à ce que ses députés avaient réglé à Arras avec le duc de Bourgogne; puis il demanda si l'on voulait persévérer et adhérer au traité communiqué par le roi. « Oui, oui », crièrent-ils avec acclamation et tout d'une voix : « vive le roi, la reine et monseigneur de Bourgogne! » P. de Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 4, 1821-1824, p. 291.
16. Raguse, microcosme vénitien, espèce d'excroissance maladive de la vieille Albanie poussée sur un rocher de l'Adriatique, aussi bien nid de pirates que cité de gentilshommes, avait pour prince un recteur nommé à la fois de trois façons, par le scrutin, par l'acclamation et par le sort. V. Hugo, Le Rhin,concl., 1842, p. 148.
Spéc. Voter (une loi, un décret), nommer, élire (une pers.) par acclamation :
17. L'impôt désastreux dont elle a fourni le décret a été voté par acclamation par le législateur. Malgré ce prétendu vœu national, et la sanction dont il est revêtu, l'administrateur des finances y compte si peu, qu'il a cru devoir l'étayer d'une proclamation royale. Marat, Les Pamphlets,Dénonciation contre Necker, 1790, p. 100.
18. Pour échapper aux souffrances dont les menaçait la colère du peuple, et à la torture qui, judiciairement, devait précéder leur supplice, ils résolurent, d'un accord unanime, que l'un d'entre eux tuerait les autres, puis se tuerait lui-même de son épée, et ils nommèrent par acclamation celui qui devait faire l'office de bourreau. A. Thierry, Récits des temps mérovingiens,t. 2, 1840, p. 329.
Rem. Le vote par acclamation se fait gén. non pas en poussant des cris, mais en élevant les mains; il n'est en principe pas précédé d'une délibération, parce qu'il suppose l'unanimité (cf. sup. A, rem. 1, syntagmes fréq.) Dans la pratique des assemblées fr., il est remplacé par le vote à main levée, précédé d'une délibération, et l'on compte les voix.
Prononc. : [aklamasjɔ ̃]. Enq. : /aklamasiõ/.
Étymol. ET HIST. − 1504 « cri collectif d'enthousiasme pour saluer qqn » (Jean Lemaire de Belges, Le temple d'honneur et de vertu ds Œuvres, pp. J. Stecher, t. IV, p. 231 cité par A. Goosse ds Fr. Mod., 21, p. 216 : Alors par commune acclamacion d'une voix unanime et favorable noise chascun cria Vive le prince tres bon, tres heureux et tres pacifique Pierre, duc de Bourbon et d'Auvergne, etc.); 1509 « id. » (Id., Illustrations de la Gaule, II, 354, Stecher, cité par Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., I, 184 : Les femmes du dit païs, en toutes acclamations soudaines appelent Tyers, c'est-à-dire Priapus en langue thioise); 1690 jur. (Fur. : Les Magistrats, les Evêques, s'élisoient autrefois par les suffrages, et les acclamations publiques); 1740 par acclamation (Ac. : On dit Elire par acclamation, quand les voix se réunissent tout d'un coup pour l'élection d'un sujet. − On dit aussi, qu'Une loi, qu'un avis passent par acclamation, quand une loi et un avis sont reçûs et approuvez dès qu'ils sont proposez). Empr. au lat. acclamatio « cri collectif » (pour blâmer, Cicéron, Rab. Perd. 18 ds TLL, 324, 67; pour louer, Tite-Live, 31, 15, 2, ibid., 324, 83) cf. lat. médiév., terme jur. du dr. franc « cri d'enthousiasme pour ratifier une élection » (Dipl. Otton., I, 366 ds Mittellat. W. : vocum acclamatione et manuum elevatione electus).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 463. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 916, b) 484; xxes. : a) 728, b) 489.
BBG. − Aquist. 1966. − Bar 1960. − Bénac 1956. − Kold. 1902. − Lacr. 1963. − Lavedan 1964. − Marcel 1938. − Pol. 1868. − Thomas 1956.

Acclamation : définition du Wiktionnaire

Nom commun

acclamation \a.kla.ma.sjɔ̃\ féminin /a.kla.ma.sjɔ̃

  1. Cris de joie ou d’enthousiasme qu’excite une action ou une personne.
    • De longues acclamations accueillirent le roi et la reine de la fête au moment où ils montèrent sur l’estrade qui leur était préparée. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Et, vivement impressionné par la noblesse réelle du spectacle, je ne pus m’empêcher de mêler ma voix aux acclamations enthousiastes des croyants prosternés. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 133)
    • Hier les ovations des mineurs du Nord, aujourd’hui les acclamations des cultivateurs du Midi et des citoyens d’une ville, grande par son passé, […]. — (Joseph Caillaux; Discours de Montpellier, dans Ma doctrine, 1926)
    • Et, tandis que la foule transportée hurlait ses acclamations, Ahmed Abdou entraîna Zariffa loin de cette bousculade. — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans "Trois contes de l’Amour et de la Mort", 1940)
  2. Cri unanime des membres d’une assemblée pour approuver, pour montrer leur choix.
    • […] : c’est ce qui explique le grand prestige qu’acquirent immédiatement sur de jeunes troupes, tant de sous-officiers de l’Ancien Régime que l’acclamation unanime des soldats porta aux premiers rangs, au début de la guerre. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VII, La morale des producteurs, 1908, p.350)
    • De toutes parts s'élevaient les acclamations et les cris : « A Paris! » Ces vivats, ces enthousiasmes faisaient contraste avec la froideur, les réserves, les critiques, les refus d'obéissance des maréchaux comme Ney, Lefebvre, Oudinot, Mac-Donald qui, la veille, avaient déclaré à Napoléon qu'un projet de retour sur Paris était une folie. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p.8)

Nom commun

acclamation \ˌæ.klə.ˈmeɪ.ʃən\

  1. (Soutenu) Acclamation.
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Acclamation : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ACCLAMATION. n. f.
Cris de joie ou d'enthousiasme qu'excite une action ou une personne. À son arrivée, il se fit une acclamation générale. Le sénat romain faisait des acclamations aux nouveaux empereurs. Il fut reçu avec de grandes acclamations, de longues acclamations. Il fut salué par les acclamations de la multitude. Tout retentissait de leurs acclamations. Les acclamations des peuples. Par acclamation, Manière dont une assemblée donne son suffrage, lorsqu'une personne est élue, une loi votée, une proposition adoptée, etc., tout d'une voix et sans qu'il soit besoin d'aller au scrutin. Il fut élu, nommé par acclamation. La loi passa, fut votée par acclamation. La proposition fut adoptée par acclamation.

Acclamation : définition du Littré (1872-1877)

ACCLAMATION (a-kkla-ma-sion ; en poésie, de cinq syllabes, a-kkla-ma-si-on) s. f.
  • 1Action d'acclamer. Pousser des acclamations. Saluer quelqu'un par des acclamations. Exciter des acclamations. Ce discours ayant provoqué des acclamations. Une foule d'auditeurs qu'on traîne après soi, leur assiduité, leur attention, leurs acclamations, Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 208. Les acclamations de ce puissant empire, Voltaire, Sémir. I, 5. Ils en admiraient la beauté avec une acclamation extraordinaire, La Mothe le Vayer, 299. Je vous demanderai compte de ces talents éclatants qui vous avaient attiré les bénédictions des justes et les acclamations même des mondains, Massillon, Avent, Jug. univ. Nous l'avons vu entrer au bruit des acclamations publiques, Massillon, Car. Pass.
  • 2Par acclamation, loc. adv. Tout d'une voix et sans qu'il soit besoin de voter. Les Allemands s'étaient donnés à Charlemagne par acclamation, Voltaire, Mœurs, 32.

HISTORIQUE

XVIe s. Aussi ne fault il pas inconsideréement user de toutes sortes d'acclamations à la louange du disant, Amyot, Comment il faut ouïr, 22.

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Acclamation : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

ACCLAMATION, s. f. marque de joie ou d’applaudissement par lequel le public témoigne son estime ou son approbation. L’antiquité nous a transmis plusieurs sortes d’acclamations. Les Hébreux avoient coûtume de crier hosanna ; les Grecs ἄγαθη τυχὴ, bonne fortune. Il est parlé dans les Historiens de quelques Magistrats d’Athenes qui étoient élûs par acclamation. Cette acclamation ne se manifestoit point par des cris, mais en élevant les mains. Les Barbares témoignoient leur approbation par un bruit confus de leurs armes. Nous connoissons plus en détail sur ce point les usages des Romains, dont on peut réduire les acclamations à trois especes différentes ; celles du peuple, celles du Sénat, & celles des assemblées des gens de Lettres.

Les acclamations du peuple avoient lieu aux entrées des Généraux & des Empereurs, aux spectacles donnés par les Princes ou les Magistrats, & aux triomphes des vainqueurs. D’abord ce n’étoit que les cris confus d’une multitude transportée de joie, & l’expression simple & sans fard de l’admiration publique, plausus tunc arte carebat, dit Ovide. Mais sous les Empereurs, & même dès Auguste, ce mouvement impétueux auquel le peuple s’abandonnoit comme par enthousiasme, devint un art, un concert apprêté. Un Musicien donnoit le ton, & le peuple faisant deux chœurs répétoit alternativement la formule d’acclamation. La fausse nouvelle de la convalescence de Germanicus s’étant répandue à Rome, le peuple courut en foule au Capitole avec des flambeaux & des victimes en chantant, salva Roma, salva patria, salvus est Germanicus. Néron passionné pour la musique, lorsqu’il joüoit de la lyre sur le théatre, avoit pour premiers acclamateurs Seneque & Burrhus, puis cinq mille soldats nommés Augustales, qui entonnoient ses louanges, que le reste des spectateurs étoit obligé de répéter. Ces acclamations en musique durerent jusqu’à Théodoric. Aux acclamations se joignoient les applaudissemens aussi en cadence. Les formules les plus ordinaires étoient feliciter, longiorem vitam, annos felices ; celles des triomphes étoient des vers à la loüange du Général, & les soldats & le peuple crioient par intervalles ïo triumphe : mais à ces loüanges le soldat mêloit quelquefois des traits piquans & satyriques contre le vainqueur.

Les acclamations du Sénat, quoique plus sérieuses, avoient le même but d’honorer le Prince, & souvent de le flatter. Les Sénateurs marquoient leur consentement à ses propositions par ces formules, omnes, omnes, æquum est, justum est. On a vû des élections d’Empereurs se faire par acclamation, sans aucune délibération précédente.

Les gens de Lettres récitoient ou déclamoient leurs pieces dans le Capitole ou dans les Temples, & en présence d’une nombreuse assemblée. Les acclamations s’y passoient à peu près comme celles des spectacles, tant pour la musique que pour les accompagnemens. Elles devoient convenir au sujet & aux personnes ; il y en avoit de propres pour les Philosophes, pour les Orateurs, pour les Historiens, pour les Poëtes. Une des formules les plus ordinaires étoit le sophos qu’on répétoit trois fois. Les comparaisons & les hyperboles n’étoient point épargnées, surtout par les admirateurs à gages payés pour applaudir ; car il y en avoit de ce genre, au rapport de Philostrate. (G)

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Étymologie de « acclamation »

Étymologie de acclamation - Littré

Acclamatio, de acclamare (voy. ACCLAMER).

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Étymologie de acclamation - Wiktionnaire

 Dérivé de acclaim avec le suffixe -tion.
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Étymologie de acclamation - Wiktionnaire

Du latin acclamatio (« acclamation »): pousser des cris en faveur de quelqu’un.
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Phonétique du mot « acclamation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
acclamation aklamasjɔ̃ play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « acclamation »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « acclamation »

  • C’est par acclamation que les délégués ont décidé jeudi soir lors de l’assemblée d’investiture à Saignelégier de lancer le ministre de l’environnement David Eray. Le PCSI veut concentrer ses forces sur cet unique candidat pour conserver son siège à l’exécutif alors que de nouvelles formations émergent sur l’échiquier politique. , Le ministre David Eray en lice pour un deuxième mandat...
  • Mais il faut croire que cette prise de position n'a pas été saluée par tout le monde. Invité dans "On refait la télé" sur RTL ce samedi 20 juin, le journaliste et animateur Pascal Praud a pointé du doigt l'acclamation de certains autour de cet engagement de l'acteur. "Quand j'entends dire 'Ah, Omar Sy a eu un courage de faire cette tribune !', ben non, il n'a pas de courage. C'est tout sauf du courage en fait. Ça, ça m'agace donc je le dis. C'est pas du courage. Le courage, ce serait précisément le contraire. Il y a des mots qui sont parfois galvaudés et ça m'amuse de dire 'Attention, ce n'est pas du tout du courage'" a lâché celui qui officie dans "L'Heure des pros" sur CNews. Des propos clairs et assumés qui ne manqueront sans doute pas de diviser ! Public.fr, Omar Sy taclé par un célèbre animateur : "C'est tout sauf du courage !"
  • Décidément, pas une semaine ne passe sans que le nom de Balkany n’intègre les tendances Twitter. Mais ce dimanche, force est de constater que l’ancien maire de Levallois a été l’auteur d’une scène déjà culte et massivement détournée. À l’occasion de la fête de la musique, en début de soirée, Patrick Balkany a été filmé par plusieurs passants en train de s’ambiancer sur les notes de “Djomb” de Bosh. On l’aperçoit livrer quelques pas de danse, sous l’acclamation des personnes autour. Incroyable. Interlude, Les pas de danse déjà cultes de Patrick Balkany sur "Djomb"
  • Réunis en ligne, 148 délégués ont élu M. Glättli pour deux ans par acclamation à distance, via les micros et les webcams de leur ordinateur. SWI swissinfo.ch, Les Verts choisissent Balthasar Glättli comme nouveau président
  • Du côté des élections du bureau, Sylvie Fuchs prendra la place au perchoir d’Anouk Gäumann, présidente sortante. Cette dernière a été fortement applaudie, d’autant plus qu’elle a dû faire face à «tout ce que l’on peut prévoir et même à ce que l’on n’a pas imaginé», a résumé Frédéric Berthoud, faisant référence certes à la situation liée au coronavirus, mais aussi à la démission d’une municipale en cours de législature et au décès d’un municipal, feu Roger Burri. Pour remplacer Sylvie Fuchs à la vice-présidente, un conseiller a proposé la candidature de Pierre Enderlin, qui a été élu par acclamation. , Une nouvelle présidente pour le Conseil de Saint-Prex
  • La modestie doit être la réaction naturelle de l'homme qui reçoit les acclamations que lui ont valu le sang versé par ses subordonnés et le sacrifice de ses amis. De Dwight Eisenhower / Allocution au Guild-hall - Londres 1945
  • L'acclamation a fait tous les maux de tous les peuples. Le citoyen se trouve porté au-delà de son propre jugement, le pouvoir acclamé se croit aimé et infaillible ; toute liberté est perdue. De Alain / Propos

Traductions du mot « acclamation »

Langue Traduction
Portugais aclamação
Allemand zuruf
Italien acclamazione
Espagnol aclamación
Anglais acclamation
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Synonymes de « acclamation »

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Antonymes de « acclamation »


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